Monde / Politique

Carter, Clinton, les Bush: les anciens présidents ne sont pas toujours bienvenus aux conventions

Temps de lecture : 2 min

Si Bill Clinton prononcera un discours à Charlotte mercredi soir, les trois autres anciens occupants du Bureau ovale se sont contentés d'un message vidéo.

George H.W. Bush, Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter dans le Bureau ovale, le 7 janvier 2009. REUTERS/Kevin Lamarque.
George H.W. Bush, Barack Obama, George W. Bush, Bill Clinton et Jimmy Carter dans le Bureau ovale, le 7 janvier 2009. REUTERS/Kevin Lamarque.

Appelons-les 39, 41, 42 et 43, comme leur numéro dans la liste des présidents des Etats-Unis: quatre anciens occupants du Bureau ovale, Jimmy Carter (1977-1981) et Bill Clinton (1993-2001) côté démocrate et George Bush père (1989-1993) et fils (2001-2009) côté républicain, sont encore en vie, mais tous ne bénéficient pas d’une présence égale à l’occasion des conventions de Tampa et de Charlotte. Un phénomène qui, souligne le Washington Post, montre que les anciens présidents peuvent être «un fardeau ou une bénédiction».

L’absence physique du prédécesseur d’Obama en Floride a interpellé les commentateurs: «Où est George W. Bush?» (Slate.com, qui note qu’il n’a été nommément cité dans aucun discours lors de la convention), «L’étrange disparition de George W. Bush» (The American Prospect, qui estime que le prochain président républicain sera encore plus de droite et doctrinaire), «Où est passé George W. Bush?» (Mother Jones, qui s’interroge sur son absence d’héritage).

Des Bush étaient pourtant présents à la convention: Jeb, le frère de W., ancien gouverneur de Floride, a défendu son frère devant la presse avant de prononcer un discours consacré à l’éducation; George P. Bush, son fils —et donc le petit-fils et neveu des deux anciens présidents— était lui aussi sur place. Une vidéo de cinq minutes mettant en scène les deux hommes a par ailleurs été diffusée —et nous laisse personnellement, du fait de sa musique grandiloquente et de son ton mélancolique, l'étrange impression d'une nécrologie filmée.

Côté démocrate, Jimmy Carter a envoyé un message plus traditionnel et politique à la convention —un discours de quatre minutes face caméra où il a salué la réussite de Barack Obama «face à une opposition partisane féroce, rigide et tout compte fait sans précédent».

Une mauvaise idée selon un chroniqueur de The Daily Beast, qui estime que les démocrates ont tort de mettre à nouveau en avant celui qui fut un président à un seul mandat. Le camp Romney a d'ailleurs immédiatement publié un communiqué titré «CONTENT DE TE REVOIR, CARTER!» en se réjouissant que le président ait choisi un «émissaire adapté ».

Mais le moment ex-présidentiel le plus attendu des conventions est celui du discours de Bill Clinton, programmé pour ce mercredi 5 septembre. D'autant plus attendu que les démocrates s'interrogent sur la capacité de l'ancien président à soutenir sans arrière-pensée son successeur, sur qui il aurait formulé des propos douteux il y a quatre ans et qui avait barré la route de la Maison Blanche à son épouse Hillary.

Quand à 40, alias Ronald Reagan, il n'est pas intervenu lors des conventions, ni en vidéo ni en personne, et pour cause: il est mort en 2004. Mais ce n'est pas à exclure dans le futur, puisqu'un projet d'hologramme du président-acteur est en cours d'élaboration.

J.-M.P.

Newsletters

Que faut-il attendre du mandat d'arrêt international contre Vladimir Poutine?

Que faut-il attendre du mandat d'arrêt international contre Vladimir Poutine?

Jamais encore le président d'une puissance nucléaire n'avait fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.

Le soft power de la Chine ne fait plus illusion

Le soft power de la Chine ne fait plus illusion

Presque partout dans le monde, la popularité politique de Pékin est en chute libre, et de plus en plus de pays lui tournent le dos.

«Swastika Night», le livre qui a prédit Hitler

«Swastika Night», le livre qui a prédit Hitler

Publiée en 1937, la dystopie de Katharine Burdekin est tombée dans l'oubli. Autopsie d'un récit viscéral et féministe, à mi-chemin entre «1984» et «La Servante écarlate».

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio