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La presse américaine hésite sur la stratégie à employer contre Daech

Temps de lecture : 2 min

Pour certains, une victoire contre les islamistes passe par un apaisement du débat politique américain. Pour d'autres, par une alliance délicate avec la Russie.

Machine à écrire | Takashi Hososhima via Flickr CC License by
Machine à écrire | Takashi Hososhima via Flickr CC License by

«Je ne sais pas comment gagner la guerre contre l’État islamique, mais je sais comment on fait pour la perdre.» L’accroche de la tribune de Frank Bruni dans le New York Times a quelque chose d’abrupt. Mais, après les attentats de Paris, l’éditorialiste ne semble plus vouloir tourner autour du pot.

Selon lui, les responsabilités concernant le maintien de l'EI sont aussi américaines. Bruni estime que le mépris supposé d'Obama devant les réserves de certains dirigeants républicains face à l’accueil des réfugiés ou face aux peurs de la société américaine sont très préjudiciables à la lutte contre Daech, dans la mesure où le clivage partisan prend le risque de pousser le débat public vers les passions plutôt que la raison.

Le journaliste blâme aussi une certaine immaturité de l’électorat républicain qui semble réfléchir sérieusement à faire emménager à la Maison blanche une tête brûlée un peu bouffonne comme Donald Trump ou un bigot comme Ben Carson, dont la méconnaissance des sujets internationaux est devenue proverbiale.

La voix des diplomates

Le Daily Beast étudie la question sous un angle plus positif, si l’on peut dire, et se demande comment les États-Unis, en coopération avec la Russie, pourraient vaincre l’État islamique. Le sommet du G20 à Antalya avait été la scène d’une aparté inédite: pendant trente-cinq minutes, Obama et Poutine, les deux chefs d’État aux intérêts politiques généralement opposés, se sont entretenus ensemble. Le début de la mise au point d'une solution commune?

Michael McFaul, ancien ambassadeur américain en Russie, explique que le préalable à atteindre est le cessez-le-feu entre les rebelles de l’armée syrienne libre et Bachar Al-Assad. Poutine devrait alors accepter de penser une transition à la tête de la Syrie après le conflit. En contrepartie, Occidentaux et rebelles devraient s’accommoder de l’idée d’une survivance du régime, même sans Al-Assad.

Robert Ford, pour sa part ancien ambassadeur américain en Syrie, doute largement que Poutine puisse faire un tel pas vers son «allié» yankee. Pour lui, il est à la fois hautement improbable que les Russes acceptent un départ du dictateur de Damas et qu’un changement minime dans la direction du pays convainque l’armée syrienne libre de détourner ses armes du régime pour les pointer toutes vers les troupes de l’État islamique.

Robert Ford assène:

«Vous croyez vraiment que les Russes en aient quelque chose à faire de ce qu’il s’est passé à Paris? La manière de le prouver serait de se débarrasser d’Al-Assad. Mais peut-être que Poutine est comme Donald Rumsfeld. Vous ne luttez pas contre l’EI avec le dirigeant syrien que vous souhaitez mais avec celui que vous avez sous la main.»

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