- REUTERS/Régis Duvignau. -
Si vous voulez par avance discréditer les adversaires d’un projet de loi, présentez-le comme une réforme permettant d’aller vers plus de liberté et d’égalité. Celui qui se dira contre ne pourra qu’être réactionnaire: sinon, pourquoi se poserait-il en adversaire de la liberté et de l’égalité? Si vous êtes progressiste, vous devez être pour cette réforme.
Le mariage pour tous s’inscrit très exactement dans ce contexte. Y être hostile ou, tout au moins, être réservé face à la nécessité d’une telle disposition, vous condamne sans autre forme de procès à la relégation dans le camp de la réaction, de l’obscurantisme, de l’homophobie, etc. Si vous êtes un esprit libre et ouvert, vous devez y être favorable, cela ne se discute même pas.
Et, pourtant, si, cela devrait se discuter. Il est vrai que certains propos entendus dans le camp de ceux qui manifestent contre cette réforme sont clairement homophobes et insupportables.
Il est vrai aussi qu’on peut ne pas avoir envie de se retrouver dans le même camp que les Eglises, quelles qu’elles soient, et les dirigeants politiques les plus conservateurs. Est-ce pour autant que l’on doit se taire et faire comme si on était dans le même camp que ceux qui défendent une mesure que l’on juge contestable?
Ce n’est pas, en effet, parce qu’une mesure est dans l’air du temps, qu’elle a un look jeune et moderne, qu’elle est bonne. Il est évident qu’en matière de sexualité, la liberté des pratiques doit être la règle entre adultes consentants et jouissant de toutes leurs facultés mentales.
Cette question-là, semble-t-il, est réglée depuis longtemps, seule une minorité ne l’ayant pas encore admis. Le problème vient des conclusions que l’on en tire en matière de droit(s): droit au mariage, à l’adoption, voire à la procréation médicalement assistée, etc.
Le projet de loi remet sur le devant de la scène une institution, le mariage, que l’on avait mis beaucoup de temps à désacraliser et à reléguer au rang de simple formalité administrative. En clair, on se mariait (éventuellement) par commodité; l’acte le plus important avait été accompli avant, par le choix de son partenaire et la décision de partager sa vie. Avec le mariage pour tous, on se retrouve amené à accorder une importance de premier rang à un acte juridique que l’on avait volontairement un peu oublié…
Pourquoi alors cela pose-t-il un problème d’ouvrir le mariage aux couples homosexuels? Parce qu’il ne faut pas se leurrer sur le rôle de cette institution. Si beaucoup d’entre nous l’utilisent comme un simple instrument de gestion, il est clair que le mariage, depuis l’origine, a pour objectif plus ou moins explicite la procréation et que la procréation demande, qu’on le veuille ou non, deux personnes de sexe différents.
Ouvrir le mariage aux couples homosexuels, c’est automatiquement ouvrir la porte à la procréation médicalement assistée voire à la gestation pour autrui. Et cela mérite tout de même d’être réfléchi.
La liberté, c’est le droit donné à chacun de faire ses choix de vie et de prendre ses responsabilités. Chacun doit être libre de vivre avec la personne de son choix, y compris avec une personne de son sexe.
Mais, en toute logique, on devrait accepter, dans ce dernier cas, de ne pas avoir d’enfants. Le problème, c’est que l’on vit dans une société où les notions de choix et de conséquences de ses choix n’ont plus gère de sens. Tout être humain, selon le dogme en vigueur, a légitimement droit à avoir un enfant; lui refuser ce droit est une discrimination odieuse.
Cette évolution n’est pas surprenante; elle est dans le droit fil de ce qu’on vit depuis une quarantaine d’années. On a connu la famille classique où l’on se mariait pour la vie, où le divorce était interdit ou à tout le moins mal considéré: on restait ensemble, quitte à faire du foyer un étouffoir. Les enfants devaient être conçus uniquement dans le cadre du mariage. Quant aux relations homosexuelles, c’était réservé aux artistes parisiens, à condition qu’ils n’en fassent pas trop étalage…
Tout cela a sauté, et c’est heureux, mais il n’est pas dit que nous fassions un très bon usage de cette liberté retrouvée. Dans la logique du «Chacun fait ce qu’il veut et chacun a droit à des enfants», même s’il ne peut subvenir à leurs besoins ou s’il ne peut pas en avoir, on doit inévitablement arriver au couple homosexuel, à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui (il serait contraire à toute logique de l’égalité parfaite que les couples homosexuels masculins soient privés d’enfants alors que les femmes homosexuelles pourraient en avoir), quitte donc à avoir recours à tous les artifices imaginables.
Dites à un écologiste que vous voulez manger des fraises en hiver, il vous objectera, avec raison, que votre demande n’est pas raisonnable, que vous devez respecter les lois de la nature et que l’homme se condamne en ne les respectant pas. Parlez-lui de semences transgéniques, il vous expliquera tous les dangers de ces manipulations génétiques des espèces végétales. Mais dites-lui que vous voulez avoir un enfant avec une personne du même sexe que vous, il ne trouvera rien à redire: c’est naturel!
Que mes amis se rassurent: je ne suis pas allé manifester avec les intégristes et les homophobes. J’accepterai le mariage homosexuel et tout ce qui s’ensuit, puisque c’est le progrès.
Mais j’espère qu’il n’en sera pas fait un grand usage et qu’on retrouvera un jour la raison: un homme et une femme, c’est ce qu’il y a de mieux pour faire un enfant, et c’est encore mieux si cet homme et cette femme restent ensemble après avoir fait cet enfant.
C’est affreusement conventionnel, tout cela? Peut-être. Mais est-ce vraiment un progrès que de refuser la réalité? On nous dit qu’il s’agit d’accepter la différence, alors qu’en fait on nous propose de la nier. Faire comme s’il n’y avait pas de différence entre un homme et une femme, comme si les êtres étaient interchangeables, c’est plutôt une régression.
Gérard Horny
» Tribunes, enquêtes, analyses sur le mariage pour tous: un dossier pour en parler
Gérard Horny, journaliste spécialiste des questions patrimoniales - mais pas matrimoniales - y va de son couplet sur le "mariage pour tous" auquel il semblerait que personne ne peut échapper.
"Ce n'est pas parce qu'une mesure est dans l'air du temps, qu'elle a un look jeune et moderne, qu'elle est bonne", écrit-il.
Pourtant après avoir développé cette idée, il se croit obligé, au détour d'un paragraphe, de rassurer ses amis, non, il n'est "pas allé manifester avec les intégristes et les homophobes" et il acceptera "le mariage homosexuel et tout ce qui s'ensuit, puisque c'est le progrès."
C'est bizarre, à le lire on avait cru comprendre le contraire.
Cher monsieur Horny,
Parlant de raccourcis et d' amalgames, en voici un splendide.
Confondre un écologiste, quelqu' un qui aspire et veut contribuer à une planète intacte et propre pour nos prochaines générations, avec un parti politique comme EELV par exemple est pour le moins réducteur et peu flatteur pour ceux qui vraiment prennent à coeur notre pauvre planète.
Il y a des mouvements écologistes très engagés qui ne s' occupent que de ce qui les regarde : l' état de la planète et plutôt que de penser aux mariages et aux procréations artificielles leur attention se tourne plutôt vers la réduction de la population mondiale, si possible par des moyens naturels qui s' appellent vieillesse, maladies, mortalités diverses, bref, le service nettoyage de Mr. Nature.
Conservateurs dans le vrai sens du mot. Réactionnaires car voulant réagir aux aberrations que l' on veut nous vendre comme progrès. Mais néanmoins profondément écologistes, qui qu' en grogne.
Donc, si on vous suit bien :
1. Les opposants au mariage homo ne sont pas tous d'affreux réacs intégristes et homophobes, et leur point de vue est argumenté et mérite d'être pris en compte.
2. Mais "Que mes amis se rassurent: je ne suis pas allé manifester avec les intégristes et les homophobes" (faudrait savoir !)
3. Cela dit, je suis d'accord avec eux.
Un peu de courage cher Monsieur, il n'y a aucune honte à dire clairement, même sur Slate.fr, que vous ètes d'accord avec les manifestants d'hier, et opposé à ce projet de loi et à ses conséquences, notamment sur l'aspect de la filiation.
...et venez donc nous rejoindre à la prochaine manif !
Vous dites : "Ouvrir le mariage aux couples homosexuels, c’est automatiquement ouvrir la porte à la procréation médicalement assistée voire à la gestation pour autrui." Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela?
L'article L.2141-2 du code de la santé publique dispose :
"L'assistance médicale à la procréation a pour objet de remédier à l'infertilité d'un couple ou d'éviter la transmission à l'enfant ou à un membre du couple d'une maladie d'une particulière gravité. Le caractère pathologique de l'infertilité doit être médicalement diagnostiqué. "
Jusqu'à preuve du contraire, je ne pense pas que la caractère pathologique de l'infertilité d'un couple de deux personnes de même sexe puisse être diagnostiqué.
L'égalité des droits n'implique pas d'autoriser les couples homosexuels à recourir à la PMA voire à la GPA puisqu'il n'existe pas de "droit à l'enfant" en droit français.
En revanche, l'accès au mariage et à l'adoption (qui sont des actes juridiques, ce que n'est pas la conception d'un enfant) peuvent être revendiqués à ce titre.
Si la PMA est interdite en France, les couples homosexuels iront par exemple en Belgique pour l'obtenir.
Donc il est logique de l'autoriser en France pour qu'elle correspondent au concept français de cette pratique.
Il s'est passé la même chose pour l'avortement quand les Françaises allaient en Angleterre.
@ Jacques_Ghemard La PMA est autorisée en Belgique pour les couples homosexuels depuis 2007. Elle n'a pas pour autant été autorisée en France depuis. L'autorisation du mariage n'y changera rien ou, du moins, n'implique pas juridiquement de l'autoriser. Le reste est une question de volonté politique.
S'opposer au mariage homosexuel en arguant de la PMA ou affirmer que l'accès au mariage implique celui à la PMA n'est donc pas pertinent.
que te dire Gérard...? je t'ai lu, et oui, t'es réac.
Tes arguments sont réacs, ta conclusion l'est tout autant.
là vous atteigniez un niveau de débat........ il a raison, il est possible d'être opposé a ce type d'union sans être ni réac, ni catho intégriste, ni homophobe. et je dis sans aucune arrière pensée puisque je suis pour le mariage et l'adoption.
maintenant, c'est un point de vue. il n'y pas de vérité biologique, pas de vérité historique, pas de vérité culturelle dans le mariage dit pour tous. il n'y a pas à débattre de sa façon de voir la famille. en quoi est ce plus réac d'être hostile ou inquiet de cette évolution et l'incapacité des lobbys gays à comprendre que cette évolution n'est pas anodine et que les propos tenus sont plus que limites en matière de vérité.
Ce que se refuse à comprendre les gens qui ne connaissent pas d'homosexuel, c'est qu'on ne choisit pas plus d'être homosexuel que d'être noir. On choisit seulement de vivre dans la vérité ou de mentir à sa femme toute sa vie.
Nous dire, vous avez choisit d'être homos, acceptez les conséquences, me parait un point de vue, qui sans être vraiment homophobe est bien méprisant(comme les manifestations d'hier).
Quant au procès d'intention, sachez qu'on peut aussi souhaiter avoir des enfants et ne pas se résoudre à les faire n'importe comment. On peut être homo et ne pas souhaiter la GPA.
Croyez le ou non, les homos ne cherchent pas à vous emmener dans "le meilleur des mondes" d'Huxley, où tout les enfants seraient fabriqués en bouteilles. Ils veulent juste pouvoir déposer un dossier de demande d'adoption et que celui-ci soit étudié comme les autres, par des professionels qui jugeront de la solidité du couple, de sa capacité à compenser l'absence de mixité sexuelle et d'une foule d'autres critères au moins aussi pertinents.
C'est bel et bien vrai: on ne choisit pas ses orientations, pas plus que la couleur de sa peau. Notre naissance, de fait, nous impose l'un et l'autre.
Et il est heureux que l'on s'en rende compte.
En effet, avec une telle conscience de ce que signifie ce que l'on est né, pourquoi vouloir aller à l'encontre de la nature dans la mise au monde d'enfants? D'une part, nous réaffirmons que l'on naît avec ses particularités; d'autre part, la PMA signifie renier les particularités plus manifestes encore qui nous définissent: l'identité d'homme ou de femme.
"Ouvrir le mariage aux couples homosexuels, c’est automatiquement ouvrir la porte à la procréation médicalement assistée voire à la gestation pour autrui. Et cela mérite tout de même d’être réfléchi."
Non, le médical n'est pas nécessaire les méthodes naturelles ou artisanales peuvent convenir. Par contre ce qui est nécessaire, c'est l'intervention d'un tiers qui accepte de donner ses gamètes, voir de porter jusqu'au bout son ovule si le couple est mâle.
Donc il faut réfléchir à la place de ce tiers et y réfléchir avant tout dans l’intérêt de l'enfant.
"il serait contraire à toute logique de l’égalité parfaite que les couples homosexuels masculins soient privés d’enfants alors que les femmes homosexuelles pourraient en avoir"
Contraire à la logique peut être mais le droit des uns ne vaut que s'il n'empiète pas sur le droit des autres et le droit des femmes à ne pas être exploité dans leur corps et dans leur âme, s'oppose à cette logique apparente. En fin de compte la logique ce serait plutôt que les hommes homosexuels renoncent tant que l'utérus artificiel n'existe pas et n'a pas prouvé ses qualités maternelle.
"Mais dites-lui que vous voulez avoir un enfant avec une personne du même sexe que vous, il ne trouvera rien à redire: c’est naturel!"
Le verbe "avoir" est bien imprécis et permet toutes les interprétations délirantes. Remplacez le par "élever" au lieu de "concevoir" et vous comprendrez peut être ce que l'on vous dit.
"Mais j’espère qu’il n’en sera pas fait un grand usage et qu’on retrouvera un jour la raison: un homme et une femme, c’est ce qu’il y a de mieux pour faire un enfant, et c’est encore mieux si cet homme et cette femme restent ensemble après avoir fait cet enfant."
Mais que croyez vous ? Que suite à cette loi les hétéros vont virer homo ?
Les hétérosexuels vont continuer à faire des enfants comme avant et les homo vont peut être cesser de se marier contraints pour divorcer un peu plus tard. Le résultat sera donc peut être un peu plus de stabilité pour les enfants.
Vous semblez encore penser que l'homosexualité est un choix que la loi pourrait favoriser. Moi je n'ai pas choisi d'être hétéro et il semblerait que pour les homosexuels c'est pareil, cette réalité s'impose à eux.
Bref, un père et une mère c'est peut être mieux mais alors qu'avez vous prévu de faire pour les orphelins, les nés sous X, les nés de père irresponsables où de mère qui s'est taillée ? Les enfants de couples homos auront au moins deux parents eux, quelle chance ! Ne voyez vous pas que c'est vous qui niez la réalité.
Je rajouterai que dans un couple infertile, si c'est l'homme seul qui est stérile, ils peuvent toujours avoir un enfant grâce à la PMA. Dans le cas inverse, ce n'est pas possible. C'est déjà contraire à "l'égalité parfaite" prétendument prônée par le PS; et pourtant, cela est parfaitement admis.
En 2012, pour la première fois en France il est né plus d'enfants hors mariage que sous l'égide de cette institution.
1.8 millions de femmes (pour l'essentiel) élève seule leurs enfants.
Notre société évolue.
Le plus regrettable dans les manifestations verbales que l'on a pu entendre des opposants résidait dans les extrapolations possibles du projet de loi (PMA et GPA ne figurant pas dans le texte présenté par le gouvernement).
Quant aux délires sur la polygamie, l'inceste et la pédophilie il faudrait leurs rappeler que les cas jugés par notre justice concernent essentiellement des familles classiques comme se fut le cas à Outreau.
PMA et GPA y figuraient. Ils n'y figurent plus! Un projet de loi separe sera prepare.
Il me semble honnete de considerer l'ensemble de la reforme telle que prevue. Pas vous?
Réponse à la réponse, pas au commentaire du doux rêveur : la PMA y figurait, la GPA n'a jamais été évoquée par les socialistes. D'ailleurs, tous ces projets de lois constituent des extensions de droits aux couples homosexuels. La GPA est interdite en France pour tout le monde, il n'est donc pas prévu qu'un texte portant là dessus soit voté.
Qu'il est agréable de lire un article plein de bon sens et de justesse sur le sujet, qui plus est pondéré et avec ce qu'il faut de sens de l'humour !
Je crains que vous n'ayez raison sur la fuite en avant de l'égalité et le risque concernant la gestation pour autrui, qui permettra le moment venu de restaurer l'égalité entre les homosexuels, les hommes étant défavorisés par rapport aux femmes ... une jolie échelle de perroquet à venir.
Mais vous avez raison, gardons le sourire et ne soyons pas réacs !
En tout cas, merci pour ce papier.
Cdt
Et avez vous pensé au danger que présente le port du béret basque ?
Ben oui un béret un peu rallongé au bord, ça fini par faire une Burqa.
Donc il faut interdire le béret basque, cette échelle de perroquet insidieuse !
"Chacun doit être libre de vivre avec la personne de son choix, y compris avec une personne de son sexe.
Mais, en toute logique, on devrait accepter, dans ce dernier cas, de ne pas avoir d’enfants."
Si je vous comprends bien, être homosexuel(lle) vous retire le fait qu'en tant qu'homme ou femme individuel(le), vous pouvez avoir un enfant??? Et si la personne homo se "transforme" en hétéro, son désir d'enfant est dès lors légitime???
Vous êtes de ceux qui pensent que la filiation biologique est essentielle? Que faites-vous des gens adoptés? (j'en suis). Ma mère (adoptive) était atteinte d'une maladie génétique rare, et avoir des enfants "naturellement" avec mon père eut conduit à un enfant héritant de cette maladie. Juste pour info, mes parents sont cathos. et plutôt tradi, sans être intégristes. En tout cas, mes PARENTS, ce sont ceux qui m'ont élevée, pas ceux qui m'ont pondue. Je ne ressens absolument rien pour ces derniers, restés en Indonésie.
Comment voulez-vous que je ne vous considère pas comme réactionnaire et conservateur?? Je suis hétéro, mais soutiens tout à 200% le mariage pour tous, l'adoption, et la PMA (pourquoi ne l'accorder qu'à des couples hétéros stériles? Au bout du compte c'est bien la question de sexualité qui gêne!). Et je ne souhaite pas avoir d'enfants, alors que si j'ai bien compris, en tant qu'hétéro, ce serait plus ou moins mon "devoir" d'en faire...
Mais il y a aussi des enfants adoptés ou issus de PMA qui veulent savoir qui sont leurs géniteurs. Donc pour moi il faut qu'ils aient la possibilité de savoir s'ils le désirent et quand ils sont en âge de gérer tout ça.
Et il ne s'agit pas d'éprouver un sentiment pour ses géniteurs mais plutôt de savoir qui on est.
Je suis entièrement d'accord cette tribune et je me retrouve complètement dans cette avis, en particulier sur la partie des droits de vivre avec la personne de son choix, mais qui implique de ne pas avoir d'enfants...
Sauf que les couples homosexuels ont des enfants. Ouvrez les yeux !
Cher Gérard Horny,
Franchement, dans la première partie de votre article, vous vous en êtes pas mal sorti. Vous avez raison, il est important de rappeler que tous opposants au mariage pour tous ne sont pas des membres Civitas frustrés, Nazis, militants du KKK ou agresseurs de Femen. Et surement que parmi les manifestants, des personnes défilent pour des raisons qui valent d'être entendues, même si je vous avoue que les cherche encore.. L'espace d'un instant, voyant votre titre accrocheur, vous avez crée l'illusion... mais non, ce ne sera pas vous. Car les arguments intéressants et non réacs contre la Mariage pour tous (il y en a t il?), ce n'est pas votre article qui les énonce car, par manque de preuves, vous n'allez pas au bout de votre logique. Pourquoi acceptons nous ce paradoxe de ne pas acheter de fraises en hiver mais d'accepter que des couples homosexuels puissent ensemble élever un enfant? Vous ne le dites pas. La vérité sur les fraises, elle est évidente, c'est que leur consommation en hiver a un cout carbon important et dangereux pour l'environnement. Quand aux prétendus malfaits des couples homo-parentaux, cela est moins évident. Car voyez vous, Monsieur, rien ne prouve que cela nuise à la planète, à la société, ni aux enfants eux-memes. Mais vous vous gardez bien d'aller sur ce type de discussion n'est-ce pas? Est-ce par peur d'être un réac?
@ CelineValligny
Un commentaire touchant, mais malheureusement symptomatique de ce que ce débat a de biaisé, révélateur d'une profonde incompréhension de concepts philosophiques élémentaires. Déjà, l'idée selon laquelle une personne homosexuelle (qui est avant tout une *personne* en effet) pourrait se « transforme[r] en hétéro », ou vice versa, est en contradiction violente avec la notion de liberté humaine. Une personne est définie par ses actes, non le contraire : il n'y a pas en matière de comportement humain de définition figée qui déterminerait de part en part les actes d'un individu. Cette idée est résumée par la formule de Jean-Paul Sartre « l'existence précède l'essence », et sa conception de la liberté humaine qui ne consiste pas à « pouvoir ce que l'on veut » mais à « vouloir ce que l'on peut » (de nos jours les mots d'ordre seraient plutôt « Just Do It! » et « Parce que je le veau bien ! »). En l'occurrence, prétendre que l'homosexualité n'est pas un choix revient à dire qu'aucun choix n'est un choix, puisque tout choix résulte de tendances plus ou moins fortes s'affrontant en chacun – c'est cela le libre arbitre : choisir parmi un éventail restreint d'options possibles compatibles avec son tempérament et son environnement, et sans cesse remettre en question ces choix. Penser le contraire revient précisément à dénier la liberté et la responsabilité humaines, à considérer que tout acte est le résultat inévitable de pulsions irrépressibles (auquel cas, un végétarien, un pédophile, un cambrioleur ou un philatéliste n'auraient pas non plus le choix d'être ce qu'ils sont, et devraient donc être traités à égalité). Du reste, comment pourrait-on parler de “fierté” pour quelque chose qui serait purement accidentel ? A la rigueur on se “reconnaît” homosexuel, c'est à dire que l'on décide de s'engager dans une voie (résultant d'une tendance profonde et de désirs qui effectivement s'imposent à soi mais ne constituent pas pour autant des injonctions à vivre de telle ou telle manière, de même qu'on peut raffoler de choux à la crème et choisir de ne pas en faire la base de son alimentation – si on le fait malgré tout, on doit accepter les conséquences, ne pas réclamer à l'État de promouvoir le régime 100% choux à la crème et d'en pallier les carences) que l'on sait incompatible avec la logique du vivant, laquelle est inéluctable, non négociable, et implique que 100% des humains naissent de l'union d'un individu mâle et d'un individu femelle (même réduits à deux gamètes, il y a toujours une personne humaine derrière – du moins tant que l'on ne saura pas recréer ex nihilo toute la complexité du code génétique, et tant qu'on n'aura pas admis l'artificialisation intégrale du processus de procréation, comme cela est envisagé dans des fictions dystopiques comme Le meilleur des mondes ou Bienvenue à Gattaca), tandis qu'aucun humain n'est jamais né d'une union homosexuelle, ce qui fait que la contribution de l'homosexualité à la communauté humaine est, qu'on le veuille ou non, nulle (aussi nulle si l'on veut que le chômage vis-à-vis du travail salarié – on est libre de refuser le travail salarié, de considérer que c'est une aliénation, qu'en ne travaillant pas on n'est pas plus voire moins nuisible que beaucoup d'“actifs”, que l'on n'a pas choisi d'être chômeur, il n'en reste pas moins qu'un chômeur ne peut sans contradiction réclamer un salaire de cadre supérieur « au nom de l'égalité des droits »).
