Monde

Dua, Aws et Asma: le récit d'anciennes «policières» des moeurs de Daech

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 22.11.2015 à 17 h 57

Repéré sur New York Times

Les trois femmes étaient membres de la brigade Khansaa censée contrôler les bonnes moeurs et le respect de la Charia des habitantes de la capitale de l'EI.

Femmes en Burka | Maria Ly via Flickr CC License by

Femmes en Burka | Maria Ly via Flickr CC License by

Le New York Times donne la parole à trois jeunes femmes, aujourd’hui réfugiées au sud de la Turquie. Leur expérience commune dans leur ville d’origine, Raqqa, rend leur témoignage précieux: elles ont toutes trois fait partie de la brigade Khansaa, sorte de police féminine des mœurs censée contrôler la conformité du comportement des femmes aux volonté de l’Etat islamique, avant de fuir la capitale officieuse de Daech.

Dua, Aws et Asma (il s’agit de pseudonymes) étaient à l’origine de jeunes Syriennes que rien ne destinait à servir ce régime fanatique. Dua aimait les films indiens de Bollywood, sa cousine Aws leur préférait les productions hollywoodiennes et la littérature anglaise qu’elle étudiait à l’université. Asma, qui allait devenir plus tard leur amie, dévorait les romans de Victor Hugo et les ouvrages d’Hemingway. Pour survivre et bénéficier d’un meilleur statut dans l’univers apocalyptique et misogyne de l’Etat islamique, elles ont pourtant choisi d’intégrer la brigade Khansaa.

A l'enrôlement, il s’agissait de donner des amendes aux femmes maquillées, ou insuffisamment voilées selon les nouveaux maîtres de la ville. Bien vite, elles se sont retrouvées complices malgré elles de nouvelles lois préconisant, par exemple, de fouetter de vingt coups de fouet une femme surprise dans une robe pas assez couvrante.

Un respect à géométrie (très) variable du Coran

Dua et Aws se sont en plus brièvement mariées à des soldats de l’EI: les deux hommes n'ont pas tardé à mourir dans des missions-suicides. Dix jours seulement après la mort de son mari, des représentants de Daech ont même voulu forcer Dua à se marier à nouveau. 

Le Coran stipule pourtant clairement, dans sa deuxième sourate (verset 234), qu’une veuve doit porter le deuil quatre mois et dix jours avant d’éventuelles nouvelles noces. Ce cynisme, fort peu religieux, de Daech, a contribué à faire fuir les trois femmes. 

Il y a quelques semaines, la chaîne britannique Sky News s'était aussi intéressée aux femmes de la brigade Khansaa. Certaines d'entre elles, exilées en Turquie (il n'est pas exclu qu'ils s'agissent des mêmes femmes), avaient expliqué que tenter de fuir l'Etat islamique leur aurait valu soixante coups de fouet si elles avaient été reprises. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte