Culture

Mort de Junior Murvin, l'auteur du tube reggae «Police & Thieves», repris par le Clash en 1977

Temps de lecture : 2 min

Si vous avez un jour écouté le premier album du Clash, son nom ne vous était peut-être pas inconnu, et sa musique sûrement pas: Junior Murvin, l'auteur du single Police & Thieves, repris par le groupe britannique en 1977, est mort, lundi 2 décembre, à Port Antonio (Jamaïque).

Selon le Jamaican Observer, il avait été admis à l'hôpital la semaine dernière pour des problèmes de diabète et d'hypertension. Il avait 64 ans.

Produit par la légende du reggae Lee «Scratch» Perry, Police & Thieves était sorti, dans sa version originale, en 1976 et avait atteint cette année-là la 23e place des charts au Royaume-Uni. Comme l'explique le quotidien britannique The Independent, la chanson était en effet devenue immensément populaire de l'autre côté de la Manche, au point d'être «étroitement associée au carnaval de Notting Hill à Londres, qui s'est conclu en émeute» cette année-là, et allait d'ailleurs inspirer White Riot, le premier single du Clash.

D'après le Jamaican Observer, le morceau «était si populaire que la police du pays l'avait banni des radios», clamant que ses paroles guerrières («Police and thieves in the street (oh yeah)/Fighting the nation with their guns and ammunition») «incitaient à la violence une jeunesse frondeuse».

Un an plus tard, en reprenant la chanson, Joe Strummer transformera le reggae tout en falsetto de Junior Murvin («Il peut chanter aussi haut que ce toit», lancera le chanteur du Clash au public lors de la première tournée américaine du groupe) en blues cisaillé et coléreux. Et il en amendera aussi légèrement les paroles en ajoutant une phrase avant le début du morceau, «They're going through a tight wind», en hommage au Blitzkrieg Bop des Ramones.

«C'était vraiment la première fois qu'un type blanc essayait de reprendre un tube reggae», expliquera Strummer à un de ses biographes. Cette reprise restera un des premiers exemples de ce qu'on appellera parfois le «Jah Punk», l'accouplement du punk et du reggae, dont le Clash donnera d'autres brillants exemples par la suite. Elle sera appréciée notamment de Bob Marley, qui allait écrire Punky Reggae Party après l'avoir entendue, comme un autre trait d'union entre deux genres:

«I'm sayin'
The Wailers will be there
The Damned, The Jam, The Clash
Maytals will be there
Dr. Feelgood too.»

Jean-Marie Pottier

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