Société / Monde

La lutte contre la violence conjugale en spots télé

Temps de lecture : 2 min

Une femme sort de chez elle, salue son voisin en train de récupérer son courrier; il lui répond d'un sourire et d'une baffe qui la met à terre, lui crache dessus. Nous la retrouvons au travail, en train de discuter avec un collègue devant la machine à café, quand soudain il la prend par les cheveux et la cogne contre la machine; elle s'effondre. Nouvelle scène, où elle essaye une jupe dans une cabine d'essayage en riant avec une amie, qui tout à coup la plaque contre le mur et la touche de force. La femme se débat, son amie la jette dans un coin de la cabine.

L'héroïne rentre enfin chez elle, dépose les courses sur la table de la cuisine quand une femme plus âgée qui gardait sa fille (la mère de l'héroïne?) la saisit, la jette à terre et se met à l'étrangler, avant de tranquillement partir ranger les courses, pendant que la femme, à terre pour la quatrième fois de la journée, essaye de reprendre son souffle. 45 secondes de vidéo pour la nouvelle campagne de la Fédération nationale solidarité femmes qui sort à l'occasion de la Journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes, et se finit par les mots: «Violences conjugales. Se taire, c'est participer», et 3919, le numéro d'urgence gratuit.

La FNSF a choisi de se concentrer sur les violences conjugales alors qu'une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon. Libération relève le rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, qui révèle que 90% des victimes de violences conjugales sont méconnues de la justice. Son enquête est dite de «victimation» explique le journal, réalisée en se fondant non sur les chiffres officiels de l'insécurité mais sur les témoignages des victimes, dont l'écrasante majorité n'ose pas porter plainte pour des violences physiques ou sexuelles au sein de leur ménage.

La FNSF n'est pas la seule à vouloir insister sur le silence, et la responsabilité, de l'entourage des femmes violentées par leur compagnon. Culture Pub a compilé des campagnes du monde entier contre les violences faites aux femmes.

Voilà une expérience effectuée en 2010 en Afrique du Sud: dans une résidence, un homme joue de la batterie à fond la caisse au milieu de la nuit. Un voisin arrive et lui donne un mot de la part de toute la résidence, se plaignant du bruit. Il continue, et des voisins viennent se plaindre. Il arrête de jouer et lance à la place un enregistrement audio mettant en scène une violente bagarre conjugale: bruits de casse, femme hurlant, bruits de coup... Pas un voisin qui se déplace.

En 2008, l'Inde a lancé la campagne Ring the Bell! (qui peut vouloir dire «Tire la sonnette d'alarme» aussi bien que «Sonne à la porte»), avec des vidéos montrant «des hommes et des garçons qui entendent des violences conjugales se dérouler, et prennent une minute de leur vie quotidienne pour intervenir et arrêter la violence», en sonnant à la porte du voisin en train de frapper sa femme sous de faux prétextes faisant clairement comprendre à l'autre qu'ils ont tout entendu:

Direction le site de Culture Pub pour voir toutes les campagnes du monde entier destinées à mettre fin à ces violences.

C.D.

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