Société

Qui sont les chefs les plus impitoyables de l'histoire ancienne?

Temps de lecture : 6 min

[L'Explication #67] Une belle brochette de sanguinaires, dont il valait mieux ne pas croiser le chemin un soir de colère.

Malcolm McDowell dans Caligula, de Tinto Brass (1979). | Capture d'écran MOVIE PREDICTOR via YouTube
 
Malcolm McDowell dans Caligula, de Tinto Brass (1979). | Capture d'écran MOVIE PREDICTOR via YouTube  

Pourquoi envions-nous l'orgasme des cochons? Les gauchers sont-ils davantage intelligents? Quand il pleut, est-ce que les insectes meurent ou résistent? Vous vous êtes sans doute déjà posé ce genre de questions sans queue ni tête au détour d'une balade, sous la douche ou au cours d'une nuit sans sommeil. Chaque semaine, L'Explication répond à vos interrogations, des plus existentielles aux plus farfelues. Une question? Écrivez à [email protected]

Il n'y a qu'à parcourir un livre d'histoire pour rapidement se rendre compte que les hommes ont une fâcheuse habitude à s'entretuer. Que ce soit lors de batailles meurtrières ou d'exécutions sommaires, notre passé n'est que bains de sang à répétition, parfois sous l'impulsion de chefs sanguinaires sans scrupules.

Si l'on devait aujourd'hui décerner les palmes de l'atrocité aux dirigeants qui ont un bon paquet de sang sur les mains dans notre histoire, nul doute que l'on appellerait à monter sur scène des dictateurs et hommes d'État récents. Adolf Hitler, Joseph Staline, Tōjō Hideki, Pol Pot, Léopold II, Mao Zedong, le sultan Abdülhamid II... ça se bouscule sur le podium. La brutalité est pourtant loin d'être l'apanage des dirigeants des siècles derniers et, pour rééquilibrer un peu le classement, voici quelques-uns des chefs les plus impitoyables de l'histoire ancienne.

Timour et la tour de tête

Timour, plus connu sous le nom de Tamerlan, n'est sûrement pas le plus célèbre de cette liste non exhaustive. Ce conquérant mongol turc, né en 1336, mérite pourtant amplement sa place ici. Pourquoi? Parce qu'il avait une méthode bien spéciale pour mater ses ennemis et les rébellions, que tout cruel dirigeant ne peut qu'approuver.

Par ses conquêtes et sa barbarie, Timour a déferlé sur une grande partie de l'Asie centrale, notamment les actuels Irak, Iran, Syrie et Turquie pour fonder la dynastie des Timourides, l'un des plus grands empires du Moyen Âge. Grand amoureux des arts et des lettres, Timour pourrait presque passer pour un homme vertueux. Mais ne vous y trompez pas: ce grand guerrier a ravagé le continent eurasiatique, tuant tout sur son passage. Ce n'est pas pour rien que les historiens parlent souvent de «catastrophe timouride», tant les violences perpétrées étaient destructrices.

Celui qui a inspiré le personnage de Dracula a exigé l'empalement vivant de 20.000 Ottomans.

Un fait particulier resta gravé dans l'histoire: les tours de têtes (à ne pas confondre avec les tours de cou que l'on trouve en magasin). Pour punir une rébellion en 1387 à Ispahan, dans l'actuel Iran, Timour ordonna à ses commandants de rassembler des têtes humaines, en leur demandant à chacun un quota précis à rapporter. La chasse à la tête des rebelles se transforma en débandade, et les crânes fraîchement coupés commençaient même à se vendre dans le commerce. Une fois la récolte terminée, Timour fit ériger un imposant minaret devant les murs de la ville, composé exclusivement de 70.000 têtes.

Parmi ses autres actes de cruauté, l'on peut également citer la construction d'une tour faite d'hommes vivants en Afghanistan, cimentés avec des briques et du mortier. Au total, on estime que ses armées ont tué 17 millions de personnes, soit près de 5% de la population mondiale de l'époque.

Vlad l'Empaleur

Bon, pour le coup, vu le surnom du bonhomme, on ne peut pas se tromper sur la marchandise. L'Empaleur fait bien partie des dirigeants cruels et peut monter sur notre podium, tant les châtiments dont il était friand font froid dans le dos.

Né en 1431, Vlad (à ne pas confondre avec l'artiste Vald, qui n'a absolument rien à voir) était prince de Valachie, une région de l'actuelle Roumanie. Il est même particulièrement célèbre et célébré dans le pays encore aujourd'hui, notamment pour avoir défendu son peuple contre les invasions étrangères. Sa méthode? Flanquer les chocottes en brandissant le supplice du pal.

Pour décourager ses ennemis turcs, celui qui a inspiré le personnage de Dracula a par exemple exigé l'empalement vivant de 20.000 Ottomans, en prenant soin de sélectionner des pieux qui n'étaient pas assez pointus pour les tuer immédiatement. Une vraie forêt d'empalés, où il ne faisait pas bon se promener.

