Monde

Bush avait raison

John McCain et Lindsey Graham, mis à jour le 07.11.2013 à 11 h 49

Ou comment Obama a tout gâché sur l'après-guerre en Irak. Une tribune des sénateurs américains John McCain et Lindsey Graham.

Après un attentat à la bombe, le 8 octobre 2013, à Bagdad. REUTERS/Ahmed Saad

Après un attentat à la bombe, le 8 octobre 2013, à Bagdad. REUTERS/Ahmed Saad

Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien, s’est rendu à Washington la semaine dernière, en pleine crise politique et sécuritaire en Irak, la plus grave que le pays ait connue depuis les pires moments de l’insurrection de 2007 et 2008. L’Irak est en train de se perdre. Et si l’administration Obama cherche à éviter la critique ou à mettre une nouvelle fois en cause l’administration Bush, il ne faut la laisser esquiver ni sa propre responsabilité dans la dégradation actuelle de la situation, ni le rôle qu’elle se doit d’y jouer dorénavant.

Presque tous les indicateurs révèlent que la situation en Irak s’est spectaculairement aggravée depuis le début du conflit en Syrie et le retrait des forces américaines en 2011. Une analyse réalisée ce mois-ci par le Washington Institute for Near East Policy a su appréhender la profondeur de la crise actuelle:

«En 2010, au plus bas des actions d’al-Qaida en Irak, le nombre d’attentats à la voiture piégée a décliné jusqu’à une moyenne de 10 par mois et les attentats simultanés sur plusieurs sites ne survenaient que deux à trois fois par an. Pour 2013, à ce jour on recense une moyenne de 68 voitures piégées par mois et des attentats simultanés tous les dix jours.»

Les Nations unies estiment que presque 7.000 civils ont été tués en Irak rien que cette année. Pire encore, l’aggravation du conflit syrien a permis à al-Qaida en Irak de se transformer en État islamique en Irak et au Levant [EIIL], groupe plus grand et plus meurtrier qui dispose à présent d’une base majeure pour ses opérations comprenant à la fois l’Irak et la Syrie. Qu’al-Qaida cherche à utiliser son nouvel asile dans ces pays pour lancer des attaques contre les intérêts américains n’est peut-être qu’une question de temps.

Nous sommes tout à fait prêts à attribuer les échecs de l’Irak à l’administration Bush lorsque la critique est méritée. D’ailleurs, dans la période 2003-2006, nous figurions parmi les plus durs et les plus cinglants détracteurs du président Bush sur ce point. Certes, les plus fautifs sont les Irakiens eux-mêmes, tout particulièrement le Premier Ministre Maliki et ses alliés dont le programme trop souvent sectaire et autoritariste a aliéné les Kurdes irakiens, privé les sunnites de leurs droits électoraux et aliéné beaucoup de chiites qui aspirent à une vision globale, pluraliste et démocratique de leur pays. Mais l’administration Obama ne peut échapper à sa propre responsabilité dans cet immense échec.

La tactique «c’est la faute à Bush» ne fonctionnera pas cette fois. Malgré toutes les erreurs commises par l’administration Bush en Irak, celle-ci y a connu une véritable réussite en reconnaissant début 2007 que le conflit nécessitait un changement de stratégie, davantage de soldats et d’autres ressources, et le pays une direction militaire différente.

Cette stratégie, surnommée «the Surge» (la contre-insurrection), a contribué à la création de conditions politiques et sécuritaires permettant au peuple irakien de construire quelque chose. Des troupes américaines supplémentaires ont sécurisé les rues et fourni un mécanisme de sécurité grâce auquel l’armée irakienne a pu se développer plus vite.

Le «surge» a permis le reflux d'al-Qaida

Dans le même temps, des chefs tribaux sunnites ont commencé à riposter contre les éléments les plus radicaux de l’insurrection qui avaient menacé leurs structures de pouvoir traditionnelles. Sous la bannière de Sahwa, c’est-à-dire Réveil en arabe, la communauté tribale sunnite s’est soulevée contre al-Qaida et avec l’aide des forces américaines, a affaibli l’insurrection.

