Le French design s'invite à l'Élysée
Culture

Le French design s'invite à l'Élysée

Le président de la République l'assure: «On a le droit de revendiquer haut et fort qu'on peut avoir des grands talents français qui rayonnent à travers le monde et qui y sont appréciés. Et devinez quoi? C'est même précisément ce qui fait cet esprit français.»

Le French Design 100 Festival a été lancé par son parrain, Emmanuel Macron, inaugurant officiellement un mois de festivités le 20 janvier au palais de l'Élysée. Une première pour le design français, mais la deuxième édition de ce prix au profil unique. Il n'ambitionne pas de couronner le meilleur du design français, mais plutôt de mettre à l'honneur ces talents hexagonaux du design de mobilier, d'objet ou de l'architecture d'intérieur qui font rayonner la France à l'étranger. Cent studios ou designers, sans prétention de classement, ont ainsi été choisis par un jury international. De Buenos Aires à New York, une pléiade d'institutions de référence dans les domaines du design et des arts décoratifs assure le relais de l'événement.

Un regard extérieur crucial, dans lequel on peut deviner quelques-unes des clefs de la réussite de certains lauréats au-delà de nos frontières. Selon qu'ils viennent de Tokyo, de Londres ou de Los Angeles, les jurés évaluent d'un regard différent les valeurs, les savoir-faire, l'esthétique des projets présentés. Un sous-texte d'importance sur ce marché qui, selon les chiffres de l'Ameublement français, connaît une croissance mondiale de 7% par an.

Philippe Starck, invité d'honneur de l'événement, assure que le design français possède tous les atouts nécessaires pour tirer son épingle du jeu mondial... à condition de fournir un effort supplémentaire pour «s'ouvrir au monde». «L'esprit français, analyse le designer-star dont le travail ne connaît aucune frontière, est basé sur la rigueur et l'esprit critique. Comment exporter le design français dans le monde? Il faut que les choses soient intelligentes, honnêtes et durent.»

Près de quatre années ont été nécessaires à Aki et Arnaud Cooren pour mettre au point cette technique: une étoffe de lin brut moulée au sable dans de l'aluminium pour y laisser son empreinte en reliefs uniques, ensuite teints afin de perfectionner le rendu. L'illusion est parfaite. La prouesse technique et la réussite esthétique leur ont valu plusieurs accolades depuis l'introduction du premier prototype. Une collection complétée au fil des ans de plusieurs pièces exceptionnelles par le couple franco-japonais, et aujourd'hui récompensée dans son intégralité.
A+A Cooren, Tiss-Tiss ©Carpenters Workshop Gallery

Près de quatre années ont été nécessaires à Aki et Arnaud Cooren pour mettre au point cette technique: une étoffe de lin brut moulée au sable dans de l'aluminium pour y laisser son empreinte en reliefs uniques, ensuite teints afin de perfectionner le rendu. L'illusion est parfaite. La prouesse technique et la réussite esthétique leur ont valu plusieurs accolades depuis l'introduction du premier prototype. Une collection complétée au fil des ans de plusieurs pièces exceptionnelles par le couple franco-japonais, et aujourd'hui récompensée dans son intégralité.

Albertine est l'une des «Assises du temps perdu», première collection de mobilier d'Anthony Guerrée qui lui a été inspirée par des personnages de Marcel Proust. Formé à l'École Boulle («où le design s'envisage inévitablement au prisme des métiers d'art»), le jeune designer revendique un équilibre entre tradition et innovation. Passé par le Japon pour collaborer avec un maître verrier, ainsi que par les studios d'Andrée Putman et de Christophe Delcourt, son galop d'essai en solo n'est pas passé inaperçu.
Anthony Guerrée, Albertine Chair ©Roland Tisserand

Albertine est l'une des «Assises du temps perdu», première collection de mobilier d'Anthony Guerrée qui lui a été inspirée par des personnages de Marcel Proust. Formé à l'École Boulle («où le design s'envisage inévitablement au prisme des métiers d'art»), le jeune designer revendique un équilibre entre tradition et innovation. Passé par le Japon pour collaborer avec un maître verrier, ainsi que par les studios d'Andrée Putman et de Christophe Delcourt, son galop d'essai en solo n'est pas passé inaperçu.

