France

DCRI: les révélations de Bernard Squarcini sur Mohamed Merah

Temps de lecture : 2 min

Bernard Squarcini en 2008. REUTERS/Philippe Wojazer
Bernard Squarcini en 2008. REUTERS/Philippe Wojazer

Alors que certains commencent à se demander si les renseignements français n’aurait pas dû repérer la dangerosité de Mohamed Merah, le principal suspect dans les tueries de Toulouse et de Montauban, avant son passage à l’acte, le Directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, s’exprime pour la première fois sur l’affaire dans une longue interview publiée par Le Monde dans son édition du vendredi 23 mars.

Le patron de la DCRI comprend que la question soit posée, et avoue même que les services de renseignements se la posent aussi:

«Nous nous posons forcément la question: est-ce qu'on aurait pu faire différemment? Est-ce qu'on a raté quelque chose? Est-ce qu'on a été assez vite?»

Mais selon lui, il était impossible de retrouver la piste du tueur avant la troisième attaque pour la simple et bonne raison que «lui-même n'avait d'ailleurs pas prévu d'attaquer l'école juive lundi matin», selon les déclarations de Mohamed Merah aux négociateurs du Raid.

Autre élément nouveau, Bernard Squarcini explique que le suspect a demandé à parler au policier de la direction régionale du renseignement intérieur (DRRI) de Toulouse qui l'avait interrogé en novembre 2011, à son retour du Pakistan, en qui il avait confiance et à qui il aurait dit:

«De toute façon, je devais t'appeler pour te dire que j'avais des tuyaux à te donner, mais en fait, j'allais te fumer.»

Le patron de la DCRI confirme aussi une hypothèse maintes fois évoquée: Mohamed Merah s’est radicalisé «tout seul», et non pas sous l’influence de groupes salafistes dans son quartier ou en prison. S’il est bien allé s’entraîner au Waziristan (zone tribale du Pakistan), il s’agissait d’un «entraînement particulier» menée par «une seule personne» et non pas d’un des camps d’endoctrinement de la région.

Bernard Squarcini évoque aussi un voyage qui amène le suspect chez son frère au Caire, mais aussi «au Proche-Orient: Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, et même Israël». Interrogé sur les raisons pour lesquelles Mohamed Merah se trouvait sur la no fly list américaine comme l’ont révélé CNN et le Wall Street Journal, il répond que c’est «probablement parce qu'il a été contrôlé à Kandahar».

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