A mesure qu’al-Qaida était réprimé et que ses attaques contre les communautés chiites irakiennes diminuaient, le gouvernement de Maliki et les forces de sécurité irakiennes avaient davantage les moyens de repousser les groupes militants chiites et de jouer un rôle plus constructif dans la sécurité du pays. C’est ce qui a permis aux Irakiens d’échapper aux abysses de la guerre civile.

En plus des succès militaires permis par le Surge, le signal politique envoyé par le président Bush au peuple irakien, montrant que les États-Unis s’engageaient de façon décisive à obtenir une issue favorable dans le pays, formait une composante tout aussi importante de cette stratégie.

Cette promesse de soutien américain garantissait le processus politique et, ce faisant, créait l’espace politique nécessaire au dialogue et à la construction d’un consensus. Elle confortait les politiciens irakiens dans l’idée qu’ils ne seraient pas livrés à eux-mêmes lorsqu’ils prendraient des décisions politiques difficiles, et garantissait un cadre par lequel toutes les parties avaient un intérêt direct à construire un Irak stable, inclusif et démocratique.

Ainsi, lorsque l’administration Bush a plié bagage, l’Irak était enfin engagé sur un chemin plus prometteur. La violence avait considérablement diminué; les sunnites étaient réintégrés dans le système politique par le truchement d’une distribution plus équitable des pouvoirs et des ressources, certains des dirigeants les plus corrompus d’Irak avaient été évincés, des chefs chiites plus modérés avaient accédé au pouvoir et il existait une véritable opportunité, grâce au soutien et à l’implication permanente des Américains, de renforcer un ordre constitutionnel en Irak ouvert à tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique.

Malheureusement, l’administration Obama a adopté une approche très différente du dossier irakien en arrivant au pouvoir en janvier 2009. Elle a immédiatement demandé un retrait des forces américaines, plus rapide que ne le recommandaient nos commandants. Elle a nommé un ambassadeur en Irak, Christopher Hill, sans aucune expérience du pays et qui n’avait jamais servi dans le monde arabe. Elle a adopté une approche non-interventionniste vis-à-vis de la construction de la politique irakienne qui s’est manifestée de façon particulièrement frappante lorsqu’elle a refusé, des mois et des mois durant, d’intervenir aux côtés des dirigeants irakiens pour les aider à négocier les compromis nécessaires à l’avenir de leur pays lors de la période post-électorale troublée de 2010.

Il fallait maintenir une force américaine en Irak

Nulle part l’échec de l’administration Obama n’a été plus prononcé que lors des débats autour de la possibilité de maintenir un nombre limité de soldats américains en Irak au-delà de l’expiration en 2011 du Status of Forces Agreement (SOFA) de 2008—débat dans lequel nous avons été activement impliqués. Là aussi, l’administration est prompte à reprocher à d'autres le fait d’avoir essayé et échoué à maintenir une présence limitée de soldats en Irak.

Naturellement, elle a reproché à l’administration Bush d’avoir ordonné le retrait dans le cadre du SOFA de 2008. Cela n’est pas très crédible cependant car comme l’avait clairement indiqué l’ancienne secrétaire d’État Condoleezza Rice, le principe a toujours été de renégocier l’accord afin de permettre une présence permanente des forces américaines. «Tout le monde pensait», a-t-elle dit en 2011, «qu’il serait mieux qu’il y ait une force armée résiduelle

L’administration Obama reproche aussi aux Irakiens de n’avoir pas su accorder les privilèges et les immunités nécessaires à la présence d’une force américaine après 2011. Encore une fois, c’est une affirmation trompeuse puisque comme nous avons pu le constater, l’administration n’a jamais entrepris les démarches diplomatiques nécessaires à l’obtention de ce genre d’accord. Nous nous sommes rendus en Irak en mai 2011, quelques mois seulement avant la limite que nos commandants avaient instaurée pour le début du retrait. Nous avons rencontré tous les chefs des principaux blocs politiques d’Irak, et entendu un message qui revenait sans cesse au cours de ces conversations privées: les chefs irakiens reconnaissaient qu’il était dans l’intérêt de leur pays de maintenir un nombre limité de soldats américains pour continuer de former et d’aider les forces de sécurité irakiennes après 2011.