À Minorque aux Baléares, l'Atelier du Pont a imaginé l'architecture intérieure de l'hôtel Son Blanc dans le respect des traditions locales. Un lieu écologique et en quasi-autonomie, une exploitation agricole «nouvelle génération» qui proposera à ses hôtes une expérience au plus proche de la nature. Ce nouveau défi a été relevé par Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier, les deux associés fondateurs de ce studio d'architecture dont le succès comme la curiosité ne se démentent pas: «Au départ, nous étions trois. C'était en 1997. Aujourd'hui, nous sommes quarante, avec des personnes venues de tous les horizons, avec ou sans bagage.»
Atelier du Pont, Hôtel Son Blanc ©Atelier du Pont

À Minorque aux Baléares, l'Atelier du Pont a imaginé l'architecture intérieure de l'hôtel Son Blanc dans le respect des traditions locales. Un lieu écologique et en quasi-autonomie, une exploitation agricole «nouvelle génération» qui proposera à ses hôtes une expérience au plus proche de la nature. Ce nouveau défi a été relevé par Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier, les deux associés fondateurs de ce studio d'architecture dont le succès comme la curiosité ne se démentent pas: «Au départ, nous étions trois. C'était en 1997. Aujourd'hui, nous sommes quarante, avec des personnes venues de tous les horizons, avec ou sans bagage.»

Formée à l'architecture, au design industriel, de mobilier et au graphisme, India Mahdavi, grande dame du design français, distille son style unique dans le monde depuis trois décennies. Pour concocter la facétieuse collection «Bugs Bunny», elle s'est associée à Lison de Caunes (petite-fille d'André Groult, auteur de la mythique commode anthropomorphe de 1925). La table That's All Folks, issue de leur collaboration, conjugue l'art délicat de la marqueterie de paille et l'élégance des proportions.
India Mahdavi, That's All Folks Coffee Table ©Simone Bossi

Formée à l'architecture, au design industriel, de mobilier et au graphisme, India Mahdavi, grande dame du design français, distille son style unique dans le monde depuis trois décennies. Pour concocter la facétieuse collection «Bugs Bunny», elle s'est associée à Lison de Caunes (petite-fille d'André Groult, auteur de la mythique commode anthropomorphe de 1925). La table That's All Folks, issue de leur collaboration, conjugue l'art délicat de la marqueterie de paille et l'élégance des proportions.

C'est un amoureux des savoir-faire, qu'il sait valoriser à travers ses collaborations très diverses et internationales, remettant l'artisanat et le geste au cœur de la production d'objets d'intérieur. Samuel Accoceberry avoue attacher «une importance particulière à la belle facture ainsi qu'à la place de l'humain dans le projet, que cela soit avec une structure artisanale ou une entreprise industrielle». Sa lampe Rigel a été réalisée en collaboration avec le ferronnier d'art Bruce Cecere, son associé dans la marque SB26. L'utilisation de pâte de verre texturée et moulée avec sources LED et d'un réflecteur en tôle polie irisée leur a permis de «sculpter et décomposer la lumière à la fois».
Samuel Accoceberry, Rigel, ©SB26

C'est un amoureux des savoir-faire, qu'il sait valoriser à travers ses collaborations très diverses et internationales, remettant l'artisanat et le geste au cœur de la production d'objets d'intérieur. Samuel Accoceberry avoue attacher «une importance particulière à la belle facture ainsi qu'à la place de l'humain dans le projet, que cela soit avec une structure artisanale ou une entreprise industrielle». Sa lampe Rigel a été réalisée en collaboration avec le ferronnier d'art Bruce Cecere, son associé dans la marque SB26. L'utilisation de pâte de verre texturée et moulée avec sources LED et d'un réflecteur en tôle polie irisée leur a permis de «sculpter et décomposer la lumière à la fois».

