Dans l'histoire, l'homosexualité a longtemps été présentée comme un vice punissable, honteux. Ceux qui s'y opposent ou s'y sont opposés, notamment les théologiens chrétiens, avaient entre autres un argument qu'ils estimaient infaillible: si l'homosexualité entre les animaux n'existe pas, c'est bien la preuve que les humains ne devraient pas s'adonner à cet amour contre-nature. Un raisonnement éclairé, qui ne brille que par son inexactitude.

En réalité, l'accouplement entre individus du même sexe est répandu dans le règne animal. Bon, forcément, quand on l'observe pour la première fois en partant du principe que cela ne peut exister, ça chamboule un tantinet les idées préconçues. En 1834 par exemple, l'entomologiste August Kelch a eu toutes les peines du monde à expliquer les relations sexuelles de deux mâles hannetons –une sous-famille d'insectes coléoptères– qui s'en donnaient à cœur joie devant ses yeux stupéfaits.

Finalement, il en a conclu qu'il devait s'agir là d'un acte de viol, où «le plus grand et le plus fort des deux s'était imposé au plus petit et au plus faible». Une belle pirouette, démontée quelques décennies plus tard par des scientifiques sans œillères.