Sciences / France

Des milliers de milliards de microplastiques emprisonnés dans l'Arctique

Temps de lecture : 2 min

"Sunset in the Arctic" par NASA Goddard Photo and Video | FlickR licence cc by
"Sunset in the Arctic" par NASA Goddard Photo and Video | FlickR licence cc by

«Nous avons réussi à polluer la planète entière. Il n'y a plus aucun endroit préservé.» C'est l'amer constat que dresse auprès de l'agence Bloomberg Rachel Obbard, chercheure à l'université de Darmouth (Etats-Unis), après avoir analysé la concentration de microplastiques en Arctique.

Dans une étude à lire dans Earth's Future, elle et son équipe décrivent l'abondance de ces minuscules bouts de plastiques, au diamètre généralement pas plus gros que cinq millimètres, dans les glaces du Pôle Nord. Souvent décrite comme une zone préservée de toute pollution, l'Arctique compte en réalité des milliards et des milliards de ces composants plastiques qui sont facilement «emprisonnés dans la glace quand l'eau gèle», explique Bloomberg, du fait de leur légéreté qui leur permet de flotter à la surface des océans.

En provenance de certains produits cosmétiques, des résidus vestimentaires qui s'échappent de nos machines à laver ou de débris plastiques plus conséquents, 38 à 234 particules de microplastiques ont été retrouvées par mètre cube de glace que les chercheurs ont étudié. Ce qui signifie, en clair, que si le réchauffement climatique s'opère selon les dernières prévisions en cours, «dans les dix prochaines années, 2.040 trillions [soit 2 millions de milliards] de mètres cubes de glace vont fondre», préviennent les chercheurs. Qui ajoutent:

«Et si tout cela contient le taux de concentration le plus faible [de microplastiques observé par les chercheurs], cette fonte pourrait entraîner la libération de milliers de milliards de pièces de plastique.»

Comme le soulignent les scientifiques, il est difficile de prévoir l'impact qu'auront ces particules sur l'environnement et les chaînes alimentaires des espèces. Cette pollution préoccupe néanmoins et fait l'objet de nombreuses études: ainsi la célèbre expédition Tara, du nom du voilier océanographique, étudie depuis longtemps ce phénomène dans différentes mers du globe. Le navire s'apprête d'ailleurs à faire une observation en Méditerranée, où «le plastique sous forme de fragments invisibles à l'oeil nu est aujourd'hui bien présent [...] au point de modifier la chimie de la mer», alerte Gaby Gorsky, le directeur scientifique de Tara Méditerranée, sur Sciences et Avenir.

Plus visible et tout aussi préoccupante, la «soupe plastique», du nom donné à cette nappe de détritus de la taille de la France formée dans le Pacifique Nord, a d'ores et déjà des «implications écologiques désastreuses», écrivions-nous en 2009, telle que l'intoxication des albatros.

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