«Heureuse ce matin pas seulement à la pensée de l’Aïd el-Fitr, mais aussi à la nouvelle d’un frère qui répand la peur dans le cœur des non-croyants dans la ville où je suis née. Hamdoulah.»
Ce tweet à la gloire de Mohammod Abdulazeez, qui a perpétré un attentat à l’encontre de quatre Marines le 16 juillet dans le Tennessee, est bien celui d’une Américaine. Ariel Bradley, âgée de 29 ans, convertie à un islam ultra-intégriste et rebaptisée Umm Aminah.
C’est son parcours à la fois classique en termes de radicalisation et incroyable, que raconte BuzzFeed dans un article fleuve repéré par Reader. De son enfance dans un milieu à la fois très chrétien et défavorisé, jusqu’à ses séances de drague en ligne pour trouver «un bon musulman» à épouser.
«En quête d’appartenance»
Ariel Bradley a grandi à Chattannooga, la ville dans laquelle l’attentat a eu lieu, avec une mère obsédée par la religion, qui lui fait elle-même l’école. Un de ses colocataires rapporte qu’Ariel lui aurait confié ne pas avoir appris à lire avant la préadolescence.
«L’objectif de cela, c’était de la couper d’objets qui aurait pu l’amener à remettre en cause le christianisme.»
Ses proches assurent qu’elle restera ensuite hantée par la «féroce religiosité au vitriol» de sa mère.
Ariel Bradley est décrite comme une personne taraudée par un vide spirituel, influençable et qui adopte tour à tour les idées de ses différents petits amis
Dans les années qui suivent, Ariel Bradley est décrite comme une personne taraudée par un vide spirituel, influençable et qui adopte tour à tour les idées de ses différents petits amis. L’un d’entre eux confie:
«Quand je l’ai rencontrée pour la première fois, c’était une chrétienne, après une fille de gauche, une athée et enfin une musulmane.»
Une de ses anciennes amies la qualifie encore de quelqu’un en «quête d’appartenance».
En 2010, alors serveuse dans un restaurant universitaire, Ariel Bradley craque pour un étudiant syrien en ingénierie. Le jeune homme la repousse et elle ne cessera de penser que c’est parce qu’elle n’est pas musulmane. Elle entame une conversion.
Sites de rencontres musulmans
Après des mois de recherche en ligne sur l’islam, elle passe beaucoup de temps à chatter avec «des mecs arabes», selon l’expression du frère de son colocataire, pour trouver un mari.
À la fin du mois d’août 2011, Ariel Bradley reçoit une notification du site matrimonial Hal our Deen qui lui annonce qu’elle pourrait «matcher» avec Yasin Mohamad, un jeune homme libano-palestinien qui vit en Suède. Il assure faire des études d’architecture alors qu’il ne travaille pas et cherche à obtenir des papiers.
Après trois mois de chat et de Skype, ils se fiancent et, en décembre, se rencontrent et se marient en Suède. La radicalisation de la jeune femme s’accélère puissamment après leur mariage. Elle n’a plus d’amis hommes sur Facebook à la demande de son mari et porte la «abaya», la robe longue islamique.
BuzzFeed fait remonter le premier projet du couple de départ pour la Syrie à la fin septembre 2013. Yasin Mohamad veut faire le djihad et emmène Ariel Bradley, qui a accouché dix-huit mois plus tôt de leur première fille et qui est de nouveau enceinte.
Les dernières nouvelles de la jeune femme datent de 2015. Elle aurait rejoint d’autres femmes de combattants de Daech et se trouverait toujours en Syrie. Ces derniers tweets sont un mélange hallucinant de réflexions anodines sur le fait d’être mère et sur le bruit des bombes en Syrie.
Ses proches ne l’ont pas vue depuis deux ans et ne peuvent que ressasser cette notion de «désespoir spirituel à combler» pour expliquer son départ.