Sciences

Pourquoi hallucine-t-on?

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques de l’université de Cardiff pensent avoir trouvé la réponse.

Un visiteur lors de l'exposition "Dots Obsession" créée par l'artiste pop japonaise Yayoi Kusama, qui s’est inspirée de ses hallucinations, à Bruxelles le 30 Octobre 2007 | REUTERS / Francois Lenoir
Un visiteur lors de l'exposition "Dots Obsession" créée par l'artiste pop japonaise Yayoi Kusama, qui s’est inspirée de ses hallucinations, à Bruxelles le 30 Octobre 2007 | REUTERS / Francois Lenoir

Environ 5% à 10% de la population serait sujette à des hallucinations. Qu’elles soient auditives, sensorielles ou visuelles, celles-ci sont définies comme la perception d’une chose par un individu sans présence d'un stimulus détectable (en gros voir, entendre ou sentir quelque chose qui n’est pas là). Des scientifiques de l’université de Cardiff, accompagnés de collègues de Cambridge, se sont récemment demandés pourquoi certaines personnes hallucinaient.

Leurs conclusions, publiées dans Proceedings de l’Académie nationale des sciences des États-Unis et relayées par la BBC, rapportent que ce sont les personnes prédictives qui ont la plus grande propension à halluciner. Pour comprendre, ils ont comparé dix-huit personnes souffrant de signes psychotiques et admis dans des services psychiatriques, avec seize personnes saines d’esprit. Le groupe atteint de signes psychotiques aurait largement mieux compris la représentation de l’image.

Selon les scientifiques, c’est donc la capacité du cerveau à remplir les blancs qui expliquerait que certains soient sujets à des hallucinations. En clair, plus un cerveau est capable d’anticiper et transposer, plus il pourra voir des choses qui n’existent pas réellement. Autrement dit, il «hallucinera».

Cette forme noire, un chat?

La BBC s’appuie sur l’exemple du chat pour expliquer ce phénomène. Une personne prédictive pourrait, en voyant simplement une forme noire se déplacer rapidement, déduire qu'il s'agit d'un chat quand une personne normale ne ferait pas le lien. Paul Fletcher, de l’université de Cambridge, estime que cette faculté peut être un avantage et un inconvénient:

«Avoir un cerveau prédictif est très utile –cela nous rend efficaces et habiles à créer une image cohérente d'un monde ambigu et complexe. Mais cela signifie aussi que nous ne sommes pas très loin de percevoir les choses qui ne sont pas vraiment là, ce qui est la définition d'une hallucination.»

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