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Quand le mot «règles» sur une publicité dérange

Temps de lecture : 2 min

L'entreprise chargée de la gestion des transports publics de New York hésiterait à valider une campagne jugée «trop osée».

La publicité en question. Crédit: Thinx via  Mic
La publicité en question. Crédit: Thinx via Mic

Le tabou autour des règles, des fluides considérées comme bien plus honteux par les publicitaires que la transpiration ou la salive, va parfois très loin. Trop loin? C’est ce que suggère un article de Mic. La publication révèle que la Metropolitan Transportation Authority (MTA), une entreprise chargée de la gestion des transports publics dans la ville de New York et son agglomération, était sur le point d’invalider une campagne d’affiches non pas parce qu’elle représentait du sang, mais simplement parce qu’elle contenait le mot «règles».

La campagne de publicité de la marque Thinx, qui propose des sous-vêtements «pour les femmes qui ont leur règles», n’a pas encore été officiellement rejetée par la MTA, mais le magazine dévoile une série d’échanges troublants, dans lesquels un représentant de l’agence chargée des publicités pour la MTA se serait inquiété du fait que des enfants pourraient demander à leurs parents «ce que sont les règles», si jamais le mot venait à être placardé dans les couloirs du métro new-yorkais, selon des propos rapportés par Thinks.

Trop «osée»?

La publicité, qui représente des femmes légèrement vêtues mais dans des positions décontractées et non sexualisées, à côté d’images symboliques comme un œuf au plat ou des quartiers de mandarine suggérant les règles et le sexe féminin, serait «trop osée», et montrerait «trop la peau» des femmes, explique dans un email l’agence Outfront, chargée de l’organisation de ces campagnes pour la MTA.

Pourtant, la MTA a souvent accepté des publicités montrant des femmes à moitié nues, où la sexualisation du corps était bien plus marquée, comme dans cette affiche qui promeut la chirurgie esthétique pour augmenter le volume des seins. Ou comme dans cette affiche qui incite les femmes à perdre du poids. Ce qui fait dire à la PDG de Thinks que la vraie raison n’est pas là, mais bien dans le sujet des règles:

«Il n’y a donc pas de problème dans cette société pour réduire le corps des femmes à de simples objets en lingerie, mais dès que l’on admet qu’elles peuvent perdre du sang dans ces mêmes sous-vêtements, rien ne va plus.»

L'occasion de revoir la réponse pleine d'humour de la marque de protections périodiques Bodyform à un internaute qui lui reprochait –là aussi avec humour– d'avoir menti aux hommes pendant des années sur les «joies menstruelles»:

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