France

L’Europe et l’écologie, mes choix pour les quartiers populaires

Mohamed Mechmache, mis à jour le 04.04.2014 à 17 h 02

Pourquoi l'Europe est un échelon prioritaire pour résoudre les problèmes d'inégalité entre territoires.

Au Parlement européen, le 17 avril 2013. REUTERS/Vincent Kessler.

Au Parlement européen, le 17 avril 2013. REUTERS/Vincent Kessler.

En 2010, la Cour européenne des droits de l'homme condamnait la France, jugeant que la législation française en matière de garde à vue violait le droit à un procès équitable. Je réalisais à cette occasion l’impact direct que pouvait avoir l’Europe sur notre quotidien, dans nos quartiers, pour faire progresser la justice.

Enfin, une juridiction, certes lointaine et peu connue, sanctionnait des manquements aux droits fondamentaux dont la France se rendait responsable. Grâce à l’Europe, les droits progressaient.

Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est l'une des cités les plus enclavées de France. Chez les jeunes, le taux de chômage frôle les 40%, la première agence Pôle emploi n’y a ouvert que récemment et un simple coup d'oeil à la carte du réseau de transport public permet de prendre la mesure de son isolement. Ces handicaps ont été le terreau des révoltes de 2005, à la suite desquelles j’ai cofondé ACLEFEU pour militer partout en France, en zones urbaines comme rurales, grâce aux nombreux partenaires locaux qui maillent le territoire.

Parcourant l'Europe, j’ai pu constater que l’exclusion y existait partout, à Neukölln (Berlin) ou Walworth (Londres). Là-bas, et dans le reste de l'Union européenne, d'autres mènent le même combat pour l’emploi et le désenclavement des quartiers populaires.

Ces préoccupations dépassent donc les frontières hexagonales et figurent officiellement parmi les grands objectifs de l'Europe: réduire les écarts de développement entre les régions, favoriser l'emploi dans les zones enclavées, mener des politiques sociales inclusives.

Une gestion des Fonds structurels inadéquate

Pourtant, la gestion des Fonds structurels européens, instruments clés de la solidarité entre territoires, pèche par son inadéquation avec les réalités du terrain. Comme il faut avoir une trésorerie suffisante pour remporter des financements, seules les grandes associations sont à même d'en obtenir. Ainsi, on donne aux plus riches et on laisse mourir à leurs côtés le tissu associatif indispensable au lien social.

En plus de briser ces acteurs quotidiens de la solidarité, on laisse grandir un sentiment d’injustice quant à l’utilisation et surtout à la répartition de ces fonds publics. Il existe de formidables réussites européennes en termes de mobilité, à l’instar des programmes Leonardo Da Vinci et Erasmus permettant à des jeunes d’acquérir de l’expérience ailleurs en Europe. Ces outils, loin d’être adaptés et accessibles à tous, ont pourtant le potentiel pour ouvrir de nouvelles perspectives à des jeunes que les services publics français ont abandonné.

Après de longs combats associatifs avec ACLEFEU, au niveau local comme au niveau national, lorsque nous avions interpellé les candidats aux élections présidentielles de 2007 et 2012, l’Europe est aujourd’hui l’échelon le plus pertinent pour continuer à être auteur et acteur des politiques publiques. Je veux travailler à résoudre les inadéquations entre les objectifs et les résultats des projets européens.

Parce qu’il est grand temps que l’Europe se rapproche des réalités de notre quotidien, parce que ses politiques doivent être mieux adaptées, plus accessibles, afin que les habitants puissent se sentir citoyens européens à part entière et non entièrement à part! L’Europe doit jouer un rôle dans la vie de nos quartiers, et faire que ses habitants bénéficient pleinement de ses politiques de solidarité, de mobilité, de citoyenneté, d’intégration et de justice sociale, et de lutte contre toute forme de discrimination.

Les emplois verts, vecteur d'insertion sociale

Mon engagement, qu’il soit associatif ou politique, a toujours eu pour objectif le désenclavement de nos banlieues, l’amélioration de la qualité de vie dans nos quartiers. Pour l’atteindre, il faut porter un projet durable, avec une vision globale de l’avenir. Seule l’écologie s’inscrit dans cette logique et ce sont nos quartiers qui ont le plus à gagner d’une transformation écologique de la société.

La rénovation thermique, le développement des transports en commun, l’énergie propre, les commerces de proximité, l’accès à une alimentation saine pour tous: tout cela bénéficiera avant tout aux populations les plus défavorisées.

La véritable plus-value de la transition énergétique reste la création d’emplois verts. Nous avons la responsabilité d'en faire un vecteur d’insertion sociale pour les personnes en situation de précarité, notamment les jeunes des quartiers populaires, très souvent discriminés sur le marché du travail.

Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de rejoindre Europe Ecologie pour les élections européennes. Pour porter, aux côtés de Pascal Durand et d’Eva Joly, une véritable alternative. Nos parcours sont différents, nos expériences diverses, mais nos causes convergent: faire de l’Europe un espace d’émancipation et de liens, un espace démocratique et solidaire.

Mohamed Mechmache

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