Société

Vivement lundi: le train

Temps de lecture : 2 min

Si les TGV faisaient «tchou-tchou» au démarrage, peut-être que même les joueurs du PSG seraient un peu plus tentés d'en prendre.

Le train, à moins de le rater souvent (coucou papa), ou de tomber entre le marchepied et le quai (coucou maman), c'est tout de même extrêmement fiable. | Louison
Le train, à moins de le rater souvent (coucou papa), ou de tomber entre le marchepied et le quai (coucou maman), c'est tout de même extrêmement fiable. | Louison

Chaque samedi, Louison chronique un objet ou un événement de notre quotidien.

J'aimerais connaître le nom de celui ou celle qui a décidé que les TGV ne feraient pas «tchou-tchou» au départ et à l'arrivée en gare. Avant de vous demander si j'ai bien pris mes gouttes aujourd'hui, souvenez-vous que votre iPhone 6, 12 ou même 34 fait un bruit d'obturateur quand vous vous prenez en selfie pour vérifier la présence ou l'absence d'une herbe de Provence entre vos incisives. Or, il y a beaucoup de choses à l'intérieur d'un iPhone, mais j'en suis positivement sûre: on n'y trouve pas Nicéphore Niépce en train de crier «ouistitiiiiii» dès que vous ouvrez votre application Instagram.

Bref, je m'égare, mais tout ça pour dire que si votre TER, votre TGV ou votre TDJSPLNMACEUN (le Train dont je sais plus le nom mais avant c'était un Corail) faisaient «tchou-tchou» au démarrage, eh bah ça aurait de la gueule. Et peut-être que du coup, même les joueurs du PSG seraient un peu plus tentés d'en prendre. Des trains, hein, parce que de la bonne c'est visiblement déjà le cas, vu qu'ils ont l'air plus perchés qu'un chamois sur la pointe des sabots en haut de l'Himalaya.

N'empêche, j'avais pas entendu parler de char à voile depuis ma classe de mer en Normandie au printemps 1995, et il faut reconnaître que c'était assez rafraîchissant de me revoir galérer sur cet engin du diable. La vie était plus simple, j'étais pas pubère, Chirac était un jeune président et les trains Corail s'appelaient encore des trains Corail. Et pas des trains Coraux, et déjà à l'époque ce détail me plongeait dans une profonde perplexité. Enfin, j'étais aussi perplexe qu'on ne dise pas «un chamal, des chameaux», alors on peut en déduire que la puberté a eu du bon pour mon cerveau, aussi. Mais je m'égare à nouveau.

Mystères et problèmes insolubles

Toujours est-il que le train, à moins de le rater souvent (coucou papa), ou de tomber entre le marchepied et le quai (coucou maman), c'est tout de même un moyen de locomotion extrêmement fiable. Un peu trop parfois, préciserait ma grand-mère, mais ça c'est une autre histoire. Enfin, c'est l'histoire, tout court.

Bref, le train, même pour une heure ou moins, c'est déjà toute une aventure. Oui, parfois on peut partir en vacances à Nogent-le-Rotrou, dans l'Eure-et-Loir, et qui sommes nous pour juger –à voix haute en tout cas?

Une aventure qui commence quand il faut passer la borne de contrôle des billets et que la dame devant nous a imprimé en format A4 une capture d'écran de son téléphone sur laquelle figure le QR code de son e-billet. Parfois, certains d'entre nous prennent le grand escalator de la technologie à l'envers. Et ces gens sont souvent devant nous les jours de grand départ.

Le train c'est aussi une grande succession de mystères non élucidés comme, par exemple: qui a vraiment envie de manger un sandwich thon-Saint-Morêt enroulé dans trop d'alu à 11h46? Ou de problèmes mathématiques insolubles du genre: si le train n°6138 part de Périgueux à 8h12 et que le Paris-Strasbourg circule à une vitesse moyenne de 244 km/h, pourquoi est-ce que je tombe toujours assise à côté d'un type qui va hurler dans son téléphone tout le long du trajet?

Ah, ça, pour envoyer des gens sur la Lune y a du monde, pour mourir à Balmoral, là aussi ça défile, mais pour aller téléphoner sur les plateformes entre les wagons, là, y a plus personne.

Allez, je vous laisse j'ai justement un train à prendre, direction le déni de ne plus avoir de reine. Vivement lundi.

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