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L'aide américaine à Israël, le seul budget incompressible

Temps de lecture : 2 min

Benjamin Netanyahou et Barack Obama à Washington le 6 juillet 2010, REUTERS/Kevin Lamarque
Benjamin Netanyahou et Barack Obama à Washington le 6 juillet 2010, REUTERS/Kevin Lamarque

Walter Pincus, journaliste lauréat du prix Pullitzer et éditorialiste respecté du Washington Post, a signé un article mardi 18 octobre appelant son gouvernement à réduire l’aide américaine à Israël. A première vue, rien d’extraordinaire: un journaliste donne un avis argumenté sur la politique étrangère de son pays.

Sauf qu’il ne s’agit pas d’un sujet anodin aux Etats-Unis. En fait, le spécialiste des affaires étrangères MJ Rosenberg écrit sur le Huffington Post:

«Pour la première fois depuis que je peux m’en souvenir, et sans doute depuis toujours, un éditorialiste grand public respecté appelle les Etats-Unis à réduire leur aide à Israël.

L’aide à Israël est pratiquement le seul programme, intérieur ou extérieur, qui échappe à toutes les propositions de réduction budgétaire au congrès. Peu importe que notre propres armée, le système de santé, la recherche contre le cancer ou des centaines d’autres programmes connaissent des réductions importantes, les amis d’Israël au Congrès, au sein des deux partis, s’assurent toujours que l’aide à Israël reste à son niveau.»

Et l’auteur de ces lignes sait de quoi il parle: MJ Rosenberg a lui-même travaillé au Congrès au sein du comité sur les relations avec Israël et a vu de l’intérieur le processus de protection du budget d’aide vers ce pays. Il raconte comment chaque parlementaire envoie une liste de requêtes portant sur les programmes qu’il veut voir financés, la plupart du temps en relation avec l’intérêt particulier du parlementaire et de la collectivité locale qu’il représente. Seule exception: l’aide à Israël, qui «est apparemment une question locale pour tous les législateurs».

Ce sont des exceptions comme celle-ci, ou comme la clause qui inscrit dans la loi l’impossibilité de baisser le budget d’aide à Israël, que dénonce Walter Pincus dans les colonnes du Washington Post. Autre bizarrerie: la clause «qualitative military edge», également inscrite dans la loi, exige de prouver que toute vente d’arme à un autre pays du Moyen-Orient «n’affectera pas de manière négative l’avantage militaire d’Israël sur ceux qui menacent Israël». Problème: l’Arabie saoudite et l’Egypte sont à la fois alliés des Etats-Unis et considérés comme une menace pour Israël.

Selon Rosenberg, l’article de Pincus, en soulignant les contradictions budgétaires de la situation, pourrait aider à faire évoluer la situation au Congrès:

«Cela pourrait changer grâce à une tribune d’un journaliste intrépide, écrivant dans un journal résolument pro-Netanyahou, et de surcroît juif, ce qui le protège de l’accusation d’“antisémitisme” portée contre tous ceux qui remettent en question la politique israélienne des Etats-Unis.»

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