La compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, a publié, mardi 12 juin en fin de matinée, un tweet de soutien à Olivier Falorni, le candidat dissident opposé en duel à Ségolène Royal au second tour des législatives à La Rochelle:
«Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé.»
Après 24 heures de silence, la première dame vient d'envoyer un tweet mystérieux: un lien vers une brève de Rue89, qui reprend un article du Monde.fr. Cet article affirme que Valérie Trierweiler a demandé au site d'ôter du portfolio making-of de la séance photo officielle de François Hollande les photographies où on la voit (ce que le site n'a pas fait). Tweet d'autant plus mystérieux qu'il a été transformé via un raccourcisseur d'URL, c'est à dire qu'on ne sait pas vers quoi il mène avant de cliquer dessus.
Valérie Trierweiler disait il y a quelques mois à Femme actuelle que François Hollande lui faisait «absolument confiance, sauf sur [s]es tweets!», et un petit tour sur sa timeline Twitter (elle s'est inscrite au réseau social le 3 septembre 2011) montre que ce n'est pas la première fois qu'elle fait dans le tweet politique ou polémique (1). Pour ceux que ça intéresse, cliquez sur ce lien pour voir la timeline entière de Valérie Trierweiler en une photo.
Valérie, François et Ségolène
La compagne de François Hollande a commencé à tweeter pendant la dernière ligne droite de la primaire socialiste, début septembre 2011.
Le 12 octobre, dès le ralliement de Ségolène Royal à François Hollande pour le deuxième tour, elle lui rend hommage publiquement:
«Hommage à Ségolène Royal pour son ralliement sincère, désintéressé et sans ambiguïté. @fhollande»
Le 2 octobre, François Hollande était le premier invité de Marc-Olivier Fogiel dans sa nouvelle émission, «Face à l'actu». Fogiel l'interroge alors pendant plusieurs minutes sur ses rapports avec Ségolène Royal, revenant entre autres sur la poignée de mains entre les deux lors du débats des candidats à la primaire, ce que Valérie Trierweiler apprécie peu:
Trierweiler enchaîne:
«"Je ne parle pas de ma vie privée " Marc-Olivier Fogiel. Alors merci de respecter celle des autres.»
Elle faisait sans doute référence à une interview de Fogiel publiée le matin même par Le Parisien, où il expliquait ne pas médiatiser sa vie privée.
Toujours dans la même émission, l'animateur demande à Hollande si Valérie Trierweiler lui demande son avis avant de tweeter, ou s'ils en discutent, faisant référence à un tweet de sa compagne du 13 septembre:
Question de Fogiel:
«Je voulais savoir si elle vous avait posé la question avant? [...] Elle vous a demandé par exemple avant de faire ça, tout ça est réfléchi, ensemble?»
Et Hollande répond:
«Non elle n'a pas à me demander mais la phrase est belle, et elle est juste. Mieux vaut être heureux dans sa vie si on veut être pleinement utile aux Français, quand on a choisi la politique. Mais d'ailleurs c'est vrai pour l'ensemble de la vie professionnelle.»
Dans la foulée, Valérie Trierweiler confirme dans un nouveau tweet, qui résonne ironiquement aujourd'hui:
Le lendemain, Valérie Trierweiler retweete un journaliste médias donnant les mauvais chiffres d'audience de Fogiel, sans autre commentaire.
Les soutiens politiques
Avant d'apporter son soutien à Olivier Falorni, Valérie Trierweiler n'avait soutenu que deux autres politiques, de manière beaucoup plus consensuelle: elle a félicité Frédérique Espagnac, l'ancienne attachée de presse de François Hollande élue sénatrice. Et quand l'UMP Alain Marleix a traité le Vert Jean-Vincent Placé de «coréen national», elle a qualifié l'attaque d'«ignominie» et déclaré que nous étions tous des «Coréens nationaux».