Dans la Revue des Deux Mondes, en mai 1877, apparaît un mystérieux arbre dont les fleurs seraient «blanches le matin, jaunes à midi, rouges le soir et mortes de lendemain». Un poétique mythe qui a inspiré à Sophie Gelinet et Cedric Gepner le nom de Studio HAOS, leur jeune studio né en 2017. Toujours focalisée sur les spécificités des techniques artisanales et autoéditée en série limitée, leur troisième collection fait la part belle au chêne et au bronze. Ils revendiquent un héritage des Arts décoratifs français, engagés dans la poursuite «d'une forme intemporelle, presque ascétique de beauté».
Studio HAOS, 3e Collection ©François Coquerel

Dans la Revue des Deux Mondes, en mai 1877, apparaît un mystérieux arbre dont les fleurs seraient «blanches le matin, jaunes à midi, rouges le soir et mortes de lendemain». Un poétique mythe qui a inspiré à Sophie Gelinet et Cedric Gepner le nom de Studio HAOS, leur jeune studio né en 2017. Toujours focalisée sur les spécificités des techniques artisanales et autoéditée en série limitée, leur troisième collection fait la part belle au chêne et au bronze. Ils revendiquent un héritage des Arts décoratifs français, engagés dans la poursuite «d'une forme intemporelle, presque ascétique de beauté».

La célèbre agence d'architecture et de design RDAI, fondée en 1972 par Rena Dumas et dirigée par Denis Montel et Julia Capp, n'aborde pas moins de soixante-dix projets internationaux par an. Lauréate du FD100, la console Arca 88,1 décline des codes architecturaux propres à son ADN et dévoile un surprenant secret: grâce à une technologie qui permet de mettre la pierre en forme, elle est fabriquée en résidus de pierre de travertin. Arca 88,1 (88,1% de ses matériaux sont recyclés) est éditée par la maison française Noma, réputée pour ses objets d'exception fabriqués à partir de matières recyclées et biosourcées.
RDAI, Arca Console ©Studio SwissMiss

La célèbre agence d'architecture et de design RDAI, fondée en 1972 par Rena Dumas et dirigée par Denis Montel et Julia Capp, n'aborde pas moins de soixante-dix projets internationaux par an. Lauréate du FD100, la console Arca 88,1 décline des codes architecturaux propres à son ADN et dévoile un surprenant secret: grâce à une technologie qui permet de mettre la pierre en forme, elle est fabriquée en résidus de pierre de travertin. Arca 88,1 (88,1% de ses matériaux sont recyclés) est éditée par la maison française Noma, réputée pour ses objets d'exception fabriqués à partir de matières recyclées et biosourcées.

Le «design élémentaire» de Normal Studio fait florès depuis quinze ans. Qu'ils dessinent des objets de grande consommation (Tefal, Schneider Electric, SEB) ou s'aventurent dans la conception de pièces plus rares (Manufacture de Sèvres, Édition Nouveaux Objets / ENO), Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï ont le design sûr et dépourvu de poudre aux yeux. En témoigne la table basse Hippodrome qu'ils ont signée pour Hermès, mettant en valeur les savoir-faire de la vénérable maison de luxe tout autant que leur propre œil, impeccable, pour les proportions et le juste emploi des matériaux.
Normal Studio, Hippodrome d'Hermès Coffee Table ©Maxime Tetard, Normal Studio

Le «design élémentaire» de Normal Studio fait florès depuis quinze ans. Qu'ils dessinent des objets de grande consommation (Tefal, Schneider Electric, SEB) ou s'aventurent dans la conception de pièces plus rares (Manufacture de Sèvres, Édition Nouveaux Objets / ENO), Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï ont le design sûr et dépourvu de poudre aux yeux. En témoigne la table basse Hippodrome qu'ils ont signée pour Hermès, mettant en valeur les savoir-faire de la vénérable maison de luxe tout autant que leur propre œil, impeccable, pour les proportions et le juste emploi des matériaux.

Comme une œuvre d'art, la chaise Rope a fait ses débuts à la Bourse de commerce rénovée. Rien de surprenant: c'est aux incontournables frères Erwan et Ronan Bouroullec que François Pinault a confié l'aménagement intérieur, extérieur et le mobilier de sa nouvelle institution culturelle à Paris. Éditée par la marque finlandaise Artek, la Rope est «un dessin en trois dimensions, un simple geste tracé dans l'espace». Le cordage marin détourné permet une flexibilité littérale à l'usage: la chaise suit les mouvements imprimés par le corps de l'utilisateur.
Bouroullec, Rope Chair ©Studio Bouroullec

Comme une œuvre d'art, la chaise Rope a fait ses débuts à la Bourse de commerce rénovée. Rien de surprenant: c'est aux incontournables frères Erwan et Ronan Bouroullec que François Pinault a confié l'aménagement intérieur, extérieur et le mobilier de sa nouvelle institution culturelle à Paris. Éditée par la marque finlandaise Artek, la Rope est «un dessin en trois dimensions, un simple geste tracé dans l'espace». Le cordage marin détourné permet une flexibilité littérale à l'usage: la chaise suit les mouvements imprimés par le corps de l'utilisateur.

