Société

«J'espère que tu viendras me voir parce que je ne suis pas un monstre»

Temps de lecture : 11 min

[Épisode 4] Céline Vasselin avait-elle des raisons de se sentir menacée par Sliman Amara, son conjoint qu'elle a assassiné? Une seule chose est certaine: dans leur entourage, pas grand monde n'a vu grand-chose.

Maître Gosselin, l'avocate de Céline Vasselin, a interrogé Vanessa, une ancienne compagne de Sliman Amara, à propos du comportement de ce dernier. L'intéressée a fini par concéder: «Il était malade.» | Jeanne Paravert
Maître Gosselin, l'avocate de Céline Vasselin, a interrogé Vanessa, une ancienne compagne de Sliman Amara, à propos du comportement de ce dernier. L'intéressée a fini par concéder: «Il était malade.»Jeanne Paravert

Le lendemain des faits, en voyant «la mine apaisée de Céline», sa mère Josette comprend qu'il «s'est passé quelque chose». Le lundi 5 novembre 2018, Céline Vasselin passe voir Isabelle. «Quand elle est entrée... se souvient Isabelle, je l'ai regardée. J'arrivais pas à dire le mot “tuer”, j'ai dit: “Tu as fait du mal à Sliman?” Elle a hoché la tête et elle était... soulagée.»

L'expert psychologue Olivier Jan, qui a rencontré Céline Vasselin en détention, dit avoir été face à une femme «consciente» et «critique» vis-à-vis de ses actes, et emploie lui aussi le terme «soulagée»: «Quel que soit le prix à payer, énonce-t-il devant la cour d'assises de la Seine-Maritime, c'est le sentiment de délivrance qui l'emporte.»

Lors de leurs derniers jours de liberté, Jessica Adam, elle, est en «panique». La nouvelle d'un corps découpé et retrouvé dans la Seine fait le tour des réseaux sociaux. Elle ne dort plus la nuit. Céline, elle, est calme. Elle lui dit: «On est célèbre.»

«C'est comme le Loto, on pense que ça arrive qu'aux autres»

Le mardi 6 novembre, Isabelle déjeune avec Céline Vasselin au centre commercial. À table, Céline lui détaille le meurtre, le démembrement, les sacs dans la Seine. Elle lui raconte tout et conclut par un: «Je ne vais pas t'en dire plus parce que tu vas être traumatisée...» Quand elle lui annonce, sur un ton neutre, avoir coupé la tête, Isabelle en reste bouche bée: «Tu te rends compte de ce que tu as fait? Ça va pas?»

À l'extérieur du box des accusés, Isabelle comparaît libre pour «abstention volontaire d'empêcher un crime». Elle risque cinq ans d'emprisonnement. La présidente de la cour d'assises lui demande: pourquoi n'a-t-elle pas dit à Céline Vasselin de se dénoncer à la police? «Une personne douce et gentille comme Céline... répond Isabelle en tremblant. Je sais que c'est aberrant ce que je vous dis, mais je ne la croyais pas.»

En novembre 2018, elle a fait trois semaines de détention, avant de sortir sous contrôle judiciaire. Elle dit que depuis la prison, elle ne peut plus demeurer dans une pièce fermée. «C'est un cauchemar, pleure-t-elle à la barre. Je le dirai toute ma vie.» Son mari signale: «Avant, c'était quelqu'un de joyeux, avec une prestance.»

Jacques, le père de Céline Vasselin, a appris la nouvelle dans les journaux. Furieux, il est allé au commissariat. Pourquoi ne l'avait-on pas contacté pour le prévenir? Les enquêteurs ont dû tout lui expliquer. «J'étais en lambeaux, souffle Jacques Vasselin. C'est comme le Loto, on pense que ça arrive qu'aux autres.» Il a tout de suite voulu rendre visite à sa fille en maison d'arrêt, mais une demande de parloir prend du temps. Sans contact avec l'extérieur, Céline ne savait rien des démarches. Elle a cru qu'il avait coupé les ponts. Alors elle lui a écrit une longue lettre, qui finissait par: «J'espère que tu viendras me voir parce que je ne suis pas un monstre.» Jacques Vasselin pleure à l'évocation de cette phrase. Il ne sait plus ce qu'ils se sont dit lors du premier parloir, deux mois après les faits. «La seule chose dont je me souviens, relate-t-il, c'est qu'on s'est serré pendant une demi-heure.»

En apprenant que son amie Céline avait assassiné son conjoint Sliman, Lydie* a failli faire un malaise. Face aux jurés, elle ne peut s'arrêter de pleurer: «Je m'en veux parce que c'était des personnes que j'aimais beaucoup, confie-t-elle entre deux sanglots. Je les appréciais tous les deux.» À la cour d'assises de Rouen, il y a, dans les larmes et les soupirs las, quatre années d'incompréhension. À quel point connaît-on ses proches?

