Culture

Iron Sky: les Allemands prêts à rire du nazisme

Temps de lecture : 2 min

Photo extraite du film «Iron Sky» de Timo Vuorensola.

Iron Sky est une parodie improbable de science-fiction, un film dans lequel des Nazis fomentent un débarquement sur la Terre, depuis la Lune. Nous sommes en 2018 et ils y sont confinés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale - habitant un château en forme de croix gammée. Iron Sky, du réalisateur finlandais Timo Vuorensola, fait parler de lui depuis les débuts de sa production, en 2006.

Plus de trois millions de personnes dans le monde ont regardé le teaser, mis en ligne en mai 2010; depuis la présentation du film au Festival de Berlin, qui s’est achevé le 19 février dernier, la bande-annonce officielle a été vue plus de 6 millions de fois. La page Facebook compte 115.000 fans; le compte Twitter 7.000 followers. Mais surtout, le film suscite un enthousiasme inattendu en Allemagne, où il a toujours été dur de rire du nazisme. D’où cette question du Time: «Les Allemands sont-ils prêts à rire de leur sombre passé nazi?»

«L’Histoire montre que les nazis peuvent ne pas être très bankables au cinéma en Allemagne» raconte le Time, «surtout s’ils sont dépeints avec légèreté». L’évolution a été lente, de la comédie musicale de Mel Brooks, Les Producteurs, interdite pendant des années dans les cinémas allemands (jusqu'à ce qu'il soit projeté pendant un festival consacré aux films de réalisateurs juifs) au fiasco de My Führer, comédie sur Hitler jugée politiquement correcte par les critiques.

2009 marquait déjà un tournant. Les Producteurs était monté sur les planches à Berlin, joué sur la scène de l'Admiralpalast, théâtre où Adolf Hitler allait lui-même voir des opérettes pendant la guerre. Rita Baus, directrice artistique de la comédie musicale, affirmait alors les Berlinois étaient «assez mûrs pour tourner Hitler en dérision», selon un article du Figaro de l’époque. «Hitler est rendu tellement ridicule, tellement nu, que vous êtes surpris par votre propre rire», affirmait-elle au quotidien. La même année, sortait Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, succès au box office allemand.

Dans une interview accordée à Vice en 2010, le réalisateur Timo Vuorensola disait déjà sa surprise du succès auprès des Internautes (qui ont contribué au financement du film à hauteur de plus d’un million d’euros). «Au depart, nous pensions que le sujet serait peut-être trop polémique pour jamais voir le jour. Mais c’est vrai que nous avons un pitch assez frappant “En 1945 les Nazis sont partis sur la Lune ; en 2018, ils reviennent". Tout le monde visualise assez bien l’idée, ça fonctionne!» Sauf pour l’instant pour les critiques. Au-delà du phénomène,Variety estime par exemple que «le produit final est bien plus amusant en théorie qu’une fois réalisé».

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