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«Nous avons entendu parler d'une femme de 20 ans qui a été brûlée vive parce qu'elle refusait d'accomplir un acte sexuel extrême»

Temps de lecture : 2 min

A Raqqa, en juin 2014. REUTERS/Stringer.
A Raqqa, en juin 2014. REUTERS/Stringer.

Zainab Bangura, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits armés, a accordé en début de semaine une interview terrifiante au site spécialisé Middle East Eye sur les violences sexuelles institutionnalisées que fait subir l'organisation Etat islamique aux femmes dans les zones qu'il contrôle:

«Après avoir attaqué un village, l'Etat islamique sépare les femmes et les hommes et exécute les hommes âgés de 14 ans et plus. Les filles et les mères sont séparées; les filles sont déshabillées, on examine si elles sont vierges ou non, on évalue la taille de leurs seins et leur beauté. Les plus jeunes, et celles considérées les plus jolies, atteignent les prix les plus élevés et sont envoyées à Raqqa, place forte de l'organisation.»

Plus loin:

«Ils commettent des viols, de l'esclavage sexuel, de la prostitution forcée et d'autres actes d'une brutalité extrême. Nous avons entendu le cas d'une femme de 20 ans qui a été brûlée vive parce qu'elle refusait d'accomplir un acte sexuel extrême. Nous avons entendu parler de nombreux autres actes sexuels sadiques. Nous luttons pour comprendre la mentalité des personnes qui commettent ce genre de crimes.»

Publié fin mars, le dernier rapport des Nations unies sur le sujet expliquait que, en Irak comme en Syrie, les violences sexuelles faisaient part intégrante de la stratégie de la terreur impulsée par l'Etat islamique, avec des violences particulièrement ciblées sur les femmes yézidies et sur les femmes âgées de 8 à 35 ans. Un des problèmes qui se pose aux institutions internationales est la peur qui règne sur place, qui empêche certaines femmes de témoigner.

Début mai, de retour d'une mission de quinze jours, Zainab Bangura avait déjà fait état d'une violence «répandue et systématique» en Syrie et en Irak. «Les femmes et les filles courent un risque et sont sous la menace en permanence», avait-elle déclaré, citant notamment l'exemple d'une femme temporairement «mariée» vingt fois, et forcée à chaque fois d'endurer une opération de chirurgie réparatrice pour restaurer sa virginité.

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