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L'oncle de Kim Jong-un a-t-il été exécuté pour n'avoir pas applaudi assez fort?

Temps de lecture : 2 min

Kim Jong-un lors d'une réunion du parti; photo non datée diffusée par l'agence de presse officielle KCNA le 9 décembre 2013. REUTERS/KCNA.
Kim Jong-un lors d'une réunion du parti; photo non datée diffusée par l'agence de presse officielle KCNA le 9 décembre 2013. REUTERS/KCNA.

Considéré jusqu’à présent comme le numéro deux du régime nord-coréen, «l'un des hommes les plus craints du régime» souligne Le Monde, l’oncle de Kim Jong-un, Jang Song-thaek, a été condamné à mort par un tribunal militaire spécial et exécuté, jeudi 12 décembre, selon l'agence de presse officielle KCNA.

Comment cette condamnation a-t-elle été prononcée? Que s’est-il passé pour que celui qui fut le mentor de Kim Jong-un se transforme en condamné à mort?

Selon NPR, la radio publique américaine, il semble y avoir eu beaucoup d’animosité personnelle entre Kim et son oncle. Kim «pourrait avoir été furieux que son oncle lui ait manqué de respect. (…) Selon l’agence de presse officielle, Jang avait applaudi "sans enthousiasme" l’élection de Kim au poste de vice-président de la commission militaire centrale du pays».

Dans L’Archipel du Goulag, Soljenitsyne rappelait l’importance des applaudissements en dictature. Il rapportait cette phrase d’un commissaire du régime:

«Ne soyez jamais le premier à vous arrêter d’applaudir».

Il l’avait dite à un homme qui venait d’être arrêté et condamné à dix ans de prison. On avait trouvé divers motifs pour cette condamnation, mais le véritable était qu’à l’issue d’une réunion d’ouvriers après l’adoption d’une motion de fidélité à Staline, et après presque dix minutes d’applaudissements, il avait été le premier à se rasseoir.

Avertissement

Kim pourrait aussi avoir voulu se servir de cette exécution pour montrer que personne n’était à l’abri de ses sanctions, pas même les plus proches… «un avertissement clair dans le cénacle du pouvoir, précise Le Monde. Personne ne peut porter ombrage à l'autorité du dirigeant suprême, fût-il un de ses proches». Le quotidien ajoute:

«L'élimination de celui qui passait pour être le « numéro 2 » du régime témoigne de la mise à l'écart sans ménagement de la vieille garde, ces personnalités civiles ou militaires qui formaient une sorte de conseil de régence autour de l'héritier. Jang Song-taek l'a été de la manière la plus radicale, lors d'une opération menée par le ministère de la sécurité d'Etat.»

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