France

L'annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy est une chance unique pour l’UMP

Une levée de fonds efficace permettrait au parti de sortir grandi de cet épisode en menant une réflexion sur son organisation, sa capacité de mobilisation et son rôle. Une tribune de jeunes membres de l'UMP.

Nicolas Sarkozy à l'UMP, le 8 juillet 2013. REUTERS/Philippe Wojazer.

Nicolas Sarkozy à l'UMP, le 8 juillet 2013. REUTERS/Philippe Wojazer.

Depuis l’annulation des comptes de campagne du président Nicolas Sarkozy, les médias et cadres du parti se relayent médiatiquement pour dramatiser la situation.

La décision du Conseil constitutionnel a pourtant le mérite de permettre une union et mobilisation de l'UMP vers un objectif unique et clair. Et si financièrement, la perte de 11 millions d'euros de subventions publiques n’est jamais une bonne nouvelle, avec le lancement de sa subvention nationale, l’UMP s’est donnée les moyens d’entrer dans une ère nouvelle… à condition de le souhaiter véritablement.

Trois raisons permettent en effet d’y voir l'aiguillon vers une UMP efficace et tournée vers les scrutins de 2014.

Tout d'abord, pourquoi ne pas proposer la possibilité de faire des dons très faibles de quelques euros, au lieu du montant minimum actuel de 30 euros[1]? Plus encore que le montant de la collecte –plus de 2 millions d’euros en 48 heures–, dont les cadres du parti se félicitent publiquement, le nombre de donateurs est fondamental. Actuellement, moins de 10.000 donateurs ont été mobilisés.

Dans la perspective des élections à venir, constituer une large base de soutiens, même n’ayant pas les moyens de contribuer de manière significative, serait un réservoir de voix, de mobilisation et une manne financière. Qui plus est, le militant le plus à même de donner est celui… qui vient de donner[2]! L’addiction au don existe de la même manière que l’addiction au jeu. En constituant une base de nouveaux soutiens, donnant de petites sommes mais surtout de leur énergie, le parti serait en mesure de gagner à long terme bien plus de 11 millions d’euros.

Bâtir une armée de militants

L’engagement financier implique un attachement fort et durable à la cause. En poussant des cotisants à donner, des sympathisants à adhérer, des donateurs à devenir grands donateurs, une armée de militants pourra se bâtir dans les mois à venir. La condition pour passer d’un militantisme passif («Je soutiens X et vote pour lui») à un militantisme actif («Je cherche au moins à convaincre un cercle d’amis proches de voter X») passe par le don.

Evidemment, il convient d’utiliser au mieux cette vague. Comme toujours l’activisme en fauteuil, ou son équivalent numérique, ne se transforme en engagement réel qu’en utilisant des leviers plus forts qu’un simple courriel de remerciement mais en mobilisant localement, fixant des objectifs et rassemblant localement en des réunions physiques.

Enfin, cette décision, bien qu’à court terme elle constitue un coup de semonce et mette en danger l’équilibre financier du parti, doit permettre de mener une réflexion autour du rôle de ce dernier. Celui-ci doit il être un organe de collecte de données sur les électeurs, donateurs et autres sympathisants à l’occasion des primaires et campagnes? Ces données seraient partagées à tous les candidats investis contre la promesse de rendre ces données enrichies.

Trois options

Le parti doit il être uniquement un organe de levée de fonds? Eventuellement, cette fonction pourrait permettre de développer une plateforme telle que celle d’ActBlue aux Etats-Unis –devenu le plus grand super PAC (comité d'action politique) démocrate avec 200 millions de dollars levés l'an dernier.

Sa particularité? Proposer de donner des fonds à n’importe quel candidat démocrate, et uniquement lui, en proposant de classer les candidats par position sur des sujets variés pour ne donner qu’aux candidats dont le donateur est idéologiquement proche. Chacun peut créer sa page propre regroupant «ses» candidats et la partager sur les réseaux sociaux. Simple et efficace[3].

Faire du parti une plateforme de nominations et de définition des grands axes de politique tout en laissant chacun développer son courant de pensée (et de financement!)? Les trois options, et bien d’autres sont possibles, mais le choc peut être l’occasion de choisir la structure, et non de la subir.

A condition de mener une campagne de levée de fonds efficace, pas uniquement en termes de montants collectés mais en termes de personnes ciblées et de mobilisation par la suite, l’UMP peut sortir grandie de cet épisode. En combinant cela avec une réflexion sur le futur du parti, cette décision terrible du Conseil constitutionnel est une chance unique!

Gatien Bon (délégué UMP Boston)

Jean-Christophe Aubry

Matthieu Bergerault (délégué jeunes UMP Miami)

Thibault Duval (délégué jeunes UMP Canada)

Selda Gloanec

Anissa Grossman (relations UMP avec le Congrès)

Fabrice Layer

Christian Paris (délégué UMP Los Angeles)

Michael Pilater (délégué adjoint jeunes UMP Canada)

Alexandre Pueyo (délégué UMP de la 2e circonscription du Val d'Oise)

Christophe Schuhman (délégué UMP San Francisco)

[1] Bien qu’il soit possible volontairement de choisir un montant inférieur. Revenir à l'article

[2] Le lien vers la page de dons le plus efficace de la campagne Obama fut celui dans la page de remerciement! Revenir à l'article

[3] Evidemment, compte tenu des règles de financement françaises, la mise en place serait plus lourde et contrôlée. Revenir à l'article

 

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