Depuis 1978, cinq millions de naissances ont été obtenues dans le monde grâce à la technique de la fécondation in vitro (FIV). C’est le bilan chiffré publié lundi 2 juillet à Istanbul dans le cadre d’une conférence de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie (ESHRE).
La FIV est une technique permettant d’obtenir la fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde en dehors des vois génitales féminines puis de replacer l’embryon ainsi obtenu in vitro dans l’utérus de la femme. Elle permet désormais la conception chaque année d’environ 350.000 enfants –soit 0,3% des 130 millions de naissances annuelles.
Quelques jours avant la réunion d’Istanbul,
on apprenait, le 20 juin, la mort de Lesley Brown, première femme au monde à avoir
donné naissance à un enfant conçu par FIV. Elle était âgée de 64 ans et, selon son
entourage, a trouvé la mort des suites «d’une courte maladie». En 1977, Lesley et
John Brown avaient fait appel au gynécologue Patrick Steptoe
Robert Edwards dut ensuite attendre l’âge de 85 ans pour devenir, en 2010, le trentième citoyen britannique à recevoir un Nobel de médecine. Depuis trente-quatre ans, la technique de la FIV n’a cessé de connaître des améliorations et de soulever des problèmes éthiques.
Cette technique a été complétée (à compter du milieu des années 1990) par celle de l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) qui ouvrait la voie au traitement des stérilités (ou des hypofertilités) masculines.
La FIV a aussi été complétée par la congélation dans l’azote liquide des embryons humains conçus in vitro. Il existe aujourd’hui à travers le monde plusieurs centaines de milliers d’embryons humains «orphelins» qui sont ainsi conservés depuis des années et dont l’avenir (destruction, don, utilisation à des fins de recherche) est très incertain. L’impact des différentes techniques de PMA sur la normalité des enfants ainsi conçus continue à être soulevé de manière récurrente.
Selon les chiffres fournis à Istanbul par l’ESHRE, près d'un1,5 million de FIV sont pratiquées chaque année dans le monde, dont un tiers en Europe.
Le taux de succès d'un cycle de traitement
s'est quant à lui stabilisé (en moyenne) à 32% (calculé par taux de grossesse obtenue
par transfer
L'ESHRE fait également observer qu’après vingt ans de pratiques très critiquées, des efforts sont menés pour éviter les grossesses multiples. Les équipes spécialisées des pays européens implantent moins d'embryons (et parfois un seul) dans les utérus des futures mères. De ce fait, le nombre de triplés nés à la suite d'une conception FIV est inférieur à 1% et celui des jumeaux se situe juste en dessous de 20%.