Les tweet-clashs politiques
Jusque-là, @valtrier tweet-clashait politique, certes, mais pas au sein du parti de son compagnon. Elle a ainsi reproché à Jean-Luc Mélenchon une «basse polémique» quand il l'a accusée de l'avoir piégé en train de parler avec Marine Le Pen; a estimé que le meilleur surnom de cette dernière était «Jean-Marine Le Pen», qui lui a été attribué par Jamel Debbouze dans un spectacle; a participé aux nombreuses condamnations de Christian Vanneste après ses propos sur la déportation des homosexuels, l'accusant d'insulter «la mémoire de notre pays»; et, le jour de l'annonce de Jean-Pierre Chevènement de sa candidature à la présidentielle, le 6 novembre 2011, a pris part au jeu sur Twitter de transformer des titres de films célèbres avec son nom:
«"Le bon, la brute et le Chevènement". Avec quelques idées sur le casting ...»
Les tweets culturels pris pour des tweets politiques
En octobre 2011, soit bien avant que Valérie Trierweiler prenne la décision de continuer le journalisme, culturel et pas politique, après l'élection de François Hollande, il n'était déjà pas facile de démêler le culturel du politique.
Elle en a fait l'expérience en tweetant, lors d'une insomnie la veille des résultats du second tour de la primaire socialiste, une phrase de Tennessee Williams: «On m'a dit de prendre un tramway nommé Désir, puis de changer pour un autre appelé cimetière...». Avant de rapidement enchaîner:
Les tweets de campagne, beaucoup plus consensuels
Elle a de nombreuses fois évoqué la campagne de la primaire socialiste, dans des tweets parfois un peu obscurs:
Puis, le jour du premier tour, le 9 octobre, plus sérieusement et sobrement. Une semaine plus tard, la victoire de son compagnon est saluée d'un «Quelle histoire ! Quelle histoire !!!», référence à la réaction de François Mitterrand à la nouvelle de sa victoire lors de la présidentielle de 1981.
Pendant la campagne présidentielle, on notera notamment son effort pour faire inscrire les jeunes sur les listes électorales en décembre, avec pas moins de cinq tweets, et trois retweets.
Les tweets de Première dame-journaliste
Valérie Trierweiler refuse l'appelation de Première dame (et on peut la comprendre, vu le flou qui entoure le terme) et revendique de continuer sa carrière de journaliste. Mais la limite entre la compagne du président (ou, du candidat à la présidentielle) et la journaliste est floue, ce qui se reflète dans de nombreux tweets.
En tant que journaliste, elle a ainsi parlé régulièrement de ses émissions sur Direct 8 ou des articles de ses confrères et consoeurs de Paris Match.
En tant que Première dame, elle a rendu hommage à Danielle Mitterrand, prédécesseure dont elle a ensuite dit qu'elle s'inspirerait, remercié les soutiens qu'elle a reçu quand Lionnel Luca l'a renommée «Rottweiler», ou dit l'air de rien qu'elle n'avait pas envie d'acheter de la farine pour la Chandeleur, après l'enfarinage d'Hollande.
Enfin, la journaliste-Première dame a aussi répondu à des articles sur son statut, pour rappeler que «nous avons changé d'époque et de générations...», et à la publication par son magazine Paris Match de photo d'elle en une. Elle a soutenu sa consoeur Audrey Pulvar, en couple avec un autre politique, Arnaud Montebourg, après que Jacques Séguéla l'a traitée de «salope».
Elle a aussi fait une tweet-critique d'une pièce de théâtre anti-Sarkozy et répondu à celui qui était alors encore le chef de l'Etat pour souligner son indépendance journalistique.
Et dans un combo journaliste-première dame-Ségolène, Valérie Trierweiler a critiqué en trois tweets le livre de Serge Raffy, François Hollande. Itinéraire secret, regrettant «de nombreuses erreurs», dont le fait d'être présentée «comme amie de l'ex couple. Totalement faux», et félicitant le journaliste pour «ses talents de romancier; ou l'art d'inventer quand on sait pas».
C.D.
Les tweets retranscrits ont été parfois réécrits pour un usage plus orthodoxe de la ponctuation. Retour à l'article.