Culture

Razzies 2012: pourquoi un nanar peut parfois être un bon film

Temps de lecture : 2 min

«Le Lac des morts vivants» de Jean Rollin (Eurociné, 1981) -
«Le Lac des morts vivants» de Jean Rollin (Eurociné, 1981) -

Cette année, les Golden Raspberry Awards, plus connus sous le nom de «Razzies», qui récompensent les pires films de l’année, se dérouleront pour la première fois le 1er avril, et non pas la veille des Oscars. Occultés par Jean Dujardin et consorts, les Razzies ont annoncé la liste des films nommés. Parmi les favoris: Bucky Larson, born to be a star et Jack&Jill. Des films passés quasiment inaperçus en 2011, et pour cause: ils sont mauvais.

Mais il faut distinguer bons et mauvais nanars, explique Kate Dailey de BBC News. Jeux d’acteurs poussifs, scénarios faméliques et montages stéréotypés, chaque année apporte son lot de mauvais films «oubliés instantanément». Mais parmi tant d’échecs, certains s’imposent comme des classiques et atteignent parfois le rang de film culte. Citons à titre d’exemple un des modèles du genre, The Land That Time Forgot (Le Sixième continent).

Mais attention, ce qui fait l’intérêt d’un nanar, c’est «sa volonté initiale d’être un bon film», met en garde Kate Dailey. Les parodies ne sont donc pas considérées comme des nanars. Pour la journaliste, un bon nanar est même beaucoup plus qu’un simple amusement. Il nous permet d’apprécier les vrais bons films à leur juste valeur:

«Ce sont ces films dont les fans disent qu’ils peuvent améliorer notre compréhension de tous les autres films et nous apporter beaucoup plus de plaisir que les réalisations prévisibles de l’industrie cinématographique.»

«Nous apprécions les mauvais films encore plus que les bons» car «ils nous ressemblent plus», écrit un journaliste du New York Times. Le professeur Lance Duerfahrd va encore plus loin. Cet enseignant à l’université américaine de Purdue donne un cours intitulé «Mauvais films», dans lequel des étudiants en cinéma visionnent et discutent les pires échec du septième art.

Pour lui, les nanars nous rendent «plus créatifs», en nous faisant penser «j’aurai pu faire mieux que ça». Selon lui, les mauvais films permettent également «plus de discussion et un meilleur sens de la communauté». Peut-être une des raisons de leur succès.

Pour gagner sa place au sein de l’élite des nanars, un mauvais film doit aussi savoir prendre des risques. Pas question de céder aux facilités habituelles du cinéma. Ainsi le très prometteur Cowboys et Aliens, sorti cet été, n’a pas été à la hauteur des espérances, estime Kyle Buchanan, critique pour le New York Magazine:

«On dirait presque qu’ils ont eu peur de leur titre, et le résultat est un film trop ennuyeux. Ce n’est ni du bon cinéma ni un simple amusement.»

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