Santé / Sciences

Plus t'es macho, moins bien tu te soignes

Temps de lecture : 2 min

Les hommes les plus affirmés dans leur masculinité ont tendance à être moins honnêtes avec leur médecin –un facteur qui pourrait contribuer à expliquer la différence d'espérance de vie entre hommes et femmes.

Macho man | stolethetv via Flickr CC License by
Macho man | stolethetv via Flickr CC License by

Être un mâle, un vrai, ça peut se payer au prix fort. Une étude publiée dans le numéro de mars de la revue Preventive Medecine montre que les hommes les plus traditionnels dans l'expression de leur masculinité –ceux qui estiment qu'ils se doivent d'être fort, endurant, autonome et réprimer leurs émotions– étaient plus enclins à ignorer leurs problèmes de santé et à se rendre chez le médecin, à peu près, quand ils sont à l'article de la mort. Et quand ils acceptent enfin de se traîner dans un cabinet, ils préfèrent nettement les médecins hommes, sous prétexte qu'ils seraient plus compétents que leurs homologues féminins.

Là où le problème n'en finit pas de s'aggraver, c'est que face à ce genre de praticien, les machos sont bien moins honnêtes sur leur état de santé et leurs symptômes que s'ils avaient affaire à une femme.

«Parce qu'ils ne veulent pas manifester de la faiblesse ou de la dépendance à un autre homme, même s'il est médecin», explique Diana Sanchez, maître de conférences en psychologie à l'université Rutgers et coauteure de l'étude. Pour la scientifique, interrogée par le département presse de son université, si ces hommes détaillent davantage leur état de santé à des médecins femmes, c'est parce que face à elles, ils ne craignent pas la perte de statut.

Testostérone toxique

Pas de quoi arranger le fait que les hommes vivent en moyenne moins longtemps que les femmes. Notamment du fait de la testostérone. Un grand nombre de chercheurs a enquêté sur le rôle que pouvaient jouer les hormones sexuelles dans cette disparité. L'hypothèse dite de la testostérone toxique statue que l'hormone étant corrélée avec le désir de compétition, la prise de risque et des comportements agressifs, cela se traduit, à tous âges, par davantage de morts masculines causées par les accidents de la route, les violences inter-personnelles, notamment avec armes à feu ou encore l'abus d'alcool et de drogues.

De même, la testostérone augmente la concentration en «mauvais» cholestérol dans le sang, ce qui accroît d'autant les risques cardiovasculaires –là où les œstrogènes ont plutôt des effets protecteurs. Enfin, la testostérone est aussi «toxique» parce qu'elle a tendance à affaiblir le système immunitaire et donc à fragiliser les hommes face à diverses pathologies infectieuses.

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