- Le grand rabbin de France Gilles Bernheim à l'Elysee à Paris, le 16 décembre 2011. REUTERS/Charles Platiau -
Cher Monsieur le Grand Rabbin,
Autant vous le dire tout de suite, jusqu’à ces dernières semaines, j’étais l’un de vos fans les plus fidèles. Comme beaucoup d’autres juifs de France, je pense que votre nomination à la tête de la communauté fut une excellente nouvelle. Vous incarniez jusqu’ici une forme de judaïsme éclairée et ancrée dans la réalité républicaine. À chacune de vos apparitions à la télévision, je me félicitais de ce que la communauté juive serait désormais représentée par un homme sage préoccupé par le dialogue inter-religieux et ouvert sur le monde.
Mais voilà, l’état de grâce a pris fin avec le projet de loi Taubira sur le mariage pour tous. Vous vous êtes fendu d’un essai intitulé Ce que l’on oublie souvent de dire expliquant dans le détail pourquoi vous êtes farouchement opposé à ce projet de loi.
Il faut croire que ce texte a eu un grand retentissement dans la sphère monothéiste puisque le Pape Ratzinger en personne en a repris les principaux points dans sa charge récente contre le mariage (et l’adoption) pour les couples de même sexe. Vous semblez d’ailleurs fier de cette convergence de vues puisque vous vous en félicitiez il y a quelques jours à peine à la radio et sur votre page Facebook.
J’ai donc lu ce texte et je souhaite à mon tour vous expliquer pourquoi ces pages vous ont durablement décrédibilisé alors que vous faisiez jusqu’à présent un quasi sans faute.
Vous débutez votre essai en disqualifiant d’office ceux qui pourraient être tentés d’invalider vos arguments au prétexte que vous êtes rabbin, donc dépositaire d’une tradition ancienne présumée homophobe et que, de facto, vous n’auriez pas le droit de prendre part à ce débat. Mais vous vous tirez d’emblée une balle dans le pied en rappelant que votre vision du Monde est intégralement façonnée par la Bible.
Pour être honnête, je ne vous crois pas tout à fait, lorsque vous réduisez à ce point vos conceptions de l’universel: tous ceux qui vous connaissent savent que votre érudition ne se limite pas à la simple tradition juive mais que vous êtes également un fin connaisseur des philosophies occidentales et que vous êtes également féru de littérature, d’histoire, de sociologie etc. Vous savez bien qu’un intellectuel en 2013 ne peut pas avoir d’audience sérieuse dans la société civile si son champ de références se limite au religieux.
Car nous touchons ici au coeur du problème. Aujourd’hui, nous lisons les textes de la tradition à la lumière du contexte et c’est là une très bonne chose! Les hommes inspirés par Dieu qui ont rédigé les différents livres de la Bible et qui ont donc façonné votre vision du monde n’avaient malheureusement pas réponse à tout. Ils ne font que très peu allusion à l’homosexualité sauf pour dire ici et là qu’il s’agit d’une abomination.
La question ne les intéresse visiblement pas outre mesure, trop occupés qu’ils sont à traiter de grandes questions philosophiques et à relater des évènements paranormaux (Il est d’ailleurs amusant de constater que la Torah n’interdit jamais explicitement l’homosexualité féminine puisqu’il n’y est nulle part fait mention). Pourquoi diable ne pas clairement prendre vos distances avec ces bouts de phrases pour le moins embarrassants? Aujourd’hui, tous les gens raisonnables (et je sais que vous en êtes) sont d’accord pour reconnaître que l’homosexualité n’est pas une abomination, qu’elle est dans la Nature (elle ne vient pas de Jupiter) et qu’elle n’est pas «contagieuse».
Pour mettre en échec les défenseurs du mariage pour tous, vous évoquez l’argument que certains d’entre eux avancent et qui obligerait la société à offrir le mariage aux homosexuels au nom du sacro-saint amour. Nous sommes au moins d’accord sur ce point: l’amour n’a rien à faire dans ce débat, les homosexuels demandent juste le droit de faire des mariages d’amour ou de raison comme leurs concitoyens hétéros. Nul sentimentalisme dans cette revendication.
