Société

La semaine imaginaire de Louison (fallait bien que ça arrive)

Temps de lecture : 4 min

Même si je n'ai pas de fille cachée, je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitte pas.

Moi je ne me maquille jamais, j'irradie naturellement. Comme si j'étais née à Tchernobyl en 1986. Alors que je suis née à Paris en 1985. | Louison
Moi je ne me maquille jamais, j'irradie naturellement. Comme si j'étais née à Tchernobyl en 1986. Alors que je suis née à Paris en 1985. | Louison

Chaque samedi, Louison se met dans la peau d'une personnalité qui a fait l'actu et imagine son journal de bord.

Lundi 11 juillet

Comme chaque matin, je me lève avec le soleil, que je salue pendant de longues minutes sur mon tapis de yoga entièrement fait avec des vieux tapis de yoga recyclés par des professeurs de yoga à la retraite en faveur des orphelins des professeurs de yoga morts pendant des postures un peu ambitieuses. Dans le même temps, les oiseaux qui vivent dans la forêt à côté de ma chaumière me préparent un granola bio et locavore, sans gluten ni guano, dont vous pouvez retrouver la recette sur ma chaîne YouTube.

N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucune publication, d'ailleurs, et faire de moi officiellement une influenceuse graines germées. Alors que je prends ma douche à l'eau de pluie et me roule dans la rosée, ce qui donne à mon visage la fraîcheur d'un nouveau-né, malgré mes 37 ans, je regarde d'un œil distrait les tutos make-up de ma copine Kylie Jenner. Moi je ne me maquille jamais, j'irradie naturellement. Comme si j'étais née à Tchernobyl en 1986. Alors que je suis née à Paris en 1985 –pas pour rien que cette 85e semaine imaginaire est la mienne, notez.

Mardi 12 juillet

Quitte à vous décevoir, je vous ai menti lundi. Alors je suis en effet née à Paris en 1985, et le matin je me lève avec le soleil parce que comme mon appartement est sous les toits et se transforme en appareil à raclette dès que l'on dépasse les 26°C à l'extérieur, je suis obligée de dormir fenêtres et stores ouverts, donc en effet c'est un gros rayon de soleil de bâtard qui me réveille en pleine tronche chaque matin. À 6h45. Et ça me donne pas du tout l'impression d'être Blanche-Neige ou Pocahontas, mais en revanche ça me donne très très envie d'un café.

Et comme j'ai oublié de racheter des filtres depuis trois ans, je vais au café pour boire du café. Oui je sais la procrastination c'est mal, mais chez moi c'est une philosophie de vie. Pour vous donner un exemple, je n'ai plus de télé depuis au moins trois ans, mais je n'ai jamais rendu ma Freebox. Alors que je suis passée chez Orange en 2015. Donc pour les filtres à café ça attendra la 7G.

Mercredi 13 juillet

Dans les deux ou trois trucs à savoir sur moi, outre que je sais réciter l'alphabet en rotant et à l'envers, et que je ne distingue pas ma gauche de ma droite et que donc en voiture je suis aussi relaxante qu'une playlist à base de Francis Lalanne, c'est que le 13 juillet n'est pas mon jour préféré de l'année. C'est même celui que j'aime le moins, car il y a quatre ans, ce fut le pire jour de ma vie. Genre quand tu viens de te faire piquer sous le nez une robe Chanel à 12 balles sur Vinted parce que t'as voulu la négocier à 10. Mais en pire. C'est vous dire.

Bref, comme c'était pas ma journée préférée donc, j'y suis allée clairement dans le yolo, à base de déjeuner dans un palace, de retour en vélo par 40°C à l'ombre et même de post Instagram très égocentré, parce que figurez-vous que j'ai une double page d'interview dans Point de Vue, et que ça n'arrivera pas souvent vu que la seule tête couronnée que j'aurais voulu épouser c'est Prince et qu'il est mort.

Jeudi 14 juillet

Alors pour ce qui est du yolo, j'avoue que pour ce jour de fête nationale j'ai fait assez fort aussi. Déjà l'autre soir en rentrant passablement ivre et très tard totalement sobre et digne, j'avais pu assister du pont de la Concorde aux répétitions des éclairages de la tour Eiffel pour le feu d'artifices (même si sur le coup j'ai cru que j'avais eu un supplément champignons hallucinogènes sur ma pizza reine), mais aujourd'hui j'ai fait mieux: je suis allée regarder le défilé en tribune.

Alors pas en tribune officielle sur les genoux d'Olivier Véran, même si c'est une ambition à court terme, mais en tribune invités, celle qui est tout aussi chic mais en plein soleil. Donc assez rapidement c'est toi qui n'es plus très très chic. Oui parce que rester au soleil pendant quatre heures en plein épisode de canicule, malgré un chapeau, une gourde et un éventail, te donne vite l'impression d'être la dernière part de cake jambon olives sur une table de pique-nique quand tout le monde est parti faire la sieste. Seule, et pleine de nitrite.

Vendredi 15 juillet

Enfin bref, tout ça pour vous dire que j'ai adoré écrire ces deux saisons de semaine imaginaire, que j'ai trouvé ça bien chelou de finir avec moi, mais que même si je n'ai pas de fille cachée, je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitte pas. Enfin, je sais surtout que je reviens à la rentrée avec une MÉGA SURPRISE, mais pas la même que Xavier Dupont de Ligonnès parce que moi j'ai pas la carte fidélité chez Monsieur Bricolage.

Je vais rester dans les parages aussi cet été, car figurez-vous que pendant que vous serez à patauger entre deux microplastiques, moi j'écrirai un nouveau roman sur la reine Elizabeth, à l'ombre et en slip. Moi hein. Pas la reine. Avant ça, je dois juste finir ma prochaine BD sur Marilyn Monroe, qui sort le 5 octobre. En slip aussi. Moi hein, pas Marilyn.

Je vous souhaite un bon été, prenez soin de vous, ne mettez pas la clim à fond, essayez de ne pas prendre l'avion pour un week-end, écrasez bien vos mégots, buvez pas trop, nan je rigole, faites bien ce que vous voulez, mais écrasez vraiment bien vos mégots.

Bisous

Louison

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