Monde

Les talibans perméables à la pop-culture

Temps de lecture : 2 min

Image de une: Toni Verd, Flickr CC/when my guitar gently weeps
Image de une: Toni Verd, Flickr CC/when my guitar gently weeps

La bibliothèque de Guantanamo abrite 13,500 ouvrages d'après le Timesonline, pour les 229 prisonniers qui demeurent dans la prison. Et les prisonniers lisent. Leurs trois ouvrages favoris, devant le Coran et autres livres religieux musulmans qu'ils lisent aussi assidûment:

1) Harry Potter

2) Le Don Quichote de Cervantes

3) Les Rêves de mon père, l'ouvrage autobiographique de Barack Obama

Le Times, citant un autre journaliste: «[Les prisonniers en question] savent-ils que Miguel Cervantes combattit lors de la seconde bataille de Lepanto en 1571, bataille lors de laquelle les Croisés l'emportèrent sur l'Empire Ottoman?»

H Candace Gorman, avocat, écrivit en 2007, dans le magazine In these Times un article racontant comment lors d'un entretien avec un futur client de Guantanamo, leur conversation porta longuement sur les différents volumes de Harry Potter, livre préféré du client en question. Celui-ci établissait un parallèle entre George W. Bush et le personnage de J.K. Rowling incarnant le mal, Voldemort. Guantánamo même pouvait être comparé à Azkaban, la prison glaciale gardée par ces personnages sans âme, qui aspirent la vôtre: les «détraqueurs».

La culture occidentale ne pénètre pas qu'à travers les barreaux de Guantanamo: les talibans écoutent par exemple les Beatles.

David Rhode raconte depuis dimanche dans cinq articles publiés successivement par le New York Times son kidnapping par les talibans, et ses mois de captivité. Il explique les habitudes de ses geôliers, les relations qu'il entretenait avec eux. Et comment dans certains moments d'intimité, après avoir chanté des chants talibans («Vous avez des bombes atomiques, mais nous avons des bombes humaines»), les chansons américaines primaient parfois:

Certaines nuits, à la demande de mes gardes, je passais à des tubes américains. D'une voix haletante qui sonnait faux, je chantais la version de «New York, New York» par Sinatra et la décrivait comme l'histoire d'un villageois qui essaie de réussir à la ville pour entretenir sa famille. Je chantais «Born to run» de Bruce Springsteen et décrivait le portrait des luttes menées par les Américains moyens.

«Je faisais exprès d'éviter les chansons d'amour américaines, essayant de démentir leur idée selon laquelle tous les Américains sont des hédonistes. Malgré mes efforts, les chansons romantiques —quelle qu'en soit la langue— étaient celles que les geôliers préféraient.

«La chanson des Beatles «She Loves You» qui surgit vite dans mon esprit après que j'eus reçu la lettre de ma femme grâce à la Croix-Rouge, était celle qu'ils préféraient. »

[Lire l'article complet du New York Times]

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