Ceux qui évoquent naïvement l’amour pour légitimer la revendication font un excès de pédagogie; ils tentent maladroitement d’expliquer à l’écrasante majorité hétéro que l’homosexualité n’est pas toujours strictement motivée par une luxure rampante comme le prétendent les homophobes depuis des siècles.
Je reviens aussi sur la partie de votre texte assurant que la volonté d’élever un enfant pour un couple homosexuel résulterait d’un caprice qui ferait de l’enfant un objet à acquérir ou la simple matérialisation d’un droit dont on abuserait à tort à à travers. Ce procès, si vous êtes honnête, vous devez le faire à l’ensemble des couples qui choisissent de faire naître un enfant pour des raisons pas toujours avouables.
Les couples hétéros, c’est bien connu, murissent toujours leur décision durant de longues années avant de franchir le pas et aucun enfant ne nait par accident, ça va sans dire. Les jeunes mères n’enfantent jamais pour jouer à la poupée. Les couples en crise ne donnent pas non plus naissance à de futurs psychanalysés dans le but de prendre de vitesse leur désarroi conjugal. Et l’on n’entend jamais dans la bouche des pères «Le petit dernier, c’est ma femme qui le voulait et comme je ne peux rien lui refuser...»?
La liste des mauvaises raisons d’enfanter est longue, confirmant que la peinture idyllique que vous faites des motifs parentaux hétérosexuels est celle d’un bisounours, Monsieur le Grand Rabbin. Laissez moi vous dire que lorsque la procréation ne va pas de soi pour certains parents, leur volonté laisse entrevoir à travers ces épreuves, une maturité et une profondeur qui vous surprendraient.
Je ne reviendrai pas sur le passage caricatural dans lequel vous assimilez tous les homosexuels aux plus radicales des théoriciennes du mouvement queer, légitimant ainsi les parallèles que certains de vos détracteurs sont tentés de faire entre vous et les fanatiques de Civitas...
Vous terminez votre exposé par une formule assez confondante de mauvaise foi en arguant que la communauté homosexuelle représente une infime minorité et qu’il n’est donc pas nécessaire de causer un tel préjudice à l’ensemble de la société au profit d’un groupe aussi insignifiant... Je vous rappelle juste que vous ne représentez pas plus de 600 000 âmes. (Je compte large, les juifs libéraux, massortis et autres agnostiques ne m’en tiendront pas rigueur).
Vous êtes bien content lorsque les épreuves que traversent les Juifs de France ne sont plus seulement leur problème, mais celui de toute la République. Souvenez-vous de ces milliers de français de toutes les confessions descendant dans la rue au lendemain de la profanation du cimetière juif de Carpentras: l’antisémitisme n’était plus seulement l’affaire des juifs. L’homophobie est-elle plus acceptable que l’antisémitisme? Ah non, j’oubliais, vous condamnez toute agression physique et verbale sur les personnes homosexuelles - merci pour tant de magnanimité, mais ces derniers réclament un peu plus que le simple droit de ne pas être molestés!
Comme le dit un de mes amis, il est pour le moins gonflé, de brandir les droits de l’homme quand ça nous arrange en tant que juif, noir, arabe et de les jeter au rebut lorsque ces mêmes droits ne servent plus nos intérêts propres.
Au fond, votre position - assez intenable, j’en conviens - est celle d’un dignitaire religieux qui s’exprime dans le cadre d’une république laïque. Votre marge de manoeuvre dans l’espace public est clairement délimitée par la loi de séparation des églises et de l’État.
Ce projet de loi concerne une procédure civile et je pense que vous devriez déjà être reconnaissant d’être consulté avec les autres représentants des grandes religions. Il n’a jamais été question de réformer le mariage juif et de l’élargir aux couples de même sexe alors pourquoi se mêler d’une affaire qui, je le répète, ne concerne en rien les ministres des différents cultes?
Ces derniers jours, vous vous êtes agacé que l’on vous mette dans le même panier que les catholiques intégristes et les leaders rétrogrades du Conseil Français du Culte Musulman; vous faites valoir que vous vous opposez au projet de loi pour des «mobiles» différents. Vous avez ainsi refusé de prendre part à la Manif pour tous de peur d’être vu - ô suprême ironie - aux cotés de Gollnisch, Boutin, De Villiers et Frigide Barjot... mais le mal était déjà fait! C’est finalement votre tragédie que celle d’un intellectuel de haute volée qui se retrouve embarqué dans le même camp que les réactionnaires et les bigots les plus arriérés.
Vous auriez du rester silencieux dès le début! Mieux aurait valu que vous ne vous positionniez pas dans ce débat. Vous seriez sorti grandi de cette affaire en vous démarquant des autres religieux. Vous auriez adressé un message positif à votre communauté ainsi qu’à la nation qui équivaudrait en substance à : «nous, Juifs orthodoxes, avons notre opinion sur la question mais nous avons perdu la très vilaine (et très monothéiste) habitude monothéiste d’empiéter sur la sphère publique et nous ne voulons pas imposer notre vision traditionnelle de la famille à l’ensemble de la société civile».
Inutile de dire que vous auriez également fait le plus grand bien à ces milliers de jeunes qui suivent leurs scolarité dans les établissements juifs et qui n’ont pas la chance de profiter de vos subtilités herméneutiques en cours de Kodesh*.Ces collégiens doivent bien souvent se contenter de la compétence limitée d’enseignants rétrogrades qui leurs font ingérer via la prose biblique leur dose quotidienne de machisme, de tribalisme mesquin, de superstitions infantilisantes et de messages belliqueux prônant le rejet de l’autre...
Enfin, Monsieur le Grand Rabbin, n’avez vous jamais envisagé que l’homosexualité n’est pas réservée aux seuls Gentils? Que des jeunes juifs qui se découvrent, la mort dans l’âme une sexualité différente sont les premières victimes de votre intransigeance?
Vous leur auriez prouvé, par une prise de position plus subtile, qu’ils ne sont pas tout à fait seuls et que la Synagogue ne leur ferme pas ses portes. Vous auriez montré à leurs persécuteurs de cours de récréation et à leurs familles dans le déni que le judaïsme contemporain n’est pas le même que celui, rugueux et primitif, pratiqué par les Hébreux d’il y a 3000 ans. Vous leur enseigneriez qu’on peut être juif en 2013 sans être en dehors de l’époque dans laquelle on vit.
Respecter les couples homosexuels dans leur quête des mêmes droits que les autres aurait été un grand pas dans cette Renaissance du judaïsme républicain et tolérant que vous sembliez jusqu’ici incarner.
Joachim Cohen
Slate.fr, va-t-il se faire une spécialité - non pas de ces articles de propagande en faveur du "mariage pour tous", ce qui après tout, pourrait paraître "normal", venant d'un acteur de la presse française - mais de ce qu'il nous présente comme des "Tribunes", où d'illustres inconnus s'efforcent de décrédibiliser des personnes qui ne pensent pas comme eux - c'est-à-dire bien ?
Car hier c'était Frigide Barjot qui a réuni 800 000 personnes sur le Champ-de-Mars, et aujourd'hui c'est le Grand Rabin Bernheim, première autorité religieuse à avoir clairement exprimé les arguments humains et légaux qui s'opposaient à ce "changement de civilisation" qu'on veut nous imposer.
Il nous faut remercier Marianne Arnaud de ne jamais faire de propagande ni de tenter de décrédibiliser qui que se soit.
8..... selon les manifestants.
Pourtant vos interventions montrent clairement votre positionnement et vos croyances dans bien des domaines.( dans tous les domaines à vrai dire
@ pline
La propagande, selon Wikipedia "désigne un ensemble d'actions psychologiques influençant la perception publique des événements, des personnes ou des enjeux, de façon à endoctriner ou embrigader une population et les faire agir et penser d'une manière voulue."
J'ai bien peur que vous m'ayez fait trop d'honneur !
@ marianne
Les actions de propagande ne sont jamais transmises pas écrit, graphisme... etc??? (ah ah). Agent de propagande ne veut pas dire concepteur, il faut toujours des petits soldats.