Mais quand nous avons demandé à l’ambassadeur Jim Jeffrey et à Lloyd Austin, commandant des forces américaines en Irak, quelles tâches les troupes américaines qui restaient en Irak allaient effectuer et combien l’administration envisageait d’en maintenir, ils n’ont su nous le dire, ni à nous ni aux Irakiens—la Maison Blanche n’avait toujours pas pris de décision.

La situation s’est poursuivie ainsi pendant les quelques mois qui ont suivi. En août 2011, les dirigeants des principaux blocs politiques irakiens ont déclaré ensemble qu’ils étaient prêts à entamer des négociations pour le maintien de certaines troupes américaines en Irak.

Absence de décision de la Maison Blanche

Un mois entier a passé et la Maison Blanche ne prenait toujours aucune décision. Pendant toute la durée de cette délibération en interne, comme en témoigna plus tard le chef d’état-major Martin Dempsey devant le comité des forces armées du Sénat, la taille envisagée d’une potentielle présence américaine ne cessa de «dégringoler» de plus de 16.000 soldats à un chiffre au plus bas de moins de 3.000.

Une armée de cette taille n’aurait guère été capable de faire plus que se protéger elle-même: le Premier Ministre et les autres dirigeants irakiens comprirent qu’étant donné le coût politique de cette proposition, elle n’en valait pas la chandelle.

Il est bien pratique de rejeter entièrement le blâme de cet échec sur les Irakiens, mais c’est passer à côté de l’essentiel. L’idée de maintenir environ 10.000 ou 15.000 soldats américains en Irak n’était pas seulement pour le bien du pays; il y allait avant tout de l’intérêt de notre sécurité nationale de continuer à entraîner et à conseiller les forces irakiennes et à conserver une plus grande influence américaine en Irak.

Ce principe de base aurait dû inspirer une approche américaine très différente de la diplomatie du SOFA. L’administration Obama aurait dû reconnaître qu’après des années de conflit violent, les dirigeants irakiens ne pouvaient pas encore se faire suffisamment confiance entre eux, et que les États-Unis avaient un rôle fort à jouer pour les aider à négocier leurs décisions les plus sensibles politiquement.

C’est pour cette raison que l’administration aurait dû déterminer quelles tâches et combien de soldats il était dans l’intérêt de la nation de maintenir en Irak et qu’elle aurait dû le faire suffisamment à l’avance pour établir le dialogue entre Irakiens et hauts responsables américains afin de mettre en place à Bagdad les conditions politiques nous permettant d’atteindre nos objectifs.

Ce n’est pas parce que la présence des troupes américaines aurait fait une différence décisive en Irak en s’engageant dans des opérations de combats unilatérales contre al-Qaida et d’autres menaces pour la stabilité irakienne que nous nous focalisons sur cet échec. En 2011, les forces américaines n’étaient plus présentes dans les villes irakiennes ni engagées dans des opérations de sécurité.

Cependant, une présence résiduelle de l’armée américaine aurait pu aider les forces irakiennes dans leur lutte permanente contre al-Qaida. Elle aurait pu servir de plateforme à un plus grand engagement diplomatique et à une coopération dans le domaine des renseignements avec nos partenaires irakiens. Elle aurait pu pousser les dirigeants iraniens à y réfléchir à deux fois avant d’utiliser l’espace aérien irakien pour faire transiter une aide militaire à Assad et à son armée en Syrie.

Le retour d'al-Qaida en Irak

Et surtout, elle aurait pu préserver l’influence diplomatique significative que les États-Unis possédaient encore en Irak—influence qui avait été, et était encore alors, essentielle pour garantir le système politique irakien naissant, rassurer les dirigeants irakiens sur le fait qu’ils pouvaient résoudre leurs différends de manière pacifique et politique en dépit de leur méfiance mutuelle, et réfréner les tendances autoritaristes et sectaires du Premier Ministre Maliki et de ses alliés.

