Sports

Il faut supprimer les Jeux olympiques. Pas que ceux de Sotchi. Tous les Jeux. Une bonne fois pour toutes

Temps de lecture : 2 min

Les anneaux olympiques sur la statue de Pierre de Coubertin, au parc du Centenaire à Atlanta (Etats-Unis) Ryan Quick via Flickr CC Licence by

«Il faut siffler la fin de partie pour les Jeux olympiques». C’est l’idée que défend Charles Lane, journaliste au Washington Post, dans son éditorial du 21 janvier.

Pas seulement ceux de Sotchi, entachés notamment de soupçons de corruption, que résume CNN le 20 janvier; pas juste les jeux d’hiver, que Yannick Cochennec qualifiait en 2010 sur Slate.fr comme «un concept de (vieux) pays riches».

Mais bel et bien le principe même des Jeux olympiques, «un spectacle marchand qui a plus à voir avec la vente de spots de pubs TV que la promotion de l’amitié entre les peuples», écrit Charles Lane. Pour l’éditorialiste, la goutte qui fait déborder la vasque est la récente déclaration de Vladimir Poutine, dont nous vous avions parlé samedi dernier, concernant l'accueil réservé aux gays à Sotchi:

«Chacun peut se sentir calme et à l'aise. Laissez seulement les enfants tranquilles, s'il vous plaît.»

Ce à quoi Charles Lane répond: «Je n’aurai qu’une seule question: combien d’embarras de ce genre devons-nous subir avant d’en finir avec cette cérémonie corrompue quadriennale? »

La forme moderne des Jeux est une trahison de l’esprit que voulait leur insuffler Pierre de Coubertin, quand ce dernier avait rétabli la compétition sportive de l’Antiquité, en 1896.

Il leur reproche, au lieu d’être les garants de l’esprit de compétition cher au Français, d’avoir exacerbé le nationalisme, le terrorisme, le dopage, les pots-de-vin (aussi bien pour les jurys que pour les membres du Comité international olympique), et même d’avoir leur part de responsabilité dans la situation économique actuelle de la Grèce, qui «a accumulé environ 9 milliards de dollars de dette publique pour les jeux d’été de 2004, dont le coût total — 11 milliards de dollars — était le plus élevé de toute l’histoire des Jeux à cette époque».

Certes, reconnaît Lane, «j’aime le sport tout comme n’importe qui», «mais chaque bienfait doit être pondéré par les coûts des Jeux olympiques, lesquels sont politiques, financiers, moraux et — pour les athlètes ravagés par l’abus de stéroïdes — humains».

Le débat que lance Charles Lane n’a rien de nouveau: Le Figaro remarquait déjà en 2008 que «la critique du spectacle sportif est vieille comme le monde», à propos d’un livre paru cette année-là, Feue la flamme, dans lequel le journaliste sportif Olivier Villepreux prônait également d’«en finir avec les JO». Le Figaro aurait voulu «lui donner tort, mais les arguments nous manquent. Ce mélange de spectacle, d'argent, de publicité, de performance, de régression sexuelle, de politique et de chimie moléculaire qu'on appelle l'olympisme a sombré dans l'hypocrisie.»

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