Société / Économie

Vivement lundi: le métro

Temps de lecture : 2 min

Ce sont désormais dépression nerveuse, attaque de panique avant l'heure du café à la machine et record du monde d'apnée en milieu non aquatique qui menacent les utilisateurs des transports franciliens.

Pour s'endormir le soir, il faut parfois compter les moutons. En ce moment, pour aller travailler le matin, il faut compter les métros, bondés, que l'on doit laisser passer sans pouvoir y rentrer. | Louison
Pour s'endormir le soir, il faut parfois compter les moutons. En ce moment, pour aller travailler le matin, il faut compter les métros, bondés, que l'on doit laisser passer sans pouvoir y rentrer. | Louison

Chaque samedi, Louison chronique un objet ou un événement de notre quotidien.

«Attention, ne mets pas tes mains sur les portes, tu risques de te faire pincer très fort.»

Si vous avez pris le métro parisien ces quarante dernières années, voilà ce que vous pensiez être la plus grande menace possible dans un transport en commun: vous faire tutoyer par un lapin rose. Mais depuis quelques mois, la liste des pénibilités souterraines s'allonge, puisque ce sont désormais dépression nerveuse, attaque de panique avant l'heure du café à la machine et record du monde d'apnée en milieu non aquatique qui menacent les utilisateurs et utilisatrices des transports franciliens.

Pour s'endormir le soir, il faut parfois compter les moutons. En ce moment, pour aller travailler le matin, il faut à coup sûr compter les métros, bondés, que l'on doit laisser passer sans pouvoir y rentrer, de peur de créer une sorte de compression de César qui n'aurait pas sa place dans un musée. Sauf peut-être celui des horreurs, à côté d'un rapport annuel du budget transports de Valérie Pécresse.

Si vous voulez mon avis, cette femme se venge des même pas 5% de suffrages qu'elle a rassemblés en avril dernier en pourrissant le quotidien des millions de gens qui n'ont sans doute pas tous voté pour elle –c'est mathématique. Et comme elle a la flemme de fabriquer des millions de poupées vaudous –même si honnêtement, j'ai l'impression qu'elle en aurait le temps–, elle a opté pour une solution diablement plus efficace: diminuer le nombre de trains et de bus, tout en augmentant le prix du ticket pour les prendre. Enfin, pour les attendre, surtout.

À moins que Valoche, sans prévenir personne histoire de nous faire une jolie surprise, n'ait décidé de transformer la région Île-de-France en un énorme escape game et là, effectivement, 90 boules par mois pour une telle attraction à volonté, bah c'est plutôt une putain de bonne affaire. Ils peuvent aller se rhabiller Mickey et Obélix. Franchement, pourquoi faire des grands huit quand tu peux juste prendre la ligne 8?

Nos existences ne manquent pas d'ironie je trouve. Il y a deux ans, on se plaignait de ne pas pouvoir sortir de chez nous et de ne voir personne, et en un battement de cil à l'échelle du cosmos, nous voilà foutus au tapis par la vie qui nous force à quitter la chaleur du foyer pour trouver celle qui se dégage des aisselles du type plus grand que nous dans le wagon et qui descendra au même arrêt –non, inutile d'avoir le moindre espoir. Et avant ça, il dira que c'est probablement un coup des wokistes, en vous soufflant à la tronche son seum sans masque.

Avec un sens de l'ironie pareille, qui flirte quand même de très près avec le sadisme le plus rudimentaire, on se demande si finalement, la Vie ne devrait pas envoyer une candidature spontanée au cabinet de la présidente de la région Île-de-France. Je pense que ça pourrait être le partenariat de l'année, un peu comme Kanye West avec chaque personne encore assez cynique pour lui tendre un micro.

Je dois malheureusement vous laisser, j'ai un bus à prendre et l'idéal serait d'arriver à destination avant l'année prochaine. Non pas que je sois pressée, ça c'est super 2016 comme réflexe, mais c'est qu'ensuite ça coûtera un bras de rentrer. Ou deux godasses.

Allez, vivement lundi.

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