Depuis le retrait des forces américaines et le début du conflit en Syrie en 2011, al-Qaida a de nouveau progressé en Irak. Il dispose aujourd’hui d’un refuge sûr, à cheval sur les territoires irakien et syrien, et s’est transformé en État islamique en Irak et au Levant (EIIL), plus vaste et plus meurtrier.

L’EIIL recrute des combattants étrangers dans tout le Moyen-Orient. Il accélère le rythme de ses attaques et organise plus de 40 attentats touchant un grand nombre de victimes chaque mois lors d’attaques régulières dans plusieurs villes. La résurgence d’al-Qaida en Irak s’est durement fait sentir le 21 juillet dernier lorsque le groupe a attaqué des prisons à Abu Ghraib et Taji.

Si l’attaque de Taji a échoué, celle contre Abu Ghraib a libéré plus de 800 prisonniers, dont plusieurs centaines soupçonnés d’être membres d’al-Qaida. Cette évasion réussie, point culminant d’une campagne d’une année bien organisée, met en évidence le regain de capacités d’al-Qaida en Irak.

Malheureusement, les récentes tentatives de consolidation progressive du pouvoir par le Premier Ministre Maliki et ses alliés du gouvernement irakien ont contribué à la montée de la violence. Depuis les élections de 2010, Maliki a étendu son emprise sur beaucoup d’institutions irakiennes, notamment sur des instances judiciaires et indépendantes comme la commission électorale, la banque centrale et le bureau anti-corruption.

Ainsi Maliki parvient-il à corrompre le système de contrôles et de contrepoids prévu par la constitution irakienne. Son influence croissante sur des institutions supposément indépendantes a terni la légitimité et l’efficacité de ces instances, tout particulièrement du système judiciaire et du parlement.

Pour sa part, le Conseil des représentants n’a pas exercé de contrôle efficace sur l’exécutif. Le dysfonctionnement interne du parlement, associé aux efforts de Maliki pour saper l’institution, a limité sa capacité de surveillance. Ce qui signifie que le pouvoir politique et militaire est à présent extrêmement centralisé dans le cabinet de Maliki.

Le gouvernement d’union nationale formé dans le sillage des élections législatives de 2010 a cédé la place à un gouvernement exercé par la majorité au sein duquel Maliki a le monopole des institutions d’État.

A mesure que la minorité sunnite en Irak se voit de plus en plus exclue du gouvernement et que le Premier Ministre poursuit en justice des personnalités parmi les dirigeants sunnites, les relations entre le gouvernement dominé par les chiites à Bagdad et les provinces irakiennes à dominance sunnite se dégradent.

Les tendances autoritaristes et sectaires croissantes du gouvernement de Maliki

Se voir refuser par le politique les opportunités de faire progresser leurs intérêts alimente la radicalisation au sein des communautés sunnites. Nombre d’entre elles contestent la mainmise toujours plus ferme de Maliki sur le pouvoir depuis début 2012; mais étant donné que les protestations n’ont pas obtenu de résultats suffisants, le soutien à une insurrection de plus grande ampleur gagne du terrain.

Ce qui pourrait s’avérer bien plus dangereux qu’al-Qaida en Irak, car cela marque un profond changement de l’opinion publique chez de nombreux sunnites. Si certains chefs de la contestation ont appelé à la modération et cherché à négocier avec le gouvernement de Maliki, de nombreux autres lancent un appel aux armes à la fois dans le cadre d’une auto-défense et de l’opposition au gouvernement.

Dans le même temps, les tendances autoritaristes et sectaires croissantes du gouvernement de Maliki sont également en train d’aliéner le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) et les communautés irakiennes kurdes. Le GRK, allié de longue date des États-Unis, soutient une transformation économique spectaculaire au Kurdistan irakien et a supervisé des élections crédibles, le mois dernier, au parlement kurde régional. La mauvaise gestion de la politique irakienne par le gouvernement de Maliki, la montée de la violence et la résurgence d’al-Qaida qui y sont liées créent un contexte politique en Irak rendant encore plus difficile aux dirigeants kurdes d’obtenir des accords importants et depuis longtemps nécessaires avec Bagdad, notamment sur les revenus des hydrocarbures et autour des disputes territoriales.

