- Dans les locaux de la police judiciaire de Bissau (Guinée-Bissau), une saisie de cocaïne présentée aux journalistes en mars 2012. Joe Penney / Reuters -
Au Mali, les forces françaises et maliennes, peu à peu renforcées par des contingents de la Cédéao, affrontent des katibas de djihadistes qui relèvent de réseaux algériens, mais aussi ouest-africains sans oublier des volontaires issus d’Europe de l’Ouest en général, et de France en particulier.
Au premier plan de ces mouvements islamiques armés, on trouve Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) qui puise ses origines dans la guerre civile en Algérie, qui durant la décennie sanglante (1988-1998) a fait 200.000 victimes. A l’époque, les islamistes du FIS (Front islamique du salut), qui dénoncent le coup de force des autorités à la suite de la modification des règles électorales pour bloquer leur ascension politique, donneront successivement naissance aux GIA (Groupes islamistes armés) puis au GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) apparu en 1998.
Après avoir essuyé de nombreux revers, ces djihadistes, qui avaient compris dès 1995 qu’ils ne prendraient jamais le pouvoir, se sont repliés dans le sud-algérien avant de se redéployer en Libye, dans le sud-tunisien et les pays sahéliens (Mali et Mauritanie).
Après avoir pris femmes dans les oasis de la zone, les chefs ont vite compris qu’il serait très profitable de mettre leurs capacités militaires au service des trafiquants locaux d’armes, d’êtres humains et de drogues, relevant d’un banditisme diversifié et florissant des côtes du Sénégal jusqu’à la Corne de l’Afrique.
Estimant aussi que cette jonction avec les filières du crime organisé, en provenance d’Amérique Centrale, serait plus porteuse si elle se parait des oripeaux de la lutte contre l’Occident, ces mêmes chefs du GSPC ont fait allégeance à Oussama ben Laden en janvier 2007, proclamant la création d’Aqmi. Ainsi, territoire refuge et sanctuarisé de cette jonction tactique entre banditismes et fanatismes religieux, la zone sahélienne va devenir l’une des plaques tournantes intercontinentales des narcotrafiquants.
Les pays limitrophes du golfe de Guinée (Ghana, Côte d’Ivoire, Togo, Nigéria et plus à l’ouest Guinée, Sierra Leone et Liberia) sont les principaux points d’entrée du trafic transatlantique passant par l’Afrique. Dans ces pays, l’avenir à l’horizon de 2020 semble s’articuler sur une forte concentration de jeunes urbains vivant dans une bande côtière étroite à l’environnement fortement dégradé par une urbanisation et une violence sauvages (criminalité, gouvernance étatique défaillante et trafics de drogue).
Cette dynamique de «littoralisation urbaine» s’accompagne d’un «thalasso-tropisme» de la part des populations et d’une maritimisation accrue des économies licites et illicites. Ce contexte, associé à une gouvernance médiocre se traduit par un fort accroissement du trafic maritime de la drogue.
Ainsi, comme le souligne le Secrétariat général de la défense et la sécurité nationale (SGDSN) dans sa contribution à la révision du Livre blanc, «depuis 2008, les espaces maritimes sont également le théâtre d’un développement des flux criminels (drogue, armes, êtres humains, prolifération), favorisés par la densité de la circulation par conteneurs, qui facilite la dissimulation, et par la fragilité de certains états incapables d’imposer des contrôles sur leur territoire. Ces derniers deviennent des zones de production ou de transit de ces flux, en particulier de drogue et d’armes».
Le premier retour d’expérience de l’opération Serval permet notamment une avancée sémantique qui n’est pas sans conséquence sur le plan stratégique quant à la vraie nature du terrorisme sahélien.
Avant d’être religieux et al-qaïdiste, celui-ci s’appuie d’abord sur les différentes filières du crime organisé et principalement des trafics d’armes et de drogue. Les narcotrafiquants des cartels latino-américains acheminent d’ailleurs depuis des années leurs marchandises de mort vers l’Europe (cocaïne, métamphétamines), en transitant, grâce aux voies maritimes, par l’Afrique de l’Ouest, au gré de véritables têtes de pont portuaires, comme au Sénégal, en Guinée-Conakry et en Guinée Bissau.
