Culture

À Hollywood, la mode des «sequels» pourrait ne pas connaître de suite

Temps de lecture : 2 min

Face aux échecs à répétition de ce genre de films, l’industrie du cinéma veut éviter les séquelles.

Extrait du film «Ninja Turtles 2», via Allociné
Extrait du film «Ninja Turtles 2», via Allociné

Hollywood est en train de vivre des semaines particulièrement éprouvantes. Paramount Pictures, qui a dépensé 235 millions de dollars pour faire et vendre la suite du film Ninja Turtles, vient d’apprendre que le «sequel» n’avait collecté que 35,3 millions de dollars aux États-Unis lors de son premier week-end. C’est presque deux fois moins que le premier film. Le flop qu’est en train de vivre la Paramount n’est pourtant pas un cas isolé.

Dernièrement, on a pu voir que des suites pourtant très attendues aux États-Unis n’ont pas retrouver les fans de la première heure. Zoolander 2, Le Chasseur et la Reine des glaces, Nos pires voisins 2, le dernier Divergent, ou Alice au pays des merveilles: de l’autre côté du miroirTous ont donné des résultats très décevants, comme le note le New York Times, qui écrit: «On attend que les suites livrent des retours stables, c’est pour cela qu’Hollywood en fait autant, mais le public semble être de plus en plus sélectif.»

Mais aujourd’hui, les studios ont peur. La suite de Pitch Perfect 2 a été retardée car les patrons d’Universal sont nerveux à l’idée d’étirer encore plus un filon qui commence à s’essouffler. Dans les colonnes du Hollywood Reporter, l’analyste spécialisé dans le box-office Paul Dergarabedian explique que cette année «pose la question de l’attrait inhérent des contenus non-originaux de type franchise» et que ce type de films ne permet plus de limiter la casse au box-office.

Hollywood a la trouille

Derrière cette apparente lassitude du public, le cœur du problème est évident: la créativité. «La chute des sequels cette année montre qu’Hollywood a la trouille d’un point de vue créatif», explique au Hollywood Reporter un autre analyste, Jeff Bock. Mais il tient aussi à dire que la question du timing est toute aussi importante.

«Vous pourriez dire que la fatigue vis-à-vis des sequels nourrit [cette trouille]. Néanmoins, le public continue d’acheter des billets pour aller voir certaines sagas. Il s’agit de forger un nouveau territoire et parfois d’attendre le moment où l’intérêt sera le plus fort [pour miser là-dessus], quelque chose pour lequel Hollywood n’est pas toujours doué.»

Longtemps, le business des sequels était devenu la nouvelle vache à lait d’Hollywood. Pour minimiser la prise de risques, les studios reprenaient des personnages et des histoires qui avaient déjà marché et recommençaient. Pour cela, ils s’appuyaient souvent sur des livres à succès (la saga Harry Potter, le Seigneur des anneaux, Hunger Games, en sont les exemples les plus frappants) ou sur l’univers aussi riche que complexe des comics (les calendriers de sorties prévues par DC Comics et Marvel sont assez fascinants). La culture du sequel est devenue tellement importante que même les réalisateurs de 22 Jump Street (suite de 21 Jump Street) ont créé un générique de fin hilarant pour se moquer de cette mode devenue ridicule.

Dites coucou aux «requels»

Mais avec le revirement actuel, les majors cherchent des alternatives, des moyens de puiser dans des personnages dont le succès n’est plus à démontrer tout en proposant une histoire inédite. Il y a quelques jours, Le Point Pop parlait ainsi des requels, «terme hybride pour désigner un film qui est à la fois une suite et un reboot». «En gros, il s'agit tout simplement de faire du neuf avec du vieux pour prolonger la durée de vie d'une franchise qui a déjà plusieurs décennies dans les jambes, et, au passage, amasser des centaines de millions de dollars de recettes», écrit le site. Star Wars a réussi cela avec l’épisode VII qui a récolté deux milliards de dollars de recettes. Le retour des dinosaures dans Jurassic World a également donné des résultats très satisfaisants. Et dans quelques semaines, on verra ainsi le retour/reboot de blockbusters à succès comme Ghostbusters ou Independance Day… Reste à savoir combien de temps le public supportera le tour de passe-passe.

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