Les travailleurs allemands ont beau être un modèle de réussite pour le reste de l’Europe, ils devraient s’inspirer des pays du Sud pour ce qui est des siestes, à en croire leurs syndicats, peut-on lire sur le Guardian.
Selon la confédération syndicale DGB, nous devrions faire la sieste pour des raisons de santé et d’éfficacité. Annelie Buntenbach, du conseil exécutif de DGB explique au journal allemand Tageszeitung:
«Une courte sieste dans l’après-midi réduit les risques de crise cardiaque, par exemple, et donne un regain d’énergie.»
Après ces fameuses « siestas », «nous réagissons plus vite, sommes plus rapides, notre mémoire s’améliore tout comme notre humeur», explique le spécialiste du sommeil de l’université de Regensburg Juergen Zulley comme le rapporte l’AFP.
Ces effets sont d’ailleurs prouvés scientifiquement: une récente étude menée par l’Ecole de médecine d’Athènes en Grèce et l’Ecole de Santé publique d’Harvard aux Etats-Unis établit que les Grecs qui font au moins trois siestes de 30 minutes par semaine ont 37% moins de chances de mourir d’une maladie cardiaque en comparaison avec ceux qui ne dorment pas pendant leur journée de labeur.
L’idée de courtes siestes pendant les heures de travail séduit beaucoup en Allemagne où plusieurs grands groupes se sont munis de «chambres spéciales» pour leurs salariés, rapporte le Guardian. C’est le cas à Lufthansa, BASF ou Opel, et les employeurs garantissent que l’efficacité du travail est multipliée par deux grâce à ces mesures.
La sieste quotidienne était une tradition allemande avant la révolution industrielle selon Juergen Zulley. Mais avec le besoin de main-d’oeuvre dans les manufactures, cette habitude s’est perdue dans tout le Nord de l’Europe. Même les pays du Sud s’en défont petit à petit, ce que regrettent les organisations syndicales allemandes.
Récemment, Angela Merkel a critiqué les travailleurs des pays d’Europe criblés de dettes en disant qu’ils travaillaient moins que les Allemands. Une affirmation erronée selon l’OCDE, qui a révélé depuis que les Allemands travaillent en moyenne 1.390 heures par an, soit moins que les Grecs (2.119 heures) et les Italiens (1.773 heures). Si les salariés allemands sont autorisés à fermer les yeux quelques minutes par jour, ce chiffre risque encore de diminuer.