Culture

Damien Hirst provoque une hécatombe de papillons

Temps de lecture : 2 min

butterfly 3 / brockvicky via Flickr CC, Licence By
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Imaginez un musée avec deux pièces dans lesquelles voltigeraient plusieurs centaines de papillons exotiques en liberté. C’est ce qu’a réalisé l’artiste anglais Damien Hirst, lors de l’exposition –sa première rétrospective– qui lui était consacrée au Musée d’art moderne de Londres, la Tate Modern Gallery, du 4 avril au 9 septembre dernier.

Dans la Room 5 de l’exposition, les spectateurs étaient ainsi invités à admirer les insectes qui virevoltaient au travers des pièces, se reposant parfois sur les murs ou sur les corbeilles à fruit qui composaient le décor de cette œuvre originale intitulée In and Out Love, et qui reprenait une oeuvre déjà réalisé en 1991.

Le Telegraph explique cependant que l’idée, certes originale, n'a pas séduit la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA), l’équivalent de la SPA au Royaume-Uni.

En effet, les chiffres que la RSPCA s’est procurée auprès de la Tate Modern Gallery montent que près de 9.000 papillons sont morts durant les 23 semaines d’exposition. Chaque semaine, ce sont près de 400 nouveaux papillons qui étaient réintroduits pour remplacer les insectes morts, écrasés par les pieds des visiteurs ou mortellement repoussés par ces derniers lorsqu’ils venaient se poser sur leurs vêtements. Interrogé par The Telegraph, le porte-parole de la RSPCA, ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque le travail de Damien Hirst:

«Dans cette soi-disant “exposition d’art”, les papillons sont forcés de vivre dans l’environnement artificiel d’une pièce fermée pour toute leur existence. Il y aurait un tollé général à l’échelle de la nation si l’exposition avait impliqué d’autres animaux, comme des chiens. Ce n’est pas parce qu’il ne s’agit que de papillons que cela signifie qu’ils ne méritent pas d’être traités avec gentillesse.»

Quelques semaines après l’inauguration de l’exposition, le Guardian s’était penché sur cette œuvre et en avait noté le caractère dérangeant. A l’époque, le journaliste Patrick Barkham, qui se dit fan de papillons, notait le caractère dérangeant de cette oeuvre, mais expliquait qu'elle mettait étrangement de bonne humeur. Il reconnaissait cependant que ce travail pouvait paraître macabre alors que «les deux tiers des 59 espèces de papillons en Grande-Bretagne sont en déclin». C’est visiblement également l’avis partagé par la RSCPA.

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