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Réforme territoriale: pour qui voteront les nouvelles régions françaises?

Jean-Laurent Cassely et Julien Jégo, mis à jour le 04.06.2014 à 21 h 17

Le nouveau découpage «noie» autant de régions de gauche dans des ensembles penchant à droite que l'inverse.

Carte du vote à la présidentielle 2012 dans les régions «ancienne formule» et «nouvelle formule»: Julien Jégo.

Carte du vote à la présidentielle 2012 dans les régions «ancienne formule» et «nouvelle formule»: Julien Jégo.

L'Elysée a publié sur son site, lundi 2 juin dans la soirée, la carte des nouvelles régions françaises, qui passeront de 22 à 14 en métropole. L'un des enjeux sera de savoir comment ces tripatouillages cartographiques influenceront les futures élections régionales, qui seront reportées de mars à l'automne 2015, a annoncé le président.

Cliquez sur la carte ci-dessous pour accéder aux justifications du redécoupage sur le site de l'Elysée

Pour juger du possible rapport de force dans les futures super-régions, voici d'abord la carte du résultat des régionales de 2010, cru historique pour le PS: trois ans après l'élection de Nicolas Sarkozy, le parti avait manqué le grand chelem en France métropolitaine d'une région, l'Alsace, restée à droite. En Languedoc-Roussillon, c'est le dissident George Frêche qui avait remporté la région, restée de fait à gauche.

Voici à présent le rapport de force, toujours favorable à la gauche, lors de l'élection présidentielle de 2012 et la victoire de François Hollande –l'élection qui permet les comparaisons les plus complètes, puisque les candidats y sont les mêmes et qu'il n'y en a que deux au second tour. À noter que le candidat socialiste était arrivé en tête dans cinq régions (Basse-Normandie, Bourgogne, Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire et Picardie) en y réalisant un score inférieur à sa moyenne nationale (51,64%), ce qui indique qu'en moyenne des régions «penchent» plutôt à droite.

Notre carte ci-dessous, qui prend en compte le nouveau découpage annoncé par l'Elysée, réduisant de 22 à 14 le nombre de régions, se base uniquement sur le rapport de force existant au soir du second tour de la précédente élection présidentielle. Depuis, les municipales sont passées par là, et avec elles une défaite historique du PS: le parti et ses alliés ont perdu en mars 2014 10 villes de plus de 100.000 habitants, et pas moins de 61 villes de plus de 30.000 habitants et préfectures (certaines préfectures de département comptant moins de 30.000 habitants).

Le Centre, désormais fusionné avec Poitou-Charentes et le Limousin, et la Franche-Comté, qui rejoint la Bourgogne, sont les deux régions qui donnaient une majorité de voix à Nicolas Sarkozy en 2012 et seraient désormais intégrées à des super-régions de gauche –d'extrême justesse dans le deuxième cas, avec un score de 50,02% pour François Hollande, bien inférieur à sa moyenne nationale, et donc susceptible de basculer aisément en cas de retour de balancier national.

En revanche, la Picardie, qui va rejoindre Champagne-Ardenne, serait intégrée à un ensemble penchant vers la droite, tout comme au sud l'Auvergne, qui fusionnera avec Rhône-Alpes.

Les autres nouveaux ensembles regrouperaient eux deux régions votant à droite en 2012 (Alsace et Lorraine) ou à gauche (Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, Basse et Haute-Normandie). Mais la fusion des deux Normandie est électoralement précaire pour la gauche, qui y recueillait 51,75% des voix il y a deux ans, à peine plus que sa moyenne nationale.

Un autre paramètre à surveiller, évidemment, est le score du FN dans ses futurs grands ensembles. Pour cela, nous nous sommes basés sur les résultats des listes du parti aux européennes du 25 mai dernier, là encore un scrutin avec une offre politique relativement uniformisée dans les régions. Le FN obtiendrait son meilleur score dans l'ensemble Champagne-Ardenne-Picardie, avec 35,57% des voix. Il dépasserait ainsi de peu son score du Nord-Pas-de-Calais, région aux limites inchangées qui donnait 35,16% au parti de Marine Le Pen le 25 mai.

La Champagne-Ardenne et la Picardie faisaient partie des régions où le parti frontiste avait atteint, en triangulaire, le second tour des régionales 2010, recueillant respectivement 17,18% et 19,30% des voix.

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