{à suivre}
{suite, 2/3}
Là encore, il faut choisir : ou bien l'homosexualité serait une maladie, un handicap empêchant de s'inscrire dans le schéma normal de la filiation naturelle (schéma “réactionnaire” si l'on considère que ce qui est naturel est intrinsèquement réactionnaire, auquel cas, contrairement à l'auteur de cet article, il me semble qu'il faut au contraire revendiquer ce terme et remettre en cause l'idée selon laquelle le progressisme serait intrinsèquement bénéfique), ce qui justifierait un traitement de faveur et des soins palliatifs garantis par l'État, ou bien elle serait un choix de vie et une affirmation de la liberté individuelle, et dans ce cas il s'agirait en effet d'en accepter les conséquences, qui sont la stérilité de fait (puisque, faut-il le rappeler, il faut être deux, ni plus ni moins, pour concevoir un enfant, et, faut-il également le rappeler, de sexe différent : ce sont précisément les deux conditions *nécessaires et suffisantes* sur lesquelles le mariage est fondé – donc en effet « en tant qu'homme ou femme individuel(le) » il n'existe pas de « droit à l'enfant », pas plus du reste qu'il n'existe de « droit au mariage » pour une union ne respectant pas les principes fondamentaux du mariage, dont la définition est jusqu'à présent rigoureuse et logique, et ceci vaut également pour les unions de trois personnes ou davantage, lesquelles pareillement ne répondent pas à ces critères *nécessaires et suffisants*) et, jusqu'à présent, l'impossibilité du mariage, lequel est fondé depuis des millénaires sur la reconnaissance *spécifique* de la filiation naturelle, et conçu comme une unité sociale *autonome* (excluant par principe la notion de tiers donneur de gamète et autre bricolage “artisanal” ou technique – qu'il existe des exceptions visant à pallier des déficiences pathologiques ne justifie nullement la généralisation de ces arrangements et leur inclusion à la définition de base, de même que l'existence d'un mouton à cinq pattes ne justifie pas que l'on décrive dans un dictionnaire le mouton comme un mammifère ayant « quatre pattes ou parfois cinq », de même que si une voiture en panne roule moins bien qu'un aspirateur muni de roulettes cela ne justifie pas qu'un aspirateur soit autorisé à circuler sur autoroute), une unité autonome et pré-étatique (c'est à dire que jusqu'à présent l'État ne fait que constater une union, et certes lui conférer certains droits incitatifs, mais n'intervient pas activement pour en garantir la validité, ce qui est pourtant ce à quoi vise ce projet).
{à suivre}
{suite et fin}
Chercher à rationaliser pour soi-même le fait d'avoir été adopté en relativisant l'importance de la filiation biologique est certainement une démarche compréhensible et légitime, visant au bien-être individuel, mais cela ne permet pas de dénigrer de manière absolue cette détermination fondamentale de l'humain dont encore une fois, qu'on le veuille ou non, 100% des humains sont issus, et qui à ce titre mérite de garder une place spécifique, symboliquement, sémantiquement et juridiquement. Abolir cette spécificité au nom des principes dévoyés de liberté et d'égalité et du refus de toute limite, en changeant le sens des mots au prétexte de réconforter une minorité parmi une minorité, a des conséquences profondes qu'il est nécessaire d'envisager très sérieusement, de façon globale, cohérente, systémique ; le plus scandaleux dans cette affaire est le mensonge qui consiste à faire passer ces réformes pour des ajustements inévitables de portée limitée, rompant avec un passé diabolisé dont il faudrait s'affranchir à tout prix au nom d'un progressisme symétriquement idéalisé de façon tout aussi fallacieuse, et n'ayant d'autre conséquence que le bonheur et l'épanouissement des pauvres z'homosexuels z'opprimés (de même que s'agissant des semences transgéniques, évoquées dans l'article, les partisans brandissent les bienfaits pour les populations affamées afin de faire accepter un bouleversement irréversible de grande ampleur, et de même qu'ils utilisent la stratégie du fait accompli en déclarant que « depuis le temps que ça existe si ça avait des inconvénients ça se saurait » ; pour couper court à toute accusation de “dérapage” – sous-entendu, n'est admissible qu'une pensée qui ne sort pas du droit chemin et ne laisse pas de traces où elle passe !... – précisons pour les mal-comprenants qu'il ne s'agit pas ici de dire « homosexuel = OGM », mais de constater une analogie rhétorique et une similitude entre deux formes de manipulation sémantique et biologique basées sur un fallacieux principe d'“équivalence en substance”, et le progressisme érigé en absolutisme). C'est précisément de cette façon que procède l'industrie publicitaire : nier le réel, manipuler le langage, réconforter à coups de slogans, amplifier les frustrations et glorifier les comportements pulsionnels – ce n'est certainement pas un hasard, toute l'idéologie occidentale contemporaine est fondée sur ces principes, et tout noyau dur d'appartenance biologique, sociale, sémantique doit se fondre dans l'indifférenciation de la marchandise. Faire accepter aux populations l'idée d'un “mariage homosexuel” (encore un de ces oxymores dont notre époque est si friande : “guerre propre”, “capitalisme vertueux”, “plan social”...) est une étape décisive de ce processus, car touchant à ce que chacun a de plus intime – ses origines ; c'est cela que ne comprennent pas de nombreux partisans ânonnant bêtement les belles ritournelles de liberté et d'égalité, et c'est contre cela que se battent ceux qui refusent d'adopter ce système de pensée dont nous pouvons constater chaque jour les effets délétères pour l'humain et la planète Terre. S'il est réactionnaire de s'opposer à la marchandisation de l'humain et à la déshumanisation sémantique, sociale et biologique de notre civilisation qui de surcroît à le culot de se prétendre universelle, alors soyons réactionnaires, et assumons-le, sans trembler face à la déferlante de propagande lénifiante dont on nous abreuve quotidiennement ! Sachons refuser d'un même mouvement la haine et la destructuration, nous défier de tous les dogmatismes, y compris celui de la Modernité !