Le "vous me faites trop d'honneur" (une des figures classiques du mépris, selon le contexte ), met d'autant plus en évidence la doctrine sous-jacente. Il n'est pas utile de faire plus, certains de vos clichés vous dévoilent. Mais cela n'a que peu d'importance, votre voix parfaitement située, peu tout de même servir comme contre exemple afin d'élaborer une véritable réflexion, ce que d'autres font, parfois avec beaucoup de finesse et sans Wikipédia
Cette lettre ouverte revient donc à reprocher à un dignitaire religieux de ne pas brader ses articles de foi dans le seul but de s'adapter aux questions sociales de son temps. Ce genre d'interventions "éclairées" semblent de plus en plus fréquentes ces temps-ci sur la toile. Pour ceux à qui le défaut de logique n'apparaîtrait pas assez clairement, résumons:
1. Le grand rabbin de France est un dignitaire religieux chargé de représenter la religion juive, ses articles de foi, sa philosophie, sa culture,etc. ...
2. Le refus de l'homosexualité est un article de foi du judaïsme.
3. Le grand Rabbin a défendu cet article de foi dan un ouvrage.
CONCLUSION
- Le grand rabbin aurait dû renier cet article de foi pour coller davantage à son contexte social,
ce qui revient à dire:
- Le grand rabbin aurait dû placer les revendications des homosexuels plus haut que les articles de foi qu'il est chargé de défendre en vertu de sa fonction.
ce qui revient à dire:
- ... le grand rabbin n'aurait pas dû être grand rabbin ...
L'auteur écrit - Il n’a jamais été question de réformer le mariage juif et de l’élargir aux couples de même sexe alors pourquoi se mêler d’une affaire qui, je le répète, NE CONCERNE EN RIEN les ministres des différents cultes?
C'est le totalitarisme à l'oeuvre. On ne voit pas pourquoi les opinions sur les choix de société seraient interdits aux uns ou aux autres. Un parti politique (en l'occurence les écolos et le PS) aurait soit-disant le monopole de la réflexion et les églises seraient interdites sur ce sujet? On sombre en plein communisme à la sauce 1917. L'auteur à deux siècles de retard.
Tous le monde a le droit de s'exprimer sur un sujet qui nous touche tous et les chefs de file en ont le devoir. Nous sommes tous concernés contrairement à ce que dit l'auteur. Le fonctionnement de la société dans laquelle je vis me concerne au plus haut point bien que je ne sois ni syndicaliste, ni propagandiste politique, ni rabbin, ni évêque mais un simple citoyen, même pas juif.
Employer totalitarisme à tout moment et pour toute réponse fini par ne plus avoir aucun sens ; au point que le totalitarisme pourrait réapparaître sans que les fossoyeurs de la notion ne s'en rendent vraiment compte.
Surtout quand il s'agit de religions (quelles qu'elles soient),celles-ci n'ayant plus leur pouvoir totalitaire qu'en cas de séparation de l'église et de l'état.
le texte ce suffit et me parle dans les moindres détails. Il fallait que je le dise. Hétéro et d'un grand père déporté.
@Marianne Bonjour :-) Que les médias se fassent l'écho de positions opposées au travers du Figaro ou de Slate me semble plutôt réconfortant. Si contester les arguments du Grand Rabin Bernheim ou de Frigide Barjot devrait être interdit parce que ce serait "décrédibiliser des personnes qui ne pensent pas comme eux", autant renoncer tout de suite à toute discussion et donc à la démocratie. La démonstration de RomainPeter me semble plus pertinente. Lorsque le Pape exprime son opinion sur le divorce ou la contraception, il est dans son rôle de Pape, sans que sa parole ne soit le reflet des " arguments humains et légaux qui s'opposaient à ce "changement de civilisation"". Ce n'est que le reflet de l'idéologie d'une religion à un moment donné de son histoire. Et Dieu merci :-), les religions évoluent même si ce n'est pas le cas de tous leurs adeptes http://www.les-intransigeants.com/2012/10/la-place-des-extremistes-sodomites-est-au-bucher/
Ceux qui ne sont pas venus au monde avec cette predisposition à aimer leurs semblables ne comprendrons jamais . si cela leurs avait ete echus nul doute qu'ils en seraient honteux et on ne peut aimer quand on ne s'aime pas .
