Santé / Sciences

L'addiction au porno n'existe pas

Temps de lecture : 2 min

C'est l'argument défendu par une récente étude scientifique, qui vient contrer celui employé par des organisations religieuses aux Etats-Unis.

porn  par hansol | FlickR CC License by
porn par hansol | FlickR CC License by

Peut-on dire que l'on est addict au porno comme on est addict au jeu ou à une drogue? Une récente étude publiée par la revue Biological Psychology vient réfuter cette affirmation.

Une équipe menée par le Dr. Nicole Prause a soumis à 122 hommes et femmes, dont la moitié faisaient état d'un problème d'addiction au porno, différentes photographies, dont certaines érotiques, et a enregistré leur activité cérébrale en s'intéressant plus particulièrement au late positive potential, une mesure prise au niveau du cuir chevelu supposée s'accroître quand un sujet regarde les images avec attention. Or, comme l'explique le Medical Daily, «dans l'étude, les participants qui s'identifiaient eux-mêmes comme addicts au porno affichaient un niveau plus bas, et non plus haut, quand ils regardaient des images sexuellement explicites».

Selon Nicole Prause, interrogée par le site, l'étude «fournit clairement la preuve que le porno ne constitue pas une addiction comme les autres» et donc «qu'il n'est pas approprié d'appeler le porno une addiction dans une perspective scientifique».

Une étude qui risque de ne pas être très bien reçue, explique The Daily Beast:

«La dernière fois que les neuroscientifiques Nicole Prause et Vaughn Steele ont publié un article sur l'addiction au porno, ils ont reçu six menaces d'actions en justice, plusieurs demandes de rétractation et des emails anonymes leur suggérant de se suicider. [...] Pour les thérapeutes qui traitent le porno en suivant le schéma de l'addiction et pour les groupes religieux [...] dont l'intérêt est que ce concept continue d'exister, ce genre de recherche affaiblit le langage clinique utilisé pour évoquer ce médium controversé.»

L'an dernier, explique Vocativ, une étude de l'université de Cambridge était parvenue à une conclusion inverse. Selon Nicole Prause, cela serait attribuable au fait que ses participants avaient été recrutés sur des sites défendant fortement le concept d'addiction à la pornographie, et que l'activité cérébrale observée aurait été liée à un sentiment de honte, non d'addiction. Ce concept est en effet fermement «défendu», aux Etats-Unis, par des groupes religieux, par exemple XXX Church.

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