Merci pour ce (long) commentaire qui sait si bien retranscrire, et avec humour, ce que j'essayais vainement de verbaliser depuis quelques semaines !
"Du reste, comment pourrait-on parler de “fierté” pour quelque chose qui serait purement accidentel ?" vous parlez bien de l'homosexualité? selon vous c'est un accident?
Vous me faîtes la morale pendant trois plombes, usant des prétextes philosophiques, pour ça? que l'homosexualité, c'est donc faire une croix sur être parent? Alors je dirais que tous les couples stériles devraient aussi être interdits d'adoption et de pma. la nature n'aurait pas voulu qu'ils le deviennent, non?
Mince. Je commence à en avoir marre de me retrouver face à ce genre de discours... c'est fatiguant. Pour les parents homoparentaux déjà existants, ils recherchent d'abord une protection juridique pour les enfants qui sont déjà là. Vous voulez quoi, leur retirer leurs gosses parce qu'ils sont pédés et donc pas légitimes d'être des parents?
Quant à l'auteur de cet article, qui me répond que certaines personnes adoptées ou résultant de pma souhaitent connaître leurs géniteurs: tant mieux pour elles, mais il ne faut pas pleurer s'ils découvrent une histoire sordide derrière leur création... Je connais les raisons pour lesquelles j'ai été abandonnée, je n'ai aucune raison de leur en vouloir, mais je n'ai aussi aucune raison de vouloir les connaitre, ce sont des étrangers à mes yeux, et parmi mon entourage, tous ceux qui ont été adoptés (y compris en France), ne désirent par savoir d'où ils viennent, soit parce qu'ils sont satisfaits de leur vie actuelle, soit aussi, par peur clairement de se rajouter des emmerdes (culpabilité etc).
Contre le mariage homosexuel sans être contre, parce qu'il pourrait dériver vers xxx.
Contre xxx sans être contre, parce qu'il pourrait dériver vers yyy...
La revendication d'un droit A l'enfant est un problème sérieux qui doit être débattu, mais amalgamer cette question à d'autres ne peut que la rendre plus difficile à discuter.
Bobo écologiste "pratiquant" [ma famille et moi ne nous déplaçons qu'en transport en commun, train, vélo; nous sommes adhérents à une AMAP], je suis parfaitement d'accord avec vous sur l'incohérence absolue des verts sur le sujet du mariage homo. On ne peut pas être contre les big Pharma, les OGM,les engrais et pesticides, le bétonnage des terres arables, et vouloir absolument le mariage homo, c'est à dire l'artificialisation de la naissance.
Pour info car vous me semblez aussi perdu que l'auteur de cet "article", un mariage est une union, pas le fait de procréer. Et ce n'est pas parce que les homo peuvent obtenir le droit de se marier que les cours de sciences vont changer pour autant ; personne n'est dupe et personne n'a l'intention de faire croire qu'un accouplement homosexuel peut donner naissance à un enfant. Quel manque de discernement aberrant...