Culture

L'Hallelujah de Susan Boyle, une guimauve de Noël (chrétien)

Temps de lecture : 2 min

C'est Maura Johnston qui a commencé en crucifiant la reprise de Hallelujah par Susan Boyle dans The Village Voice. Aux Etats-Unis cette année, les reprises de la chanson de Leonard Cohen se sont succédées, plus sirupeuses les unes que les autres. Mais celle de Boyle,transformée en chanson de Noël gnagnan remporte le trophée dans la catégorie «soupe», grâce à sa scansion appuyée de chaque mot des couplets, d'après la journaliste.

Pire, à cause de cette version, les tenants d'un Noël chrétien reprennent Hallelujah à leur compte, d'après Mike Barthel sur The Awl. Le chroniqueur cite un commentaire de l'article du Village Voice, selon lequel «Susan Boyle fait revenir le Christ dans la fête de Noël»:

«...les mots du couplet ne comptent pas, car le mot Hallelujah veut dire "gloire à Dieu" [...] The Gift est un album de Noël [...] et dedans, Susan Boyle chante les louanges de Dieu. [...] La chanson Hallelujah, avec la vraie signification du terme, n'est qu'une des composantes de ce projet.»

Une absurdité complète, pour Mike Barthel, qui montre bien que Susan Boyle vide la chanson de son sens. Elle appuie les références à la Bible tout en zappant des morceaux clés des couplets, comme «it's a cold and it's a broken Hallelujah» - la clé de la chanson, pour le journaliste, qui lui donnait justement tout ce «sentiment de mélancolie».

«Cohen lui-même a explicité le sens de la chanson comme traitant des nombreux "hallelujah" différents qu'il peut y avoir, une explication dans laquelle personne ne notera le mot "Jésus". »

Susan Boyle ne garde que le sens chrétien du mot «hallelujah» dans sa chanson de Noël, alors que le sens authentique de la chanson recoupe plusieurs sortes de transcendances. L'auteur cite notamment la joie, le triomphe ou encore l'orgasme, sensibles dans des versions plus sexy de la chanson, comme celles de Rufus Wainwright et de Jeff Buckley:

Dans la chanson initiale, les allusions à la Bible concernent l'Ancien Testament. Mais les reprises successives ont fini par l'oublier:la chanson inspirée de références juives a fini par devenir «proto-chrétienne». Sur le plateau d'American Idol, cette année, en tous cas, la chanson penchait plus vers le glamour que vers la liturgie:

Alors,dénaturée ou pas, l'Hallelujah de Noël? A en croire les commentaires sur les sites Idolator ou encore About.com, les fans s'en tamponnent les petits chaussons. «Quand Susan chante, les anges s'écartent pour la laisser passer», commente une certaine Shirley.

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