À propos de Sliman Amara, sa petite cousine Sarah expose: «Je ne remets pas en question la véracité des faits qui lui sont reprochés mais ça ne me dit absolument rien.» Elle précise: «Son sourire et sa gentillesse me manquent terriblement. J'ai un profond dégoût pour les médias qui le diabolisent, le calomnient comme un homme qu'il n'était pas. Il était généreux, sa bonne humeur contagieuse. Il signait ses messages par “Je vous aime la famille” et je veux lui dire qu'on l'aime aussi et qu'il repose en paix.»

Elle décrit Sliman comme «un homme très soigné qui faisait attention à son apparence» et qui avait l'alcool «joyeux»; et Céline comme «une femme intelligente, qui sait s'exprimer. Elle ne se laisse pas mener par le bout du nez.» Sarah illustre: «Par exemple, elle a décidé de lancer sa ligne de maquillage bio, elle avait entraîné la famille avec elle et ils mangeaient du lait de chèvre et du lait de soja.» «Et ça, c'est pas mon cousin du tout», commente-t-elle en riant. Elle ne le sait pas, mais Céline Vasselin a répété, au cours de la procédure et du procès, que Sliman Amara imposait des repas bio.

À l'audience, une phrase revenait sans cesse. La première à l'avoir prononcée, c'était Jessica Adam à la fin de sa garde à vue, en novembre 2018: «Après tout, je n'ai rien vu de mes yeux.»

«J'ai connu la violence, pas l'éducation»

Au cours de leur enquête, les officiers du SRPJ de Rouen ont découvert Vanessa.

Vanessa a aujourd'hui 40 ans. Elle est entendue en visioconférence. Durant dix ans, de ses 16 à ses 26 ans, elle a été la compagne de Sliman Amara. Ensemble, ils ont eu une fille. «Je suis partie en mai 2008, elle avait 7 ans et elle ne l'a pas revu depuis, indique-t-elle. Il n'y a pas eu de lien par téléphone, ni par courrier.» Elle explique: «Je ne pouvais plus gérer ses crises où il était... enfin... moins bien que d'habitude.»

Juste avant elle, le beau-frère de Sliman Amara est arrivé si terrifié à la barre que les mots avaient du mal à sortir de sa bouche. La présidente de la cour d'assises, Nathalie Gavarino, avait tenté de le rassurer. «Au début ça se passait bien, on le côtoyait de temps en temps, et ensuite y a eu des embrouilles, voilà», dit-il pour couper court. Sliman était le petit frère de son épouse. Elle lui avait toujours dit: «J'ai connu la violence, pas l'éducation.»

Vous avez eu peur de lui? avait insisté la présidente.
– Oui, avait-il répondu faiblement.

Il y a des années, il avait connu Sliman et Vanessa. Sliman donnait des coups de poing sur la table et s'en prenait verbalement à sa compagne d'alors: «C'était violent... Moi, je n'aurais jamais parlé comme ça à ma femme», assure-t-il en secouant la tête.

À l'écran, le sourire de Vanessa est crispé: «Sliman pouvait avoir son caractère. Très impulsif mais adorable», affirme-t-elle.

Le grand frère de Sliman se remémore une scène: «Il voulait lui parler, Vanessa voulait pas trop écouter... Il l'a attrapée par la nuque pour qu'elle le regarde. Je lui ai dit: “Non, on fait pas ça!” Il a dit: “Ouais OK, je comprends...”» Le grand frère ajoute: «Il était jeune aussi. Ça pouvait lui arriver d'avoir des mots mais ça allait pas plus loin. Il s'exprimait vivement, on va dire.» Il se souvient que Sliman lui répétait: «C'est vrai, faut que je me calme, j'ai tellement Maman dans la tête...»

Face à la cour d'assises, Vanessa hoche la tête: «La mort de sa mère, ça a été la cassure de sa vie. Il me disait: “Le jour où j'ai perdu ma mère, le ciel m'est tombé sur la tête”.» Ses proches confirment: «Il a mis des années à s'en remettre.» Sa grande sœur Inès* s'est même rapprochée de lui, à l'époque, pour l'aider à surmonter sa peine.

«Je savais pas qu'il la violait»

Lors de la déposition de Vanessa, un malaise est palpable. Quand elle en a terminé avec sa déclaration spontanée, la présidente remonte ses lunettes, puis se penche sur une cote du dossier.

