Culture

Goncourt: qui est qui sur la photo de chez Drouant?

Temps de lecture : 2 min

Chaque année, c'est la même chose. Un lauréat au milieu d'une forêt de micros.

Le 4 novembre 2013 chez Drouant, à Paris. REUTERS/Benoit Tessier
Le 4 novembre 2013 chez Drouant, à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

Tous les ans ressurgit une photo semblable lors de l'annonce du prix Goncourt, chez Drouant à Paris, dans le 2e arrondissement. Un écrivain qui croit arriver au paradis et se retrouve désemparé face à des journalistes aussi excités qu'à Cannes (c'est rare pour la littérature, c'est notable), et manque de se griller les rétines sous le coup des flashs:

De haut en bas, les Goncourt de Michel Houellebecq, Alexis Jenni, Jérôme Ferrari. Par REUTERS

Voici ce que l'on peut voir sur ces photos.

En l'occurrence cette année:

1. Le lauréat. Son nom est annoncé à 12h45 et il se tient souvent prêt à arriver, pas trop loin de chez Drouant. De fait, Pierre Lemaitre est arrivé assez vite. Sur la photo, il est environ 13h45: il est déjà étouffé par les journalistes depuis plusieurs longues minutes et livre quelques mots sur le prix, sa joie, son bonheur, son extase et son roman.

2. A la droite du lauréat, Edmonde Charles-Roux. Membre de l'Académie Goncourt depuis 1983, elle en est présidente depuis 2002.

3. A sa gaucge, Philippe Claudel, qui a intégré l'Académie Goncourt en janvier 2012 au couvert de Jorge Semprún.

4. Les journalistes des titres jugés les plus influents par Marie Dabadie, secrétaire du Goncourt, qui laissait ou non entrer dans la salle, sont arrivés les premiers. Le Figaro, Le Point, L’Express… Ici, Pierre Vavasseur, du Parisien.

5. Certains journalistes ont dû attendre tranquillement dans le couloir: les cinq premières minutes et quelques journalistes passés, plus personne n'entrait. Pas même Francis Esménard, éditeur de Pierre Lemaitre (chez Albin Michel) et qui s’indignait au rez-de-chaussée «J’ai perdu mon lauréat!» et «Je suis attendu», tandis qu’une serveuse du restaurant lui assurait: «Personne ne passe.» Ici, David Caviglioli de Bibliobs.

6. Les tableaux accrochés aux murs de la salle, bousculés par les journalistes, tanguent.

7. Quand le lauréat et les journalistes entrent dans la salle, le couvert est mis. Et aussitôt que ces derniers seront partis, ils pourront se jeter sur les coquilles saint-jacques («Je ne veux plus entendre parler que de coquilles saint-jacques!», clamait Bernard Pivot vers 13h50, alors que les journalistes lui demandaient encore de commenter le livre du lauréat). Mais au cours de l’échange avec la presse, quelques verres sont toujours brisés dans la bousculade.

8. La presse arrive par une porte derrière le lauréat, qui tourne donc le dos aux derniers journalistes entrés. Ils hurlent «Pierre, Pierre» pour que le gagnant se retourne et se retrouve face caméra. Cette année, ils hurlaient aussi «est-ce que c'est pire que dans les tranchées?!» en allusion au roman, qui commence à la fin de la Première Guerre mondiale.

9. Les agences de presse, (AFP, Sipa, ici Reuters...) se débrouillent toujours pour être à l’opposé et avoir de la distance pour faire leur photo, le lauréat tourné vers ses convives jurés.

10. Le petit bout d’œil qui dépasse, c’est Slate.

C.P.

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