Il vous a fallu ce débat sur le mariage des homosexuels pour vous apercevoir que " le judaïsme contemporain n’est pas le même que celui, rugueux et primitif, pratiqué par les Hébreux d’il y a 3000 ans" ? Vous ne vous en étiez pas aperçu avant ?
D'ailleusr, le judaïsme n'est pas plus progressiste que le christianisme ou l'Islam.
Si les partisans du mariage pour tous étaient aussi convaincus, ils ne rempliraient pas les pages des journaux ecrits et télévisés. Pour preuve s'il en fallait, c'est le refus d'un referendum sur la question et si l'on en croit les differents sondages, cette loi n'aurait aucune chance de passer. Quant au discours de Monsieur BERNHEIM, il n'a fait qu'exprimer ce que pensent tous les croyants.
Parmi les scrutins qui ont accompagné les dernières élections présidentielles étatsuniennes, deux états ont voté pour légaliser le mariage gay. Une candidate ouvertement lesbienne est devenu sénatrice en battant un candidat du Tea party. Un pasteur favorable au mariage gay participe aux cérémonies d’investiture de Barak Obama. Les étatsuniens sont pourtant plus nombreux à être adhérents à une religion et à sa pratique qu’en France où le nombre de sans religion croit régulièrement (environ 30% actuellement). L’esprit de charité et l’amour du prochain manifestés à l’occasion du mariage pour tous ne va certainement pas enrayer cette progression.
Je ne vous connais ni vous, ni M. Bernheim.
Je ne suis pas juif et connais peu de choses de cette religion et de sa culture, mais j'ai cru comprendre que ses principes ne reconnaissaient pas le mariage homosexuel. Le "mariage homosexuel" n'a pas vocation à être une institution religieuse, mais bien une institution civile et séculière, donc par essence déconnectée des questions spirituelles et religieuses. En revanche, les implications morales de ce problème peuvent amener les différents dignitaires religieux à s'exprimer sur le sujet. C'est leur droit.
Les positions de principe du Pape ou du Grand Rabbin n'engagent que ceux qui les énoncent et les fidèles qui les suivent. Si vous êtes déçu par votre religion, c'est une affaire personnelle entre cette religion, son clergé et vous. Vous étiez "fan" du Grand Rabbin? Un rabbin ou un prêtre ne recherchent pas à plaire à quelque "fan-club", il prêche une morale à des disciples. Et si vous vous estimez en contradiction totale avec cette morale, alors ne croyez plus en cette religion, point final. Mais de grâce, que ceci demeure une affaire personnelle, pas le sujet d'une énième "lettre ouverte" finalement profondément narcissique.
La liberté de culte est une liberté fondamentale et aucun clergé n'a vocation à être assermenté par le pouvoir en place pour prêcher dans son sens. Pour le reste, que celui qui veut croire croie et que celui qui le veut reste incrédule.
Je n'ai jamais dénié à qui que ce soit l'autorisation de contester mes arguments quel qu'ils soient, et je me suis toujours employée a défendre mes idées du mieux que j'ai pu, et vous le savez très bien.
Mais dans cette lettre ouverte au grand Rabbin Bernheim, outre que l'auteur écrit : "Vous vous êtes fendu d'un essai..." ce qui ne me paraît pas être le ton approprié pour s'adresser à un Grand Rabbin - et ce d'autant plus si on appartient à la communauté juive - il poursuit : "ces pages vous ont durablement décrédibilisé..."
Je vous avoue que je ne suis pas allée plus loin dans cette lecture car je pense, tout comme vous, que si le Grand Rabbin Bernheim ne peut pas faire valoir ses arguments sans être "décrédibilisé, nous ne sommes plus en démocratie.
Très cordialement.
Cher Monsieur Cohen,
1) Gilles Bernheim se revendique dès le départ comme Grand Rabbin et commentateur de la Bible. Il ne se tire donc aucune balle dans le pied. Et il ne soutient pas que sa vision du monde est "intégralement façonnée par la Bible", ce qui serait une ânerie.