On lui rappelle son audition de 2018 au commissariat. Dans son procès-verbal, elle parle de menaces de mort, de Sliman Amara débarquant sur son lieu de travail, elle déclare –elle l'a signé: «J'étais son objet, j'étais une merde», ou encore: «Ça fait huit ans que je ne sors plus de chez moi, j'étais terrorisée.» À l'image, Vanessa se tend.

«Ce n'est pas vraiment ce que j'ai dit...» argue-t-elle, sur la défensive. On lui rappelle la teneur de ses propos devant les enquêteurs. Des propos sans ambiguïté. Vanessa s'agite sur sa chaise. Les phrases du procès-verbal se sont mélangées ou n'ont pas été comprises. Elle ne se souvient pas d'avoir utilisé le terme «pervers narcissique» ni celui de «endoctrinée». Elle ne se souvient pas que Sliman pouvait la traiter de «pute». Elle pose: «J'ai pris du recul sur tout ça, j'ai vu un psy. Il faut être deux pour être sous emprise.» Tout à coup, elle s'agace: «C'était pas un monstre, hein! C'est pas l'homme qu'on veut nous faire croire... On a passé d'excellents moments ensemble.»

Quand elle s'est enfuie, Vanessa a pris quelques affaires, sa fille sous le bras, et est partie s'installer dans une autre région. On lui rappelle ce qu'elle a elle-même raconté aux enquêteurs: qu'un jour, elle s'est enfuie de chez elle, a couru dans la rue et arrêté une voiture qui l'a emmenée au commissariat. «Quand on le voit péter une porte, on a pas envie de recevoir un coup de poing de sa part», soupire Vanessa.

On lui parle des viols qu'elle a décrits. Vanessa répond: «C'est pas vraiment comme ça que je l'ai dit. C'est moi qui le ressentais comme ça.»

On lui rappelle tout ce qu'elle a dépeint, en audition, de leur vie intime. À l'écran, Vanessa serre la mâchoire, mal à l'aise: «C'est un grand déballage de ma vie personnelle avec lui... Ça aurait dû rester entre lui et moi.»

À la barre, Jacques Vasselin pleure en évoquant les lettres reçues de sa fille: «Les détails, elle me les a faits par écrit, commente-t-il. Ça m'a bouleversé. Il a fait des choses... Je savais pas qu'il la violait.» Plus tard dans le box, Céline Vasselin confirmera. Il y a eu un viol, un soir où Sliman était rentré saoul. Elle s'était alors promis: «Ça n'arrivera plus jamais.» Ensuite, elle ne s'était plus laissé faire, même s'il «la pinçait et la mordait». Puis, «j'ai lâché l'affaire. Je me laissais faire et je ne bougeais pas.»

«Il fallait qu'elle mange bien. Qu'elle mange bio»

À la fin de la déposition de Vanessa, l'avocate générale se lève:

Pourquoi vous vous êtes constituée partie civile?
– Parce que c'est le père de ma fille, quoi qu'on en dise et ce qui s'est passé. Il a fallu trouver de l'argent pour l'enterrement et je... Oui, j'estime avoir eu un préjudice.

Me Sandra Gosselin, l'avocate de Céline Vasselin, lui cite les dernières phrases de son audition. Poussée dans ses retranchements, Vanessa concède: «Il était malade.»

En garde à vue dans les locaux du SRPJ de Rouen, Josette avait quant à elle expliqué: «Parfois il est bien et parfois il parle comme un bébé. Il refusait de se faire soigner. Céline lui avait demandé, mais il refusait.»

Une dernière fois, Vanessa insiste: «Il s'occupait très bien de sa fille. Il voulait le top du top» et lâche: «Il fallait qu'elle mange bien. Qu'elle mange bio.»

Elle se souvient que Sliman Amara, du temps où ils étaient ensemble, cachait de l'argent liquide un peu partout, même dans les chaussettes. «Il avait besoin d'avoir de l'argent liquide, pour se dire qu'il était à l'abri du besoin.» Céline Vasselin n'a pas ce souvenir. Pourtant, plusieurs témoins rapportent que Sliman disposait de 38.000 euros en liquide «dans une sacoche bleue Adidas rangée dans sa table de nuit». Cet argent n'a jamais été retrouvé.

«Maman, c'est la sorcière qui donne la pomme empoisonnée»

Dans le box, Céline se penche en avant, pose ses mains sur les cuisses et explose en sanglots: «C'est tellement horrible, ce qui s'est passé.» Rapidement, son ton redevient neutre.

