Économie

Avec la BCE, combats l'inflation mais pas la crise

Temps de lecture : 2 min

la vignette de présentation du jeu €conomia (BCE).
la vignette de présentation du jeu €conomia (BCE).

«Qui a dit qu’être banquier central était ennuyeux?» MacroScope, un blog de l’agence Reuters consacré à la politique macroéconomique, analyse dans un petit article l’application ludique pour iPhone et iPad €conomia, que vient de lancer la Banque centrale européenne en s’inspirant d’un jeu du même nom sous-titré The Monetary Policy Game, déjà disponible sur son site.

Si MacroScope fait l'éloge de «la bande-son funky», il déplore «le manque d’outils de politique monétaire à disposition», puisque l’utilisateur peut seulement dans ce jeu faire varier le principal taux d’intérêt pour garder l’inflation sous les 2%. En revanche, impossible «d’injecter des milliards d’euros dans le système financier, […] de fournir des prêts d’urgence à des institutions financières, […] de dire à tout le monde que le taux d’intérêt actuel est approprié, d’acheter de gros montants de dette italienne. […] Peut-être que c’est pour la prochaine version».

Le site Business Insider est un peu du même avis:

«En considérant que la zone euro fait actuellement face à la pire et à la plus menaçante crise de son histoire, nous sommes sceptique sur le fait que ce mandat [contenir l’inflation, NDLR] constitue à lui seul un but approprié à poursuivre.»

Un journaliste de la National Public Radio américaine, qui surnomme le jeu Angry Bonds, en référence à Angry Birds, rappelle lui que «à l’inverse de la Fed, qui a pour responsabilité de préserver à la fois la stabilité des prix et le plein-emploi, le seul mandat de la BCE est la stabilité des prix».

Le mandat en question a effectivement été défini par l’article 105 du traité de Maastricht de 1992, selon lequel «l’objectif principal du SEBC [Système européen de banques centrales, NDLR] est de maintenir la stabilité des prix».

Le fait d’expliquer la politique monétaire à travers un jeu vidéo plaira en tout cas peut-être au nouveau président de la BCE, l’Italien Mario Draghi, qui vient de succéder à la tête de l’institution à Jean-Claude Trichet: il est en effet régulièrement surnommé «Super Mario» par la presse. Avec l’arrivée à la tête de l’Italie d’un autre Mario (Monti) passé par les institutions européennes, un chroniqueur de La Tribune estime même que l’Europe a recours pour combattre la crise aux «Super Mario Brothers». Même si chacun sait que le frère de Mario ne s’appelle pas Mario mais Luigi…

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