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Pour vaincre l'État islamique, défendons d'abord les civils syriens

Temps de lecture : 2 min

Le site The Atlantic propose un plan pour affronter l'organisation islamiste.

REUTERS/Bassam Khabieh
REUTERS/Bassam Khabieh

Tout le monde y va de sa théorie pour penser la défaite du mouvement État islamique. Il y a quelques jours, c’était David Ignatius, le journaliste et écrivain de romans d’espionnage, à présent c’est Frederic C. Hof de The Atlantic, qui s’y colle. Et le journaliste a quelques éléments à faire prévaloir.

La condition sine qua non d’une victoire sur l’État islamique avancée ici est la protection des civils que le régime Assad, aux abois, n’hésite pas à assassiner, torturer ou affamer depuis des années. La raison de ce préalable est morale bien sûr mais pas seulement: protéger les civils permettrait d’envisager la reconstruction du débat politique et de lever de nouvelles forces contre l’organisation terroriste qui tyrannise la moitié du pays. Pour l’auteur, le défi n’est pas si insurmontable dans la mesure où l’EI, né en Irak, est parfois vu comme une armée étrangère en Syrie.

Et concrètement, on fait comment?

Pour ce faire, deux solutions possibles: peser diplomatiquement dans les institutions internationales sur les deux puissants alliés du dictateur de Damas, la Russie et l’Iran. À charge pour eux de faire comprendre à Bachar el-Assad qu’il a tout intérêt à cesser de massacrer ses propres citoyens. Dans le cas contraire, les Américains pourraient alors intensifier leurs frappes aériennes, ciblant tout particulièrement l’arsenal d’artillerie du despote.

Mais pour que la victoire soit définitive sur Daech, la sauvegarde des civils ne suffit pas. L’écrasement des troupes islamistes passe par des bombardements américains et une armée terrestre composée de troupes du Moyen-Orient renforcée par des divisions européennes. Mais même vaincu par la campagne, l'État islamique ne sera pas détruit, argue l’article, «tant que le vide politique ne sera pas comblé en Irak et en Syrie».

La clé Obama

Car, si depuis 2011, Bachar el-Assad a perdu le soutien de larges pans de la population syrienne, la personnalité de Nouri al-Maliki, un chiite dont la politique envers les sunnites a été très critiqué, a dopé le recrutement terroriste dans l’ancien pays de Saddam Hussein. Al Maliki a dû quitter son poste de Premier ministre en septembre 2014 et n’occupe plus de fonction dans l’exécutif irakien depuis l’été dernier.

Tout ce beau plan achope sur une donnée qui ne relève ni de l'Irak ni de la Syrie: les hésitations du président Obama.

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