L'avocate générale lui demande soudain: «Monsieur Amara, il portait souvent des lunettes de soleil à l'intérieur? Pourquoi il faisait ça?» Interloquée, Céline Vasselin ne répond rien. L'avocate générale attrape le procès-verbal d'un des artisans ayant travaillé chez eux: «Toute la journée, il gardait ses lunettes de soleil dans la maison, on trouvait ça bizarre.» Ensuite, elle lit à voix haute la notice du Seresta 50 milligrammes. À «effets secondaires», il est écrit: «sensibilité anormale à la lumière».

L'expertise toxicologique effectuée lors de l'autopsie fait état de la présence d'oxazépam, le principe actif du Seresta, dans les cheveux de Sliman Amara. Le rapport note: «La concentration mesurée [...] est compatible avec des prises répétées entre l'été 2017 et fin octobre 2018.»

À la suite d'une décision du juge des enfants, Céline Vasselin n'a plus le droit de voir son fils en détention. L'enfant de 7 ans était trop perturbé par les visites au parloir. Elle ne peut plus lui envoyer qu'un courrier, une fois par mois. On a dit à Céline que le petit se posait beaucoup de questions sur ce qui s'était passé. Qu'il fallait qu'elle lui explique. Alors, elle lui a écrit: «Maman a donné un médicament à Papa et Papa s'est endormi.» Le garçon a réagi: «Ah, Maman c'est la sorcière qui donne la pomme empoisonnée.»

«Méfie-toi de l'eau qui dort»

Jacques Vasselin a son petit-fils dix heures par mois: «On joue beaucoup. On va au parc. On joue au foot, on fait du vélo, on va à la foire.» Il l'appelle «le petit bonhomme» et admet qu'il ne parle pas de sa mère. Sarah, la petite cousine de Sliman, a elle aussi été autorisée par le juge à l'accueillir une journée pendant les vacances scolaires. Quand ils vont à la foire tous les deux, il lui demande doucement: «Tata, est-ce que tu penses que Papa aussi aimait la barbe à papa?» Sarah sourit: «Il a la chance d'être dans une très bonne famille d'accueil.»

À propos de leurs trois enfants, Tony, l'ex-compagnon de Jessica Adam, indique: «Vous dire qu'ils vont bien, ce serait mentir... Ils n'en parlent pas. Je connais mes enfants et ils ont changé de caractère. Ils ont du mal sans leur mère. Ils étaient ensemble 24 heures sur 24.»

Pour la première fois, dans le box des accusées, Jessica laisse tomber les larmes sur sa veste: «Mes enfants, c'est toute ma vie. J'ai fait en sorte qu'ils aient tout ce que je n'avais jamais eu. De l'amour, un père et une mère...» En détention, elle leur envoie des recettes «pour éviter qu'ils ne mangent toujours la même chose». Au début de son incarcération, elle avait demandé une remise en liberté avec assignation à résidence. Elle ne pensait pas qu'elle méritait spécialement de sortir. C'était pour ses enfants: «Je voulais finir leur éducation, dit-elle. Même si on ne la finit jamais vraiment.»

«Ça m'a fait un vide», confie le frère de Sliman à propos de sa disparition. Les dernières années, ils se voyaient en pointillé. «Je pensais le revoir. Je pensais pas que ça finirait comme ça», pleure-t-il. Il aurait voulu l'enterrer en Algérie au pied de la montagne. «Il adorait la montagne.»

À la barre, Inès, la grande sœur de Sliman, se tourne légèrement vers le box des accusées: «J'aimerais leur dire qu'elles ont retiré l'enfant de quelqu'un. Parce qu'elles ont retiré le bébé de la famille. Qu'est-ce que ça leur ferait, à l'intérieur? Parce que nous, c'est ce qu'on ressent.»

Elle veut rappeler une anecdote. Quand Sliman est venu lui rendre visite, dans le sud de la France, avec Céline, ils avaient fait une soirée tous ensemble. Sous les enceintes crachant la musique, Céline avait entamé «une danse endiablée». Elle avait alors regardé Inès droit dans les yeux et lui avait dit en souriant: «Méfie-toi de l'eau qui dort.»

Les experts psychiatres, eux, ont noté à propos de Céline Vasselin: «aucune dangerosité psychiatrique ni criminologique».

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Le samedi 19 novembre 2022, Céline Vasselin et Jessica Adam ont été condamnées respectivement à vingt-deux et dix-sept ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de Sliman Amara. Isabelle a été acquittée. Josette, la mère de Céline Vasselin, mise en examen pour les mêmes faits qu'Isabelle, n'a jamais été jugée: elle est décédée fin novembre 2020.

Le parquet, qui avait requis trente ans et vingt-cinq ans pour Céline Vasselin et Jessica Adam, a fait appel de la décision.


*Le prénom a été changé.

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