2) "Dépasser la Torah" est une absurdité. La Torah est par essence matière à questionnement infini.
3) La majorité des gens qui s'opposent au mariage unisexe se sont lancés dans la bagarre non pas pour brimer les homosexuels, mais pour qu'on ne remette pas en cause les fondements légaux de la filiation ni les droits de l'enfant. Ils veulent que la fondation d'une famille reste l'affaire d'un couple composé d'un homme et d'une femme. D'où leur opposition au mariage des homosexuels dans le cadre légal actuel, car le mariage comporte un droit imprescriptible à l'adoption. Bernheim développe longuement la question de l'identité du point de vue de l'enfant.
4) Ce souci paraît vous échapper. Mais les adversaires du mariage unisexe ne se placent pas du tout du point de vue des couples. Ils savent bien quel est le malheur des enfants non désirés et non aimés ! ils refusent simplement qu'on institutionnalise l'"homoparentalité", afin de protéger le droit de tout enfant à être enfant d'un père et d'une mère. À l'inverse, la plupart des partisans du mariage uinisexe ne considèrent que leur projet de couple, et leur prétendu "droit à avoir des enfants". Mais comme dit Bernheim, un tel droit n'existe pas. Où prenez-vous qu'il aurait une vision de "Bisounours" ?
5) Bernheim a raison de pointer le doigt sur les théories quasi lyssenkistes de la "Queer theory". Mais ils ne confond pas ce genre d'excès avec les désirs de la plupart des homosexuels qui réclament le droit de se marier. Il souligne encore à raison cette absurdité selon laquelle la stérilité (forcément) des couples unisexe serait une "injustice". Car ce qui se cache derrière le slogan, c'est la menace qu'une minorité (si, si) d'activistes ne finisse par brouiller tout ensemble la question des généalogies, du statut de l'enfant (devenu objet d'un droit) et de l'identité des sexes. Rien à voir avec l'antisémitisme ou l'homophobie. Par pitié, dominez vos réflexes pavloviens !
6) Oubliant le début, vous disqualifiez Bernheim en raison de sa qualité de rabbin. Trop drôle ! Sauf que la démonstration de Bernheim n'est pour ainsi dire pas étayée par des arguments d'autorité (puisée dans la Foi), mais par des arguments rationnels, qui font référence à la société la plus laïque et la plus contemporaine, et que vous discutez à peine. Sa manière de pointer la folie de la théorie du "gender" à la lumière de la Bible illustre parfaitement sa démarche affichée dès le départ.
7) Et pour finir cette disqualification si commode : rétrograde ! Comme la connerie de certains religieux intégristes vous arrange ! Non, Gilles Bernheim n'est pas vêtu d'une peau de bête, il n'a pas la tête hirsute et primitive d'un vieil Hébreu d'il y a 3000 ans. En fait, il est beaucoup plus jeune que vous.
Gilles Berheim a produit son travail de la pensée et du cœur il y a quelques mois et il s'est tu depuis. Si GB était Dieu, nous pourrions dire qu'il a parlé définitivement mais qu'en fait il n'existe pas. Mais nous savons que Gilles Berheim n'est qu'un homme et qu'il existe toujours. Pourquoi est-il donc silencieux aujourd'hui ?
Gilles Bernheim a produit, il y a quelques mois, cet essai avec ce qu'il possède d'intelligence et de cœur puis il s'est tu après audition à l'Assemblée Nationale.
Dieu aurait parlé une fois pour toute sur le sujet puis se serait tu sans plus vouloir paraître exister. Mais GB n'est qu'un homme et nous le savons toujours vivant. Pourquoi à votre avis se tait-il donc ?
Afin de ne pas être suspecté d'être inféodé à quelque entité spirituelle que ce soit, je veux d'abord préciser que je ne suis pas israélite, ni adepte d'aucune religion. Je me sens donc d'autant plus libre.
Bon nombre de commentaires démontrent que leurs auteurs n'ont pas lu cet essai, ce qui ne les empêche pas d'avoir une opinion tranchée à son sujet.
En l’occurrence, contrairement à certaines affirmations, il n'est nullement question dans ce texte de rejeter l'homosexualité. Gilles Bernheim se place uniquement sur le plan du droit, de l'organisation de la société, de l'équilibre des enfants.
Ce n'est que dans une ultime partie (une page sur 25) et à la fin du document qu'il évoque l'aspect de la question par rapport à la Bible.
Ce texte m'apparait comme parfaitement équilibré, à partir des questions que l'on peut se poser et des réponses à y apporter.
Ce que je constate par contre, c'est que les médias dans leur immense majorité militent largement en faveur de ce soi disant "mariage pour tous", formule aguicheuse qui dissimule une remise en cause fondamentale de l'organisation de notre société pour suivre le lobbying d'organisations minoritaires d'une communauté elle même minoritaire. On constate que la plupart des homosexuels ne sont guère intéressés par ce pseudo mariage et même que certains y sont opposés. Mais cette communauté (à défaut de trouver une autre définition) est très largement représentée dans le monde des médias, notamment à la télévision. Naturellement, on nous présente des "sujets", fournis par les organisations militantes qui montrent des "couples mariés" dans d'autres pays, ou des enfants élevés par des homosexuels que l'on nous dit parfaitement épanouis etc...
Le fait qu'une apparente majorité de français serait en faveur de cette loi ne fait que montrer une fois de plus l'absence de réflexion approfondie sur le sujet présenté de manière biaisée, sans qu'il soit en aucune manière question de stigmatiser une catégorie de population qui vit comme elle l'entend.
La finalité de l'espèce humaine est, comme toutes les espèces vivantes, d'assurer la pérennité de l'espèce, jusqu'à présent par voie sexuée, comme pratiquement toutes les espèces. les sociétés se sont organisées en conséquence, avec des systèmes d'unions hommes/femmes plus ou moins organisés de manières variables. Dans des pays de droit comme le nôtre, cela a amené à une codification civile de cette situation afin de gérer les situations respectives.
Pour les couples homosexuels, il suffirait d'améliorer le PACS sur le plan patrimonial.
69 articles dans le dossier mariage pour tous et j'attends toujours un article exprimant intelligemment les arguments des opposants. Cette histoire finit par ressembler à du bourrage de crane médiatique on aura droit à tout : les opposants ne sont pas des gens fréquentables, de toute façon la société est en avance et est déjà prête, c'est une promesse de campagne, maintenant les attaques quasiement ad hominem contre les opposants les plus médiatique hier Frigide Barjot aujourd'hui le Grand Rabin de France . . .
N'y a t il donc personne chez Slate qui a une autre opinion ? Je vais finir par croire à une omerta journalistique sur le sujet.
@ Gdl
Si vous me le permettez, je m'associerai pleinement à votre constat, d'autant qu'ayant pris la liberté de commenter une dizaine de ces 69 articles, d'aucuns n'ont pas hésité à me convaincre de faire de la propagande !
Peut-être simplement parce qu'il n'y a pas d'argument réellement défendable à l'opposition au mariage pour tous ?
Ou, permitiendo,mettons les choses en leur place
1. La Torah n' est pas un quelconque écrit pour ceux qui y croient mais la Parole du Saint, Béni soit- il.
2. La Torah est un écrit tellement complexe qu' y changer quoique ce soit rendrait sa lecture impossible et ce dû à l' alphabet hébreu lui même. Le signe est lettre, chiffre- gematria, et symbole. La combinaison de tous ces éléments peuvent offrir des interprétations là où les passages sont voilés. Par contre les Mitsvot sont clairs. Que le croyant les respecte ou pas, il s' agit là d' un choix personnel, il est là seul juge face à sa conscience.
3. Un Grand Rabbin, Grand Maître en Français, représente une communauté religieuse qui puise sa raison d' être dans la Torah.
4. La Torah est claire en ce qui concerne la sexualité en général, quitte, comme déjà dit ci- dessus, que le pratiquant applique ou non ses préceptes.
5. Il est donc logique que le Grand Rabbin ne peut que défendre la Torah, fondement de sa religion. Quitte à ce que sa position privée, de citoyen puisse éventuellement autoriser une permissivité voir une certaine tolérance. Personne n' étant parfait, le Saint, Béni soit- il, tout comme le Christ et Allah le Miséricordieux, acceptent et pardonnent les égarements de leurs fidèles.