Aujourd’hui, l’Irak est proche de son point de rupture car sa stabilité est menacée par un ensemble de tensions internes et de pressions extérieures générées par le conflit syrien. Les Irakiens ont encore une chance de stopper la spirale infernale dans laquelle est engagé leur pays, et la visite du Premier Ministre Maliki à Washington est une opportunité décisive pour l’administration Obama d’affirmer que l’Irak fait partie de ses principales priorités. Mais pour réussir, il nous faut admettre les sources politiques de la crise sécuritaire irakienne actuelle.

Le Premier Ministre irakien présente la violence croissante en Irak comme un problème relevant d’abord de la sécurité et du terrorisme. Cela comporte certainement une part de vérité, et nous encourageons le gouvernement à intensifier son soutien à nos partenaires irakiens en matière de contreterrorisme, surtout dans le domaine du partage des renseignements.

Que faut-il pour apporter la paix et la stabilité?

C’est une condition nécessaire mais non suffisante pour restaurer la stabilité en Irak. Gérer un problème principalement politique au moyen de mesures de sécurité plus strictes ne fera qu’aggraver la situation, comme les États-Unis l’ont déjà appris de première main en Irak. L’administration doit prendre garde à ne pas promettre davantage d’aide dans le domaine de la sécurité sans garantie de réforme politique complémentaire si elle envisage une stratégie irakienne globale susceptible d’apporter paix et stabilité durables au pays.

Ce genre de stratégie doit réunir les Irakiens de toutes confessions et ethnies dans un ordre constitutionnel réformé basé sur l’état de droit, susceptible de leur donner de véritables intérêts dans le progrès de leur nation, de marginaliser al-Qaida en Irak et autres violents extrémistes, et d’apporter une paix durable au pays.

Pour être efficace, la stratégie politique irakienne doit impliquer un plus grand partage du pouvoir et des revenus nationaux avec les Irakiens sunnites, la réconciliation avec les chefs sunnites ainsi que la fin de la débaassification et des autres politiques de sanctions généralisées.

Elle doit inclure des accords avec le Gouvernement régional du Kurdistan pour partager les revenus des hydrocarbures et résoudre les disputes territoriales. Et elle nécessite l’engagement clair que les élections prévues l’année prochaine se dérouleront librement, équitablement et intégralement dans toutes les régions d’Irak, et qu’elles seront correctement préparées.

Si les politiques du président Obama ont certainement réduit l’influence américaine en Irak, nous avons toujours dans ce pays des intérêts de sécurité nationale qui ne peuvent être minimisés. L’administration Obama a hérité d’une politique qui parvenait à réduire le niveau de violence, affaiblissait conséquemment al-Qaida en Irak et construisait un ordre constitutionnel permettant de résoudre les différends pacifiquement et politiquement.

Cinq ans plus tard, l’Irak subit une violence qui ne cesse de s’intensifier, une polarisation politique croissante et une résurgence d’al-Qaida en Irak et en Syrie possédant désormais une base d’opérations au cœur du Moyen-Orient. L’échec que nous constatons actuellement en Irak s’est installé sous l’égide de l’administration Obama et il est de la responsabilité du président de deviser une stratégie pour gérer ces graves problèmes de sécurité nationale—car il serait fou de croire que l’échec croissant en Irak n’aura au final aucun impact sur les États-Unis. Il suffit de regarder la politique américaine vis-à-vis de l’Afghanistan dans les années 1990 pour comprendre les problèmes inhérents à ce genre de vœu pieu.

Les États-Unis se sont battus trop durement, ont fait trop de sacrifices et d’investissements pour permettre à l’Irak de replonger de nouveau dans la violence. Nous devons aux courageux Américains qui s’y sont battus et ont perdu la vie de faire tout notre possible afin d’assurer l’accomplissement des objectifs qu’ils ont tant lutté pour réaliser. Personne ne souhaite que l’héritage de l’administration Obama en Irak ne prenne la forme d’un gaspillage de nos gains si chèrement acquis là-bas mais, pour le moment, c’est bien la malheureuse réalité qui s’impose.

John McCain et Lindsey Graham

Traduit par Bérengère Viennot

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