Chers élus, vous connaissez «Liberté, Egalité, Fraternité»?

Manifestation en faveur des droits des homosexuels à Bogota en novembre 2012. REUTERS/John Vizcaino

Manifestation en faveur des droits des homosexuels à Bogota en novembre 2012. REUTERS/John Vizcaino

Des éléments de réponses aux outrances politiciennes sur le mariage pour tous.

Depuis quelques mois, un débat malheureusement passionné et qui devrait faire davantage appel à la raison, s’est ouvert. Comme tout débat passionné, il provoque des déclarations outrancières, dénuées de raison.

Nous avons entendu des maires qui prétendent ne pas respecter la loi. Nous avons vu la violence que déchaîne la peur de soi-même dans les manifestations contre ce projet de loi. Il ne s’agit même pas d’apaiser le débat, il s’agit de rappeler certaines personnalités politiques à la raison et à leurs responsabilités.

Nous avons assisté il y a environ un mois à une effarante supercherie lorsque des maires –chargés de respecter et de faire respecter la loi– ont prétendu ne pas marier de couples de même sexe à partir du moment où leur conscience l’interdirait. On remarquera que ce sont souvent les mêmes qui défendent une application ferme de la loi et dénonce le «laxisme» de la gauche.

Un maire ne peut placer sa religion au-dessus de la loi dans un pays laïc. La seule clause de conscience pour ces maires, c’est la démission. Nous avons entendu un sénateur, Serge Dassault, s’exprimer au sujet du mariage pour tous, alors qu’il ne semble pas avoir conscience d’un aspect essentiel dans ce débat, mais trop souvent oublié. L’orientation sexuelle ne relève pas d’un choix, mais d’une construction personnelle qui nous échappe.

Cet aspect est essentiel car si nous ne choisissons pas notre orientation sexuelle, l’état doit garantir l’égalité des droits indépendamment de celle-ci. Or Serge Dassault affirme que dans quelques années si ce texte est voté l’intégralité des français seront homosexuels.

On serait donc homosexuel par simple choix? Ce serait –M. Vanneste l’a dit récemment —  une sorte de phénomène de mode. Il faudrait que Marcel Dassault et l’ex-député Vanneste aillent dans certains quartiers, dans certains collèges, rencontrer des gens qui ont été laissés pour morts du fait de leur orientation sexuelle. Ils pourront ainsi mesurer à quel point l’homosexualité est à la mode en France !

Lorsque les jeunes homosexuels se suicident dis fois plus que les autres, aucun politique responsable ne peut s’opposer à une mesure établissant l’égalité entre hétérosexuels et homosexuels. Même si cette égalité n’est que légale, elle est fondamentale pour crée une égalité de fait, ce à quoi le gouvernement s’emploie.

Jean-François Copé n’a eu de cesse ces dernier mois de critiquer la gauche «bien-pensante» et ses propositions, le mariage et l’adoption pour tous notamment. Est-ce de la bien-pensance que d’instituer l’égalité entre des citoyens devant la loi alors que tant de jeunes homosexuels se suicident du fait de l’hostilité de leur entourage à l’homosexualité?

Est-ce de la bien-pensance que de mettre en place un système global de lutte contre l’homophobie à l’école? Car le problème de l’homophobie dans les établissements scolaire et du suicide des jeunes homosexuels est un problème massif. Chaque personnalité politique ayant un minimum de sens du devoir ne peut refuser de combattre de telles violences qui portent atteinte à la dignité de tant d’êtres humains.

Quant à la grande rhétorique des opposants à ce texte sur «le droit de l’enfant et le droit à l’enfant», ne s’agit-il pas des droits de l’enfant que de donner le même statut juridique à tous les enfants de France?

Il est malheureusement nécessaire de rappeler la responsabilité de chaque parlementaire, de chaque élu:

Appliquer la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, cela peut paraitre évident, mais ça ne l’est visiblement pas pour tous. Cette déclaration stipule que la loi «doit être la même pour tous, soit qu’elle protège,  soit qu’elle punisse».

Accorder la même protection, le même statut juridique à tous les enfants et tous les parents de France.

La lutte contre les discriminations, dont l’homophobie, ne devrait pas faire débat. C’est sur ce problème que devrait se porter la conscience de ces élus qui y accordent tant d’importance.

Voici donc ce qui relève de l’élémentaire, qui vise seulement au respect à la dignité de tout humain, et qui ne devrait même pas faire débat. Si tout cela était acquis, un débat «apaisé» et respectueux de chacun pourrait alors commencer. 

Gabriel Hergault

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