La deuxième collection de Raphaël Le Berre et Thomas Vevaud, «Empreinte», est un hommage aux «savoir-faire de l'artisanat français» qui résulte de leur passion commune pour «les matériaux nobles et l'artisanat d'art». Une activité que les deux designers considèrent comme une extension naturelle de l'activité d'architecture intérieure de leur agence. Le banc Goa qui en est issu est fabriqué en France. Son design d'inspiration Art déco et moderniste, précise le duo de designers, propose un jeu de «textures qui cultivent les contraires», dans un esprit «brutaliste mais précieux».
Le Berre, Vevaud, Goa Banc ©Paul Blind

La deuxième collection de Raphaël Le Berre et Thomas Vevaud, «Empreinte», est un hommage aux «savoir-faire de l'artisanat français» qui résulte de leur passion commune pour «les matériaux nobles et l'artisanat d'art». Une activité que les deux designers considèrent comme une extension naturelle de l'activité d'architecture intérieure de leur agence. Le banc Goa qui en est issu est fabriqué en France. Son design d'inspiration Art déco et moderniste, précise le duo de designers, propose un jeu de «textures qui cultivent les contraires», dans un esprit «brutaliste mais précieux».

Le Club est une proposition contemporaine et minimaliste du bon vieux fauteuil club, imaginé par l'un des meilleurs ambassadeurs du design français dans le monde. Jean-Marie-Massaud dessine autant des objets industriels et pièces en série limitée que des projets d'architecture (le stade de Guadalajara au Mexique) ou des véhicules (la Me.We de Toyota, ou même un sous-marin!). De la poignée de porte au flacon de parfum en passant par le service de table de la Business d'Air France, il dit rechercher «une voie honnête, généreuse [...], avec l'idée qu'entre les données économiques dures, il y a des utilisateurs. Des personnes.»
Jean-Marie Massaud, Le Club ©Jean-Marie Massaud

Le Club est une proposition contemporaine et minimaliste du bon vieux fauteuil club, imaginé par l'un des meilleurs ambassadeurs du design français dans le monde. Jean-Marie-Massaud dessine autant des objets industriels et pièces en série limitée que des projets d'architecture (le stade de Guadalajara au Mexique) ou des véhicules (la Me.We de Toyota, ou même un sous-marin!). De la poignée de porte au flacon de parfum en passant par le service de table de la Business d'Air France, il dit rechercher «une voie honnête, généreuse [...], avec l'idée qu'entre les données économiques dures, il y a des utilisateurs. Des personnes.»

Déjà vingt ans que le design de Guillaume Delvigne, qui a notamment fourbi ses armes auprès de Marc Newson avant de lancer son studio en 2011, séduit le marché hexagonal comme étranger. C'est pour l'éditeur Pierre Frey qu'il a imaginé «Litho» («pierre» en grec ancien), une collection de tapis et assises créées autour d'un habile assemblage de volumes, s'appuyant sur les savoir-faire spécifiques au groupe Frey. Un séduisant «paysage primitif», décrit le designer, dessiné par de «grandes formes massives et sculptées à l'aspect poli presque minéral».
Guillaume Delvigne, Litho Collection ©Pierre Frey

Déjà vingt ans que le design de Guillaume Delvigne, qui a notamment fourbi ses armes auprès de Marc Newson avant de lancer son studio en 2011, séduit le marché hexagonal comme étranger. C'est pour l'éditeur Pierre Frey qu'il a imaginé «Litho» («pierre» en grec ancien), une collection de tapis et assises créées autour d'un habile assemblage de volumes, s'appuyant sur les savoir-faire spécifiques au groupe Frey. Un séduisant «paysage primitif», décrit le designer, dessiné par de «grandes formes massives et sculptées à l'aspect poli presque minéral».

Des graines comme vous n'en avez jamais vues
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