Ce dimanche 20 mars, c’est la journée du bonheur. Outre l’occasion de se demander comment mesurer le bonheur ou comment l’optimiser dans ce monde où règne la morosité, l’on peut également se demander quels facteurs biologiques et psychologiques rentrent en jeu dans notre estimation du bonheur.
Hier nous vous racontions que les gens intelligents se sentent plus heureux s’ils voient peu leurs amis. Et aujourd’hui, le site Quartz explique qu’une mauvaise mémoire peut vous aider à vous sentir plus heureux. Robert Nash, psychologue et membre de l’Aston University en Angleterre, y explique que «les défauts de notre mémoire, aussi frustrants et inconvénients soient-ils, font partie des caractéristiques plus importantes». Et en effet, notre cerveau sait nous épargner des moments jugés déplaisants ou même douloureux.
Robert Nash cite alors plusieurs études pour étayer ses propos. Tout d’abord, quand on a demandé à d’anciens étudiants de citer leurs notes d’université, ils étaient plus à même de se rappeler de leurs bonnes notes. Preuve que le cerveau choisit ce dont il se rappelle ou non, et qu’il privilégie ce qui favorise notre bien-être. Mais ce n’est pas tout, la mémoire joue aussi un rôle important dans la protection de notre vision de ce qui est juste.
Une étude Canadienne, intitulée «The effects of justice motivation on memory for self- and other-relevant events», a tenté de comprendre quelle version d’une histoire, positive ou négative, notre cerveau choisit de conserver. À un groupe, les chercheurs ont raconté l’histoire de Roger, un homme devenu généreux et travailleur qui a gagné à la loterie plusieurs millions de dollars. L’autre groupe a appris l’histoire de Roger, un homme qui a aussi gagné à la loterie mais qui est connu pour sa fainéantise et ses complaintes régulières. Quand les auteurs de l’étude ont demandé aux sujets de se rappeler combien Roger avaient gagné, le second groupe a donné, en moyenne, une estimation 280.000 dollars plus faible que celle donnée par le premier groupe.
«Quand quelqu’un nous donne de mauvais retours sur nos traits de caractère, nous oublions de manière sélective ce qui est le moins flatteur, écrit le psychologue sur Quartz. Et, de façon générale, la piqûre douloureuse de nos mauvais souvenirs se perd bien avant que nos bons souvenirs ne perdent leur ferveur.»
Bien sûr, il est important de se rappeler des événements tels qu’ils sont déroulés. Mais il ne faut pas oublier non plus que notre cerveau joue aussi son rôle en effaçant certains détails désagréables, nous permettant de mieux appréhender le quotidien.