Ces dernières années, le trafic de cocaïne dans ce petit pays représentait en valeur annuelle près de 2 milliards de dollars. En intervenant au Mali, la France lutte donc contre le terrorisme islamique mais déstabilise aussi la principale source de revenu des réseaux djihadistes: le trafic de drogue.
Pascal Le Pautremat
(décidément mon clavier est bien sensible en ce moment)
...à la décision de falsifier l'indice des prix.
Je n'ai pas beaucoup d'estime pour les mafiosis, encore moins pour les terroristes islamistes, mais jamais je ne me tromperai d'ennemi. je n'oublie pas que ces criminels ont été fabriqués de toutes pièce par des politiques occidentaux qui ont d'abord déclaré la guerre à leur propre peuple ("guerre à la drogue" des USA, guerre contre les fumeurs en France) et qui sont les seuls véritables ennemis à vaincre à long terme.
Les femmes afghanes ou maliennes martyrisées par AQMI et autres talibans, les paysans colombiens assassinés ou chassés de leurs terres ne sont que les victimes collatérales de l'imbécile et sanglante guerre à la drogue lancée par les USA et suivie par le reste du monde.
Il y a d'ailleurs de sérieuses raisons de penser que les politiques savent parfaitement ce qu'ils font et qu'ils le font à dessein.
La CIA n'aurait-elle pas protégé des livraisons illégales de cocaïne aux USA destinées à financer les terroristes contra nicaraguayens (un des volets de l'affaire Iran-contra sous Reagan)qui opprimaient le peuple ?
On peut aussi soupçonner des rétrocommissions des trafiquants vers les responsables politiques qui garantissent leur fortune en maintenant de force la prohibition ou l'hypertaxation sur des marchandises qui ne rapporteraient plus aucun super-profit si elles étaient légalisées et taxées raisonnablement.
a été perdu dans les limbes de l'informatique.
En substance je disais que ce n'est pas l'alcool qui a fait la fortune de Al Capone ou Lucky Luciano, mais la prohibition de l'alcool, et qu'ils furent d'ailleurs ruinés quand la prohibition de l'alcool fut levée.
Accuser l'alcool d'être responsable des nuisances, des crimes, et des souffrances associées à l'apparition du crime organisé (qui n'existait pas avant la prohibition de l'alcool) c'est donc exonérer les véritables responsables du mal : les politiciens bigots, hypocrites et fascistes qui ont osé prétendre dicter au citoyen ce qu'il doit faire de son propre corps sont les seuls coupables à blâmer.
Je pense qu'il est capital quand on veut combattre un fléau ou une nuisance d'en désigner les responsables avec la plus grande précision possible.
Je développais le même raisonnement pour les autres drogues qui ont ensuite été frappées de prohibition. En gros, faire des leçons de morale aux méchants islamistes qui se sont tellement enrichis grâce à l'argent de la prohibition de la drogue et de la contrebande de cigarettes qu'ils sont devenus assez puissants pour attaquer les états du Sahel est une pure perte de temps, cela ne sert à rien et d'ailleurs ils s'en fichent complétement.
Dénoncer sans relâche les politiciens fascistes et corrompus qui imposent la prohibition de plusieurs drogues et assomment les fumeurs de taxes tellement monstrueuses (comme en France) que même les citoyens les plus honnêtes se résignent à acheter leurs cigarettes en contrebande, voila la seule chose à faire si on veut réduire un jour la richesse, la puissance et le pouvoir de nuisance du crime organisé et des terroristes islamistes.
Il n'y a aucune raison acceptable que des citoyens français honnêtes soient ainsi acculés par l'état français à cotiser au crime organisé et à enrichir les ennemis de la France.
Les politiciens français au pouvoir qui acculent les citoyens français honnêtes à faire cela devraient être jugés pour haute trahison.