Monde

La star inattendue des élections américaines

Temps de lecture : 2 min

C’est le candidat aux élections de mi-mandat américaines préféré du web: Jimmy McMillan, sorte d’Olivier Besancenot américain à l’accent sorti tout droit d‘un dignes d’un membre des Hell’s Angels. Et son cheval de bataille pour se faire élire gouverneur de New York le rendrait très populaire chez les habitants de Paris: la baisse des loyers.

Jimmy McMillan a fondé il y a cinq ans le parti politique Rent is too damn high [le loyer est vachement trop cher] et s’est déjà présenté à au moins six reprises à diverses élections locales depuis 1993. C'est finalement en octobre 2010 qu'il devient une star mondiale grâce à une vidéo de sa contribution au débat entre candidats au poste de gouverneur de New York, qui en est déjà à plus de 4 millions de vues sur YouTube.

Si son look peut le discréditer d’entrée aux yeux de certains, ce prof d’arts martiaux ceinture noire de karaté et vétéran de la guerre du Vietnam n’en a pas moins un message politique qu’il rode depuis ses premières campagnes il y a plus de 15 ans. Dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian, il détaille les quatre propositions principales de son programme. D’abord, annuler toutes les saisies de logements où les banquiers ont rempli des faux documents:

«Arrêtons ces banquiers, tout de suite. Remplir des faux documents au tribunal est illégal. Traitons les banques comme toute les autres entreprises qui rackettent et se font des millions en enfreignant la loi.»

Parmi les autre propositions, nationaliser les banques ou encore le gel des loyers:

«Si nous croyons en la théorie du libre-marché qui dit que mettre de l’argent dans les mains des gens est le meilleur moyen de booster l’économie, alors pourquoi pas un gel des loyers? Les loyers élevés sont le cancer et les loyers bon marché sont le remède à cette crise économique.»

Rançon du succès, McMillan s’est fait parodier par un imitateur de l’émission culte Saturday Night Live, où ont débuté de nombreux acteurs comiques comme Eddie Murphy, Mike Myers ou encore Will Ferrell.

Loin de se vexer, McMillan a confié au New York Magazine que l’émission l’avait fait hurler de rire:

«C’est le genre de publicité que je n’ai pas d’habitude, parce que je n’ai pas l’argent de Paladino ou d’Andrew Cuomo [les deux principaux candidats au poste de gouverneur de New York]. J’ai regardé, c’était marrant, mais le message était le bon: le loyer est vachement trop cher.»

Une chose est sûre, Jimmy McMillan sait comment faire passer son message, même si le New York Post, qui a retrouvé la gérante de l'immeuble où il loue son appartement, souligne que son propre loyer n'a pas augmenté depuis au moins cinq ans et ne s'élève qu'à 800 dollars, un prix raisonnable pour New York.

A VOIR EGALEMENT: Notre dossier sur les midterms.

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