Santé / Monde

Tuerie d'Orlando: de nombreux homosexuels ne peuvent pas donner leur sang pour aider les victimes

Temps de lecture : 2 min

Les Etats-Unis ont récemment ouvert le don du sang aux homosexuels, mais uniquement s'ils sont abstinents depuis au moins un an. Une politique que la France est aussi en train de mettre en place.

Photo d'archive: TOM KURTZ / AFP.
Photo d'archive: TOM KURTZ / AFP.

À Orlando, des appels au don du sang ont été lancés après la terrible fusillade qui a fait au moins 50 morts dans une discothèque gay dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juin, spécialement pour des groupes rares comme O positif, O négatif ou le plasma de groupe AB. Mais comme le note le journaliste de Slate.com Mark Joseph Stern, «la grande majorité des hommes gay et bisexuels se voient pourtant toujours légalement interdire de donner leur sang»:

«Selon les règles récemment révisées de la FDA [l'administration sanitaire américaine, ndlr], seuls les hommes homosexuels abstinents depuis une année complète ont l'autorisation de donner. Une règle qui concerne les homosexuels engagés dans une relation monogame de long terme. Les hétérosexuels qui ont eu des rapports non protégés avec des partenaires multiples ont le droit de donner à leur convenance. [...] Alors que leurs amis périssent de blessures par balles, les homosexuels d'Orlando sont aujourd'hui condamnés à ne rien faire si ce n'est regarder, désarmés.»


La question de l'autorisation du don du sang chez les personnes homosexuelles s'était posée avec une particulière acuité l'an dernier en France, quand une politique similaire à celle des États-Unis avait été adoptée –elle entrera officiellement en vigueur le 1er juillet. Notre chroniqueur Didier Lestrade avait alors dénoncé «la mauvaise blague de l'abstinence gay»:

«Il est toujours très facile de tester les lots de sang une seconde fois, ce qui serait beaucoup plus simple que de multiplier les obstacles insultants pour ceux qui veulent sincèrement donner leur sang. D’autres pays comme l’Italie ont allégé le tri du sang et les gays sont traités au même niveau que les hétéros.»

Notre chroniqueur santé Jean-Yves Nau avait lui défendu un «difficile exercice de démocratie sanitaire» consistant à «mettre un terme à ce qui pouvait être perçu et vécu comme une discrimination tout en maintenant le niveau de sécurité du système transfusionnel français».

Le débat s'était avéré d'autant plus vif que la question des dons d'urgence s'était posée en France aussi à l'occasion des attentats du 13 novembre.

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