Société

Vivement lundi: l'automne

Temps de lecture : 3 min

Voici venue la saison de toutes les brutalités, et je ne parle même pas du beaujolais nouveau.

Difficile de se faire une parure en courge spaghetti. | Louison
Difficile de se faire une parure en courge spaghetti. | Louison

Chaque samedi, Louison chronique un objet ou un événement de notre quotidien.

Comme disait le poète, «les sanglots longs des violons de l'automne bercent mon seum d'une langueur monotone». Voilà, nous y voilà. L'automne. L'équinoxe. La saison dont même Vivaldi a hésité à faire une pizza. Les ténèbres grignotent peu à peu, minute par minute, goutte de vie par goutte de vie, ce qui fait la joie de nos quotidiens. Octobre et son cortège de chansons de Francis Cabrel fredonnées est presque là. Il ne faudra pas longtemps avant que le spritz de nos verres ne se transforme en un putain de vin chaud qui nous fera roter de la cannelle jusqu'au mois d'avril.

Ils sont déjà là, les collants qui envoient dans les oubliettes du souvenir lointain le pauvre bronzage qu'on a essayé de peaufiner péniblement depuis mai, pour ne nous laisser que les miches qui grattent d'être déjà confinées dans du polyester. Il est là l'automne, c'est fini le temps des cerises accrochées aux oreilles pour s'en faire des bijoux. Beaucoup plus difficile de se faire une parure en butternut ou en courge spaghetti, vous aurez remarqué.

Et pourtant on le savait, qu'après le printemps et l'été on aurait un prix à payer, et que ce prix comme chaque année serait victime d'une bonne grosse inflation dans nos faces. Elle est lourde, la facture de ces six derniers mois passés à voir les jours s'allonger, d'abord vers l'aurore, ensuite vers le soir. Oui je sais, j'ai l'âme du poète, mais que voulez-vous, ça me broie les gonades de savoir que dans quelques semaines, on passera de nouveau à l'heure d'hiver et que le règne de la désolation redeviendra la norme jusqu'à mars. Le mois hein, pas la planète –même si honnêtement, je ne sais pas lequel des deux est le plus loin.

Et ne venez pas me dire que les lumières de l'automne sont les plus belles, c'est une légende inventée par la confrérie des coloristes facétieux, pour continuer à nous convaincre de faire des teintures «Acajou 03» ou «Reflets de sous-bois», parce que soi-disant ça donne bonne mine, alors qu'on sait très bien que ça nous donne la même carnation qu'un corps sorti de la Garonne au bout de trois semaines.

Bref, l'automne c'est la saison de toutes les brutalités, et je ne parle même pas du beaujolais nouveau. Je parle de la nature qui se rebelle contre nous et qui a sans doute raison. Je parle de ces bogues de marronniers qui viennent s'incruster directement dans nos cervelets, ou presque, quand on marche en dessous. Si j'avais voulu prendre des armes redoutablement efficaces en pleine tronche à chaque fois que je vais acheter du pain, j'aurais été un homme âgé de 18 à 55 ans en Russie hein. Au moins j'aurais pas eu le choix.

Le printemps reviendra, mais d'ici là...

L'automne est aussi une saison où, à la faveur d'un coup de vent, il n'est pas rare de se retrouver la joue fouettée par tout un tas de feuilles mortes, qui certes se ramassent à la pelle, mais la pelle c'est nous. Et je vous rappelle, messieurs, qu'on ne gifle pas une femme, même avec du compost. Et je vous rappelle, messieurs de La France insoumise, qu'on ne gifle pas une femme. Tout court. Ni une fois par jour, ni une fois par an. On souffre déjà assez de perdre quotidiennement deux à trois minutes de soleil en ce moment pour ne pas, en plus, subir vos justifications douteuses et nauséabondes. Les carences en vitamine D, c'est le maximum qu'on puisse tolérer en ce moment.

Si on voulait une vie pénible, on irait lutter avec nos sœurs d'Iran qui aimeraient avoir le temps de débattre sur le fait que les barbecues sont virils ou non et sur les feux rouges grillés par les cyclistes. Mais voyez-vous, elles n'ont pas le temps car le seul truc qu'elles veulent voir griller, ce sont les voiles qui les oppriment depuis trop longtemps.

Alors cet automne, soutenons-les, baissons le chauffage aussi, faisons des soupes sans viande et sans grimace, n'ayons pas peur d'avoir froid alors que la vraie trouille ce serait plutôt d'avoir chaud, très chaud, trop chaud. Et pas qu'à l'automne. Reprenons un verre de vin chaud, mais plutôt froid, et faisons comme si c'était de la sangria. Le printemps reviendra.

Vivement lundi.

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