Culture

Musique: un logarithme aussi bon que les accordeurs professionnels

Temps de lecture : 2 min

Piano Man. Greene/Ellis via Flickr CC Licence by
Piano Man. Greene/Ellis via Flickr CC Licence by

Tous les musiciens, surtout les amateurs, connaissent le problème. S’ils ne veulent pas jouer trop faux, ils doivent d’abord accorder leurs instruments. Un nouvel algorithme pourrait venir révolutionner cette étape, explique le site Technology Review.

Pour s’accorder, deux choix s’offrent au guitariste du dimanche en quête de justesse acoustique: soit il est doué de l’oreille absolue, c’est-à-dire qu’il est capable de reconnaître une note jouée seule, sans avoir besoin d’une référence externe. Dans ce cas, l’accordage ne lui posera pas trop de problème. Pour les autres, accordeurs électroniques, diapasons ou tonalité du téléphone (celle des vieux appareils), tout est bon pour trouver la bonne note.

Pour la plupart des musiciens, cela suffit. Mais aussi pratiques que soient ces appareils, ils sont toujours moins performants que l’oreille humaine. Pour bien comprendre le problème, il faut garder à l’esprit que le son d’un instrument est issu d’une vibration, mesurée en hertz:

«Lorsque vous pincez une corde, le son produit est composé d’une part de sa fréquence fondamentale [440 hertz pour la note «la»], et d’autre part de ses harmoniques, c’est-à-dire des multiples entiers de cette première fréquence fondamentale.»

Problème: la fréquence double à chaque octave (intervalle entre deux mêmes notes, de do à do par exemple). Du coup «l’augmentation linéaire de la fréquence des harmoniques ne correspond jamais tout à fait l’augmentation exponentielle requis lorsque les notes sont arrangées en octave, il y a donc toujours un compromis» au moment de l’accordage.

Explications: la musique occidentale utilise un système connu sous le nom de gamme tempérée, dans lequel une octave est divisée en 12 intervalles égaux. (Do, Do#, Ré, Ré#...Do). Mais si les octaves sont toujours accordées entre elles, les harmoniques sont en revanche légèrement décalées.

Tout le talent d’un accordeur humain est alors d’«étirer» les intervalles entre les harmoniques, afin de les faire correspondre entre elles pour que le son soit agréable.

Jusqu’à aujourd’hui, les accordeurs électroniques étaient incapables d’effectuer une telle tâche, ce qui explique pourquoi les artistes de haut niveau, surtout les pianistes, doivent encore faire appel à des accordeurs professionnels qui se livraient à un long (et coûteux) travail.

Mais un physicien allemand vient de créer un algorithme permettant d’effectuer la même opération de manière automatique. Comme le remarque le Wall Street Journal, le charme de l’artisan écoutant et réglant patiemment chacune des 88 touches du piano ne sera peut-être bientôt plus qu’un lointain souvenir, remplacé par un petit boîtier électronique, moins mélomane mais beaucoup plus précis.

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