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Grande-Bretagne: les homosexuels abstinents pourront donner du sang

Temps de lecture : 2 min

La Grande-Bretagne va permettre aux hommes homosexuels de donner leur sang à condition qu’ils n’aient pas eu de relation sexuelle au cours des dix dernières années. Le pays a levé l’interdiction totale de don de sang pour les homosexuels parce que la loi était discriminante et pouvait enfreindre les lois sur l’égalité, mais les homosexuels qui ont une vie sexuelle active restent interdits de don de sang.

Le gouvernement doit annoncer le changement au cours des prochaines semaines, avec l’appui des ministères de la Santé et de l’Egalité. Les dons de sang sont actuellement testés pour détecter le VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles, mais un nombre réduit d’échantillons de sang contaminé ne sont pas repérés à cause du temps que peut prendre la maladie avant d’être détectable.

Le système britannique actuel est fondé sur la confiance: il n’y a aucune vérification pour savoir si les donneurs disent la vérité sur leur orientation sexuelle, et les autorités estiment qu’il y a environ 7% d’homosexuels actifs sexuellement qui donnent du sang malgré l’interdiction.

En France, le don du sang est interdit aux personnes homosexuelles depuis une circulaire de 1983. Le Sénat a débattu de la question mercredi 6 avril dans le cadre de la loi bioéthique. Le PS et les Verts ont soumis un amendement visant à permettre aux personnes homosexuelles de donner leur sang. Le Sénat a finalement adopté un sous-amendement indiquant que «nul ne peut être exclu du don en dehors de toute contre-indication médicale», mais le site Yagg souligne que cette précision ne concerne pas les homosexuels, qui restent exclus du don du sang:

«A la question du sénateur Guy Michel (Groupe communiste): “la contre-indication permanente concerne bien, dans l’arrêté, un homme ayant eu une relation sexuelle avec un homme. C’est cela?” La secrétaire d’État à la Santé a répondu: “Oui. Pour le don du sang”, confirmant l’exclusion des homosexuels.»

La question reste sensible, comme le témoigne le tollé provoqué par Nora Berra, qui a récemment déclaré que «l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH». A la suite du vote du Sénat, la secrétaire d’Etat en charge de la Santé a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’exclusion mais de contre-indication permanente.

Photo: Une manifestation pro-gay à Rio de Janeiro en 2003, REUTERS/Bruno Domingos

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