Gengis Khan, les steppes de sang

Avant Timour, il y a eu le célèbre Gengis Khan. Considéré comme le plus grand conquérant de tous les temps, le leader des tribus mongoles a plongé le monde dans un bain de sang pour façonner son empire, qui atteindra 33 millions de kilomètres carrés à son apogée et qu'il soumettra durant son règne de 1206 à 1227 par la terreur et la violence.

Quand on se penche sur les chiffres, on comprend pourquoi Gengis Khan pourrait facilement monter sur la plus haute marche du podium. Les historiens pensent qu'environ 40 millions de personnes ont été tuées dans toute l'Asie et l'Europe lors des conquêtes mongoles. Soit 10% de la population mondiale de l'époque. Rien que ça.

Sa folie le poussa à envisager de faire de son cheval un consul.

Le guerrier n'hésitait pas non plus à sévir brutalement dans ses propres rangs. Soucieux de maintenir une discipline rigoureuse et servile, Gengis Khan avait mis en place une politique plutôt dissuasive. Si un de ces soldats membre d'un arban –un corps militaire composé de dix hommes– décidait de fuir en pleine bataille, ses compagnons et lui étaient exécutés.

Pire, si c'est l'arban tout entier qui détalait loin des combats, la division dont il dépendait –un jaghun, c'est-à-dire 100 soldats– était mise à mort. Il fallait avoir confiance en ses copains.

Caligula, l'empereur fou

Il a souvent été dépeint comme l'un des pires tyrans de Rome. Descendant d'Auguste et de Marc Antoine, Caligula n'a régné que pendant quatre ans, de 37 à 41 ap. J.-C. C'est peu, mais c'est suffisant pour laisser une trace d'empereur sadique et fou.

Alors que le début de son règne laissait présager l'avènement d'un souverain avisé, Caligula a complètement vrillé. Instable et tourmenté (on pense désormais qu'il était probablement atteint d'une maladie mentale), le Romain s'est lancé dans des actes de barbarie motivés par la haine, mais aussi par simple cruauté gratuite, explique le National Geographic.

Parmi ses actes tristement mémorables, il a fait assassiner son cousin Ptolémée –descendant de Marc Antoine et de Cléopâtre–, fait jeter des spectateurs dans l'arène pour qu'ils soient dévorés par des animaux, et violé sans vergogne des femmes et des filles de sénateurs.

On raconte qu'il forçait des pères de famille à regarder l'exécution de leurs propres fils, avant de les inviter à dîner pour les divertir. Sa folie le poussa même à envisager de faire de son cheval un consul. Il finira assassiné par ses propres gardes du corps et préfets du prétoire.

Attila le Hun, le «fléau de Dieu»

On dit que là où son cheval passait, l'herbe ne repoussait pas. Pour faire simple, là où Attila passe, tout le monde trépasse. Cette réputation ne doit rien au hasard: le dirigeant de l'Empire hunnique de 434 à 453 était l'un des plus impitoyables guerriers que le monde ait connu.

Sanguinaire, sans foi ni loi, mais aussi fin stratège, le roi des Huns a déferlé avec ses cavaliers sur les régions de Russie, d'Allemagne, des Balkans et de Gaule. Un petit exemple de ses exactions? Il buta un temps sur la ville de Metz, ce qui l'agaça fortement. Une fois la ville conquise, il se vengea en décimant tous ses habitants. Rancunier, le bonhomme.

Ivan le Terrible

Là encore, avec un surnom pareil, on sait déjà que l'on peut lui attribuer un rond de serviette à la table des impitoyables, sans même l'avoir rencontré. Réformateur et modernisateur, le grand-prince de Moscou devenu tsar en 1547 est aussi un dirigeant cruel et complètement paranoïaque.

Ivan IV aimait plonger ses opposants alternativement dans d'énormes chaudrons remplis d'eau bouillante, puis dans de l'eau glacée.

Persuadé que ses ennemis avaient empoisonné sa femme Anastasia en 1560, le tsar torturait et tuait, parfois en masse, tous ceux qui éveillaient en lui le moindre petit soupçon. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'homme était inventif dans ses supplices.

Outre le fouet, les aiguilles et les tenailles, Ivan IV aimait plonger ses opposants alternativement dans d'énormes chaudrons remplis d'eau bouillante, puis dans de l'eau glacée, jusqu'à ce que leur peau parte en lambeaux. Il se plaisait également à lâcher des ours sauvages sur des moines enfermés dans une cour, rapporte le Figaro.

Pour couronner le tout, il a obligé un fils à tuer son propre père en prison pour sauver sa peau, avant de finalement condamner l'homme pour parricide. Lui-même tuera son fils un peu plus tard, dans un excès de colère.

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