Mais aller demander à un représentant officielle d' une foi de défendre ce que sa foi clairement interdit, cela me semble vraiment trop demander.
Je suis Goy et Athée, mais je puis comprendre la position difficile des représentants de religions, les liants de communautés, dans des sociétés laïques, pluri- culturelles, individualistes, matérialistes ou la voix de leur dieu n' en est qu' une parmi tant d' autres.
Merci pour votre texte.
Je me permets cependant une différence de point de vue sur une question.
Je vous laisse voir ce que j'en dis, si cela vous intéresse.
http://royannais.blogspot.com/2013/01/leglise-devrait-elle-se-taire.html
P. Royannais
Quelle tristesse de voir vos réactions à cette réponse au Grand Rabbin de France...Avez-vous au moins lu cet essai?
Moi, oui
Je suis profondément athée et je m'en réjouis chaque jour un peu plus face aux spectacles affligeants que nous proposent les différentes religions enfin, surtout leurs représentants...
Mr le Grand Rabbin de France, avec tout le respect que je lui dois, semble avoir oublié que lui aussi doit le respect à chacun.
Je l'ai lu parler au nom des homosexuels, puisqu'apparemment il en devine ou plutôt invente les sombres intentions.
J'entends certains suffoquer à l'idée que d'illustres inconnus s'expriment...mais l'avis de Mr Bernheim n'est pas au dessus de celui des autres.Le fait d’être médiatique ou d'avoir des responsabilités quelles qu'elles soient, ne font pas de lui le seul à avoir des neurones et à être capable de s'en servir.Son avis est un avis comme un autre.
Si il a un avis à donner sur le mariage civil, c'est en tant que citoyen mais certainement pas en tant que rabbin, et pour cause, aura t'il affaire à des mariages de personnes de même sexe en tant que rabbin?Bien sur que non...
Il dit que l'amour ne peut être un argument (tiens,tiens, comme Me Boutin d'ailleurs), qu'on ne peut marier par exemple un père et sa fille...mais est ce ce que les homosexuels demandent?non.Demandent-ils la polygamie?non etc...
De toute façon l'amour qu'un couple homosexuel pourrait apporter à un enfant ne serait pas "structurant".Ah bon et ça sort d'où?ah oui : chez les hétérosexuels les enfants "se savent issus de l'amour et du désir de leurs parents même si ceux-ci ne sont pas leurs géniteurs" alors que pour les homosexuels, l'enfant (et le mariage) n'est qu'un outil ou plutôt "un cheval de Troie dans le combat contre l'hétérosexualité et avec ce "projet" si "ambitieux": "la négation de toute différence sexuelle"...j'aurais aimé être dans la caricature ou dire que ce sont là des propos issus d'un beau délire paranoïaque mais non, ce sont ces propres mots au Grand Rabbin de France.
Heureusement ce Cher Grand Rabbin de France trouve indispensable de lutter contre toute forme d'homophobie, nous voilà donc rassurés.
Sinon pour ce qui est des enfants déjà existants,"la réalité des faits ne suffit pas pour créer une réalité dans le droit.Ceci vaut aussi pour les nouvelles formes d'homoparentalité", autrement dit, ils n'avaient qu'à pas exister, rien ne justifie que le droit s’intéresse à éventuellement les protéger.
Ainsi donc ce cher Mr Bernheim prête aux homosexuels un tas d'intentions,dangereuses pour notre société, pour mieux les exclure...à mon sens il n'y a rien ici de très intelligent ni de très digne...
Monsieur Le rabbin,
La république en danger de pourriture a été défendue courageusement par vous, avec vos arguments.
Des traîtres juifs déversent sur vous un flot d'injures; être épargné par une telle engeance eût été une anomalie.
La loi Taubira, les français n'en veulent pas!
C'est pourquoi, je vous exprime toute mon admiration et ma reconnaissance.
Veuillez agréer, Monsieur Le Rabbin, l'expression de ma plus haute considération!