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L'Arabie saoudite savait ce qu'allaient provoquer les exécutions

Temps de lecture : 2 min

Selon un document consulté par The Independent, Riyad s'est préparé à de possibles répercussions en réponse aux 47 exécutions qui ont eu lieu début janvier.

Un musulman chiite brûle une image du roi Salmane, souverain d'Arabie Saoudite, durant une manifestation contre l'exécution de Nimr Baqer al-Nimr, devant l'ambassade de l'Arabie Saoudite à New Delhi, en Inde, le 4 janvier 2016. REUTERS/Adnan Abidi
Un musulman chiite brûle une image du roi Salmane, souverain d'Arabie Saoudite, durant une manifestation contre l'exécution de Nimr Baqer al-Nimr, devant l'ambassade de l'Arabie Saoudite à New Delhi, en Inde, le 4 janvier 2016. REUTERS/Adnan Abidi

Les Saoudiens étaient conscients que les réactions à l'exécution de 47 personnes, dont le cheikh Nimr al-Nimr pourraient enflammer la région. C'est en tout cas ce qu'avance le site britannique The Independent, qui assure avoir pu consulter un mémo qui indique que «le gouvernement saoudien savait que l'exécution de 47 personnes allait déclencher des réactions furieuses et a ordonné aux services de sécurité d'être en alerte totale avant ce qui allait se produire»:

«Cette lettre provenait des chefs des services de sécurité de Riyad et ordonnait aux autorités un peu partout dans le royaume d'annuler les congés à partir du 31 décembre et après et de faire preuve d'un “maximum de précautions, jusqu'à nouvel ordre.»

Le quotidien britannique souligne que ce document a été révélé par des membres d'associations de défense des droits de l'Homme, et qu'il semble «avoir été envoyé aux chefs d'unité des régions où les exécutions avaient lieu et portaient la mention “très urgent».

Réactions violentes au Moyen-Orient

La correspondante du Figaro soulignait ainsi samedi soir, que «les autorités n'étaient pas à l'abri de soulèvements identiques à ceux organisés en 2012 lors du printemps arabe». L'AFP indiquait d'ailleurs plus tard que «plusieurs manifestations ont eu lieu au Bahrein et en Arabie saoudite pour protester contre l’exécution pour terrorisme du chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation contre le régime saoudien».

Des réactions violentes ont eu lieu ailleurs à l'étranger. En Iran notamment, où Le Monde expliquait dans la nuit de samedi à dimanche qu'au moins «deux représentations diplomatiques saoudiennes ont été attaquées à Téhéran et Machdad». Hassan Rouhani, le président iranien avait dénoncé ses assauts, mais aussi les exécutions.

Escalade des mots

Le Guide suprême iranien s'en était lui aussi pris au régime saoudien.

«“Sans aucun doute, le sang de ce martyr versé injustement portera ses fruits et la main divine le vengera des dirigeants saoudiens, a affirmé le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Téhéran a également accusé Riyad de “soutenir le terrorisme..»

Sur son site internet, on pouvait également trouver un dessin comparant l'Arabie Saoudite à l'organisation terroriste État islamique. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis le dimanche 3 janvier.

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